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Pour quelle raison on est-il utilisé au lieu de nous ? Est-ce parce que c'est plus simple grammaticalement ? Y a-t-il quelque raison pour laquelle on préfère éviter nous ?

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Avant d'entrer dans de plus amples détails : as-tu éventuellement consulté ces questions & réponses : celle-ci, celle-là ? –  Romain VALERI Jun 14 '12 at 22:00
    
@Gilles: je ne comprends vraiment pas pourquoi tu as ajouté le tag verbes. Si tu y tiens vraiment, est-ce que tu peux expliquer ? –  Stéphane Gimenez Jun 14 '12 at 22:32
    
@StéphaneGimenez La question concerne le groupe verbal. Pas le choix du verbe ni sa conjugaison, mais la personne à laquelle il est utilisé. Ne mettre que pronoms ne capture pas cet aspect. verbe n'est peut-être pas idéal, mais là je trouve qu'il manque quelque chose. –  Gilles Jun 14 '12 at 22:37
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@Gilles: Bof, le groupe verbal sera conjugué en conséquence, mais le choix de la personne n'est pas lié au groupe verbal. À la limite pourquoi pas sujet, puisque on est exclusivement utilisé en tant que sujet. –  Stéphane Gimenez Jun 14 '12 at 22:40

5 Answers 5

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D'après Grevisse, Le bon usage, 12ième édition, l'emploi de on comme concurrent sans nuance particulière de nous dans la langue parlée familière semble s'être répandu au cours du XIXe s.

Il n'en donne pas l'origine, mais comme l'emploi au lieu de je, tu, nous, vous, il(s), elle(s) avec une nuance stylistique (discrétion, modestie, ironie, mépris, etc.) est bien antérieur et présent dans la langue la plus soignée (Grevisse note que cet emploi au XVIIe s. appartenait au style noble), l'hypothèse d'une perte de la nuance est vraisemblable.

(Et j'ai appris que on avait pour origine le latin homo et que l'usage de l'on n'est pas euphonique mais est un reste de cette origine.)

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C'est intéressant ça et il me semble une explication crédible. –  Paolo Jun 23 '12 at 18:38
    
I'm going with this one, since the other one is too long for my taste. It carefully describes things as the are/were but doesn't take much into account semantics and usage (that are the things language is really about I think) and doesn't really talk about why the assimilation between "on" and "nous" happens. –  Paolo Jun 25 '12 at 13:51

Je perçois une différence :

  • nous avons vaincu : le Je (qui parle) est une partie de nous : j'ai participé à cette victoire de notre équipe.
  • on a gagné : le je (qui hurle avec les autres) est anonyme dans on, je ne suis pas responsable, mais je fais partie de ceux qui sont liés aux gagnants. De plus, il est plus facile de dire on a gagné, que nous avons gagné.

Dans un usage familier, on vient facilement dans une discussion, et peut recouvrir les deux notions. Dans un usage professionnel, le on est à proscrire, surtout s'il s'agit d'évoquer les hauts faits de l'entreprise dont on fait partie : même si l'on y est anonyme, on a le devoir de dire nous lorsque l'on communique sur le groupe de façon officielle.

Edit suite au commentaire
Il est vrai que cette distinction date un peu, disons avant que Georges Marchais (tribun et dirigeant du Parti Communiste, 1920-1997) impose à la télévision le c'est eux qui ... dans les oreilles habituées aux ce sont eux qui ...
Mais j'aurais du mal à écrire on dans un document officiel ou publiable ; à moins que cela soit intentionnel, ou imposé par le sujet évoqué.

Sur l'utilisation actuelle du on, il s'agit d'une dérive usuelle de l'oralité populaire sur l'académisme écrit qui réserve l'élégance de la formulation du nous aux amoureux de la langue française.
Cette évolution peut être accentuée par les nouvelles techniques d'écritures.

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Cet exemple ne me convainc pas. J'utiliserais on a gagné dans les deux cas (sauf s'il peut y avoir une ambiguïté, et alors dans les deux cas j'utiliserais nous). –  Stéphane Gimenez Jun 17 '12 at 13:37
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Ton ajout contredit Grevisse. –  Gilles Jun 18 '12 at 7:41
    
@Gilles j'ai une interrogation à propos de ta remarque : certes le on daterait du XIX° et serait plus populaire, mais la recherche antérieure d'un style parlé du nous semble avoir perduré. Mon énarque de chef n'oserait jamais un on en Assemblée Générale. –  cl-r Jun 20 '12 at 15:33

"On" est beaucoup plus utilisé dans le langage parlé. Lorsqu'il est utilisé à l'écrit, c'est en tant que pronom impersonnel. C'est pour détacher le rédacteur du texte (distance). En anglais, l'équivalent serait l'usage de "one":

One can use many different tools

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On peut très bien employer on en tant que pronom personnel à l'écrit, pour peu qu'on ait une bonne raison. Je reprends la liste donnée par Grevisse : discrétion, modestie, ironie, mépris. –  Stéphane Gimenez Jun 24 '12 at 20:18

Le Dictionnaire historique de la langue française (sld Alain Rey), 1992, nous en apprend un peu plus :

ON pron. pers. indéf., d'abord om (842) puis hom, hum (1050) et enfin on (XIIIe s.) est issu du nominatif latin homo (dont l'accusatif hominem a donné homme) en position atone. À basse époque, homo est relevé dans quelques exemples comme sujet indéterminé, emploi aboutissant à sa fonction de pronom indéfini. Puisque tous les autres parlers romans, y compris l'italien et l'espagnol, connaissent aussi des représentants de homo comme pronom indéfini, il est peu probable que ce phénomène, également observé en allemand où man « on » s'est détaché de Mann, anciennement man « homme », soit influencé par le francique. Cependant c'est peut-être grâce aux Francs que l'usage de on est devenu plus général et plus fréquent en français que celui des formes correspondantes dans les autres langue romanes. Les parlers occitans font par exemple une distinction inconnue du français : ils disent on quand la personne qui parle est comprise dans le nombre des personnes auxquelles on pense ; sinon, ils se servent de la troisième personne du pluriel.
L'usage de on, pronom personnel, est fixé pour l'essentiel avant le XIIIe siècle. [...]

Et c'est à compléter par Le Dictionnaire culturel en langue française (toujours sld Alain Rey), 2005, qui dit que :

en ancien français on pouvait s'employer avec l'article défini : l'on désignait primitivement « l'homme en général, les hommes ». Cette forme fut courante jusque vers la fin du XVIIème s.

Et de retour au Bon Usage de Grevisse (10ème édition, 1975) qui note « l'emploi de on pour nous, tout à fait courant dans la langue de la conversation, et qui s'introduit même parfois dans la langue littéraire » et il cite Marcel Cohen Toujours des regards sur la langue française (1970) : « il est devenu si fréquent dans le français familier que certains commencent à se demander si on ne doit pas remplacer nous dans les tableaux de conjugaison de ce registre »
Un peu plus loin Grevisse signale que dans la langue écrite, « l'on est un substitut « élégant de on ; il n'est pas d'usage dans la langue parlée, sauf parfois chez les personnes qui surveillent leur langage et parlent comme elles écrivent. »

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+1 pour l’étymologie. –  Paolo Jun 25 '12 at 13:52

J'utilise "on" dans les conversations informelles, mais je prefere "nous" pour les conversations formelles. Mais bien sur "on" est plus facile que "nous" en parlant.

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