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Je ne demande pas ici un éclaicissement du sens de la locution. Je la rencontre, comme tout lecteur d'articles anglophones sur le web, assez souvent, exprimant une interrogation mélée selon le contexte d'un mélange de colère, de surprise, voire de consternation.

Cependant, je me retrouve périodiquement ennuyé lorsqu'il m'arrive de traduire certains textes pour des interlocuteurs francophones, et linguee (contracté ou étendu) ne me donne que de piètres propositions, trahissant souvent le sens originel en terme de degré de violence verbale ou de registre de langage.

Comment la traduire en français ? (écrit ou oral)

Quelques exemples en situation et les propositions de traduction que j'envisagerais par défaut :

“What the fuck is going on here?” (Putain mais qu'est-ce qui se passe ici ?)

“What the fuck, dude?” (Hé mec, c'est quoi ce merdier ?)

Dans ces deux exemples de traduction j'ai du *tricher* en ajoutant ce qu'il fallait pour rendre le ton initial en anglais, mais au détriment du sens, et en ajoutant sans doute des connotations inopinées. Est-ce acceptable malgré tout ?


En lien avec ma première question, un autre point : je fréquente les forums d'un site anglophone très connu dont l'URL comporte l'acronyme WTF, sur lequel un concept est apparu, consistant en une substantivation de cette locution, se définissant approximativement comme ceci :

“a WTF” : un code informatique dont la piètre construction ou un quelconque aspect repoussant provoque, chez le développeur sain, la prononciation presque instinctive et pavlovienne dudit acronyme.

On comprendra aisément que ni la répétition de cette litanie ni l'utilisation dans des phrases françaises d'un approximatif « ouatte zeu feuque » ne soient satisfaisants. (Je ne vous parle même pas de l'adjectif WTF-y ou de l'autre substantif WTF-ery, signifiant une situation présentant une forte tendance à produire des WTF)

…ou faut-il me résoudre à *ne pas* traduire ?

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Ne pas traduire me semble être une mauvaise idée. WTF est compréhensible seulement par les habitués de l'internet anglophone informel. Un francophone lisant un roman traduit ne comprendrait pas. –  mouviciel Jul 25 '12 at 7:54
    
@mouviciel Oui, d'où ma question. Je me suis dit qu'il y avait peut-être en français une interjection ou une locution qui évoque le même sentiment, même si on s'éloigne de la traduction littérale. –  Romain VALERI Jul 25 '12 at 9:14
    
I am a translator. I have lived in Australia for 13 years. My mother tongue is Spanish. I believe that the word 'fuck' is just the new 'shit' in terms of swearing. It has lost its sexual connotation in the coloquial language (but still has it when the context allows it). It is still a rude word, but it has also become more and more acceptable, even among professionals, children, and university students. I have lost touch with my French. I haven't used in many years, so I don't know the current equivalent of "fuck" or "WTF" in French. However, I can say that despite I am not totally used to it, –  user1339 Jul 26 '12 at 11:05

11 Answers 11

C'est quoi ce bordel ?

Qu'est-ce que tu fous, mec ?

sont les deux expressions qui me viennent à l'esprit pour rapporter une « discussion » un peu vive.

Ne pas le traduire ? remplacer bordel par bazar et fous par fais ? Mais, c'est un peu faux-cul (remplacer par langue de bois).

EDIT

Quel merdier !

concis, peut être utilisé à l'écrit à tous les niveaux de l'échelle sociale, et sur différentes intonations. C'est de la « langue verte », cela peut paraître grossier mais il n'y a pas de connotation vulgaire, au contraire de t'es en train de foutre ta merde.

Tout est une question de circonstances et de doigté, et pour les synonymes littéraires

tu parles d’un bobinard mon vieil Edmond quel bordel madame Adèle quel boxon monsieur Léon

(La crosse en l'air de Prévert)

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Ces propositions alternatives ne sont pas inenvisageables, mais je reste sur ma faim. –  Romain VALERI Jul 24 '12 at 11:31
    
@RomainVALERI - quelques idées en plus pour une traduction littéraire, reste à connaître le contexte orignal. –  cl-r Jul 29 '12 at 15:27
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+1 Je trouve merdier excellent pour la seconde partie de ma question (a WTF == un merdier) –  Romain VALERI Jul 29 '12 at 16:50
    
Avoir désaccepté ta réponse pour accepter la mienne (la deuxième) n'était pas très élégant, je le concède. Mais l'usage idiomatique que je recherchais précisément n'est pas ici malgré la bonne analyse. Excellente réponse au demeurant. –  Romain VALERI Jun 4 '13 at 19:55

Je souhaiterais fournir ici une perspective québécoise au problème que pose la traduction de cette locution d'ordre familière et somme toute grossière. On remarque que des suggestions mentionnées jusqu'à maintenant se dégagent deux problématiques.

