C'est une question qui touche toutes les langues je suppose, pas spécifiquement le français (et donc elle est peut-être hors sujet sur ce forum ?). Elle fait beaucoup appel aux ressentis subjectifs, mais j'aimerais avoir quelques pistes de réflexions objectives sur ce sujet.
Chacun connaît les styles parlés provençaux, parisiens, québécois, etc. Et l'on trouve souvent des gens pour dire que c'est très joli etc.
Mais je fais du théâtre, et j'ai remarqué avec étonnement que dans ce contexte il en allait tout autrement : j'habite Saint Étienne où l'accent gaga heurte les oreilles non informées, et j'ai moi même un reste d'accent parisien (ou pire, banlieusard). Les responsables théâtraux affirment d'un ton entendu que tout cela est horrible. L'acteur surpris à de telles pratiques est directement en faute.
On affirme qu'il faut parler au théâtre avec le bel accent, et, seulement par une forme d'exotisme, parler avec un accent local, pour faire rire, en général. Un drame grec en accent provençal est d'emblée ridicule. Et quand à un drame grec dit avec un mélange d'accent provençal, parisien, québecois… vous m'avez compris de ce qu'on dit de ce qu'on pense.
Certes, au théâtre, les acteurs étant pris dans un jeu commun, ils sont tous censés parler avec le même accent. Certes encore, dans le public, il y aura toujours quelqu'un pour se moquer bruyamment d'un accent trop marqué.
Mais est-il possible d'aller plus loin ? Existe-t-il des attitudes, des théories ou expériences qui abordent la question de la beauté de la langue parlée par son accent, même dans un contexte hors artistique ; que ce soit pour le « bel accent » — que je ne rejette pas du tout, et même que j'essaie de pratiquer —, mais de plus qui aborde la question des accents locaux, de leur éventuelle association ?