La première concerne le registre : Il peut être de bon aloi de vouloir tempérer le propos en traduisant et d'exercer une prudence afin de ne pas amplifier un langage déjà crû, ce qui serait en quelque sorte travestir le message (voir par exemple l'article du 19 juin 2012 dans The Economist, Swearing : Very much lost in translation). La deuxième problématique concerne le bassin culturel duquel tire ses racines le langage cru ou populaire : évocateur pour certains, inconnu pour d'autres.

Pour poursuivre sur cette perspective, le mot fuck est employé de manière assez généralisée au Québec, comme en témoigne l'inclusion de ce mot et de quelques-uns de ses dérivés québécisés : fucker, verbe; fucké, nom et adjectif; etc. (Antidote HD, Druide informatique)

Toutefois, cette expression est non seulement d'un registre familier ou très familier, mais elle reste bien plus utilisée à l'oral qu'à l'écrit, comme en témoigne leur très faible occurrence dans les médias écrits québécois (0 occurrences sur Le Devoir, 107 sur le Journal de Québec). De plus, de nombreuses alternatives existent et demeurent préférées et préférables.

Pour entrer dans le vif du sujet et faire quelques propositions, on peut se tourner vers une thèse aillant aborder indirectement la question en se basant sur le film québéco-ontarien Bon cop, Bad cop (2006). Ce film met en scène deux enquêteurs, un Ontarien et un Québécois, et selon la version visionnée (anglaise ou française), une langue est sous-titrée.

  • Dialogue : Qu’essé qu’y câlice ici, la tête carrée?
  • Sous-titre : What the fuck is squarehead doing here?
  • Dialogue : Qu’essé qu’tu câlices icitte?
  • Sous-titre : What the fuck you doing here?
  • Dialogue: Câlice d’hostie de sacrament de ciboire de criss d’hostie de viarge de tabarnak!
  • Sous-titre proposé (sic) : You goddamn fuckin’ incompetent bastards. What the fuck were you assholes doing?

(Tiré respectivement des pages 53, 72 et 79 ; Hadley, J-A, Translating the Québécois Sociolect for Cinema – The Creation of a Supertext in Bon Cop Bad Cop, thèse non-publiée, 2011)

À noter : « Qu'essé » est une typographie phonologique de « Qu'est-ce que ». On peut aussi remarquer la différence entre les jurons québécois et ceux proposés ci-haut. Ces exemples sont rapportés d'un dialogue oral.

J'irai maintenant de suggestions personnelles pour conclure. À l'écrit, « What the fuck » se traduirait très bien pour un public cible québécois par « Qu'essé! ». Selon le degré d'intensité, on peut l'agrémenter de jurons bien du terroir et fortement inspirés du clergé; par exemple : câlisse, tabarnac, osti (sic). Ainsi, pour « What the fuck is going on? », on pourra utiliser : « Qu'essé qu'y a? ». C'est ainsi que la graphie jouera le rôle important, et répondra aux deux problématiques initiales; elle indiquera un degré de familiarité et ciblera un répertoire culturel.

Bon, après tout cela, j'aurai besoin de me confesser!

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+1 pour contrer le régionalisme français qui est présent sur French.SE. –  Alexandre P. Levasseur yesterday
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Seconde réponse (Eurêka!)
(j'ai préféré faire une seconde réponse car elle va dans un tout autre sens que la première piste que j'avais exprimée.)


La relecture des réponses proposées m'a rappelé qu'il y a une formulation bien spécifique, non pas exactement avec le simple putain [...]?! mais plus exactement avec putain mais [...]?!. Quelques exemples à l'appui, qui sonnent, je crois, bien plus juste que leurs équivalents sans le mais :

Putain mais qu'est-ce que tu fais/fous?!

Putain mais où vous étiez?! (variante : ...vous étiez où?!)

Putain mais pour qui elle se prend, celle-là?!

Putain mais qu'est-ce qui s'est passé?!

Ca couvre tous les cas où what the fuck introduit une question complète (what the fuck is going on here?!) et pour le cas de la simple exclamation what the fuck?!, on dit peut-être plus rarement Putain mais?! que Mais putain?!, cela dit, il me semble que c'est très employé et tout-à-fait équivalent à l'expression en question.

J'avoue être content d'avoir mis le doigt sur cette idée, car je pense que le mais est très important dans cet usage idiomatique car il n'a strictement pas le rôle habituel de marquer une opposition. Et du coup le terme putain n'a plus ici sa valeur d'insulte et n'est clairement adressé à aucun interlocuteur.


En revanche, pour être honnête, cela ne répond à aucune des deux questions secondaires. Pas d'acronyme lié à cet usage, et difficile à substantiver.

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"putain", "putain con" est très méridional, il remplace alors le 'mais' –  cl-r Feb 5 at 7:44

J'aurais simplement opté pour l'universel « putain » qui correspond bien à l'universalité de « fuck ».

What the fuck! → Putain !

What the fuck is going on? → Qu'est-ce qui se passe, putain !?

What the fuck are you doing here? → Putain ! Qu'est-ce que tu fous là, toi ?

Maintenant rien n'empêche de varier les plaisirs, avec en y mettant merde, bordel, mon dieu ! ou autre.

Plus sérieusement, le plus simple est de ne pas le traduire mais de le retranscrire sous la forme d'une exclamation familière adaptée au contexte et qui transmette l'étonnement avec un pointe d'étonnement.

What the fuck? → Qu'est-ce que c'est que cette merde ?

What the fuck is going on? → Je comprends que dalle !

What the fuck are you doing here? → Qu'est-ce que tu fous là, toi ?

Complément

« What the fuck » dérive très certainement d'un jurons plus classique du type « What the hell », on pourrait donc le traduire « que diable », mais ces jurons à connotation religieuse sont tombés en désuétude en France, et n'ont pas donné lieu à des dérivés équivalents à ceux qu'on trouve en anglais.

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Je suis d'accord avec l'idée mais... c'est normal parce que c'est à peu de choses près l'idée de départ formulée dans la question. Merci en tout cas pour ta contribution. –  Romain VALERI Aug 10 '12 at 9:22
    
what the fuck is going on implique un "in here" qui devrait donc se traduire par un qu'est ce que c'est que c'bordel?! –  Knu Dec 23 '13 at 21:06

Pour la vulgarité et l'agrément, j'utiliserais putain de, qui semble tout aussi passe-partout, (cf. cette réponse), et qui traduit bien d'autres occurrences courantes de la même insanité.

Comme nom, bordel semble tout indiqué. En particulier, ça me semble assez adapté à la deuxième partie de la question, et j'ai déjà entendu parler de « code-bordel ». Je trouve merdier pas assez courant pour s'être détaché de son odorante origine, au contraire de bordel, putain et fuck.

Ce qui me semble le plus important, c'est de traduire combien l'emploi fréquent fait perdre du sens initial des mots.

Et puisque ça n'a pas encore été suggéré, je mentionnerai Gni ?, ou sa variante Gné?, s'il s'agit de traduire WTF? en tant qu'incompréhension à part entière, qui n'agrémente rien, mais se suffit à elle-même. On se rapproche de Hein ?, pour l'interrogation.

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@Kareen: Ah, oui, pardon. Ce ne sont pas des acronymes, plutôt des onomatopées. –  Nikana Reklawyks Oct 13 '12 at 13:30
    
Ah, je vois! Donc vous proposez une onomatopée pour traduire un acronyme... intéressant :) –  Kareen Oct 13 '12 at 13:33
    
+1 pour la réponse dans sa globalité, mais notamment aussi pour la remarque à propos de la fréquence d'emploi. –  Romain VALERI Oct 15 '12 at 7:14

On peut le traduire de manière non-vulgaire:

WTF → C'est [trop] n'imp' !!

WTF-y → n'importe-quoi-esque

Sinon, je le traduirais comme ceci:

C'est quoi, ça !?

C'est quoi, c'te truc !?

C'est quoi, c'te merde !?

C'est quoi, ce foutoir !?

C'est quoi, c'te putain de bordel !?

Et ainsi de suite, en rajoutant un éventuel putain ou bordel au début ou à la fin.

Il y a bien d'autres variantes…

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n'imp' a (parfois) déjà un rôle d'adjectif, donc pourrait éventuellement correspondre tel quel pour WTF-y dans certains contextes, oui. Mais en substantif ... ? Du n'imp' ce n'est pas dénombrable (en dehors de toute autre considération esthétique). –  Romain VALERI Jul 24 '12 at 11:24

Trois traductions possibles pour what the fuck :

  • N'importe quoi !
  • On s'en fout (abrégé OSEF)
  • C'est quoi ce bordel ?
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OK pour la troisième proposition, mais les deux premières me semblent plus proches de whatever, non ? –  Romain VALERI Jul 25 '12 at 9:11
    
Whatever signifie plus "quelque soit", me semble-t-il. Pour les 2 premières, je les ai déjà rencontrées. C'est pour ça que je les ai mises. –  air-dex Jul 25 '12 at 12:11

Je traduirais par « C'est quoi ce merdier putain de bordel (ta mère) ? ».

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J'aime bien mais je trouve "Bordel de merde" plus concis. –  hoang May 9 '13 at 21:44
    
génial... la prochaine fois que je verrai l'acronyme CQCMPDB(TM) dans un forum je saurai de quoi il s'agit... –  mike rodent yesterday

Au Québec, en tout cas, dans ma région, cela pourrait être;

  • « Cé quoi ton problème »,
  • « Cé quoi l'fuck? »,
  • « Quessé tu veux? »,
  • « Quessé qui s'pass? ».

C'est difficile car cela dépend beaucoup du context, mais dans le context suivant, par exemple, quelqu'un qui n'apprécie pas de se faire regarder et vous lance un « What the fuck men? », au Québec, ce pourrait être tranduit par « C'est quoi ton problème? » ou « C'est quoi, tu cherches le fuck? ».

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Étrangement, au Québec, c'est exactement dans ce genre de situation/contexte que l'on commence à détruire la langue française avec des mots qui n'existent pas. :P –  Simon Dugré May 22 '13 at 20:35
1  
Elle est très phonétique, ta réponse... Et je dois dire que les Trifluviens ont de drôles d'expressions. :p –  Kareen May 22 '13 at 21:43
    
@SimonDugré Les mots qui n'existent pas, ça n'existe pas! Merci de ta réponse. –  Romain VALERI May 23 '13 at 7:23

En recherchant à me rapprocher de quelque chose de plus littéral, j'ai repensé à l'expression que diable qui pourrait peut-être correspondre à what the hell, variante moins grossière de what the fuck, et qui a la même forme de construction avec différents adjectifs interrogatifs :

  • Que diable lui avez-vous dit ?
  • Comment diable êtes-vous entré ici ?
  • Pourquoi diable n'avez-vous pas appelé à l'aide ?

Bien sûr, le registre de langage ne correspond pas du tout pour traduire "what the fuck", mais je fais simplement le constat qu'il manque en français l'équivalent dans le registre familier.

what the hell >>> que diable

what the fuck >>> ?

(On peut également noter la variante que diantre, encore plus littéraire et inemployée oralement.)

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Ou leur proche cousin fichtre. –  Evpok Jul 27 '12 at 13:26
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Dans ce genre de registre, je pense qu'il est possible de supprimer diable et de précéder la phrase par putain. –  Morwenn Jul 27 '12 at 13:26
    
@Morwenn +1 Oui, et même si la forme diffère un peu, c'est souvent une bonne solution. –  Romain VALERI Jul 27 '12 at 13:56
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Pure exclamation d'une haute personnalité (un tantinet coincée) : Bigre! - Second degré garanti, verdeur du langage fanée. –  cl-r Jul 27 '12 at 14:27

Dans la mesure où l'expression est de plus en plus "lexicalisée", des traductions moins vulgaires que les "putain", "bordel", etc. s'imposent dans la plupart des cas — ce ne sera pas trahir le registre de langage.

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Oui, en effet, mais lesquelles (traductions moins vulgaires) ? Des exemples sont les bienvenus :-) –  Romain VALERI yesterday

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