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Par définition, un mot en bon français est dans le dictionnaire, je crois. Mais existe-t-il des mots vraiment français qui n'y sont pas ?

Soit le mot intranquille.

Connaissez-vous ce mot ? Il n'est ni dans le TLFI, ni sur le Wiktionnaire, ni dans... mon correcteur orthographique. Mais moi, je le connais. (Impossible de vous dire d'où il me vient.)

Et une recherche dans Gallica me renvoie 27 résultats, ce qui est certes peu, mais ils sont tous dans des bouquins qui ont l'air très corrects. Et ce n'est même pas un mot nouveau, puisqu'on le trouve déjà au 19ème siècle (enfin... Gallica le trouve...).

Et je n'ai pas l'impression que ce soit du jargon. Sa signification est facile à comprendre, puisqu'il est formé avec in et tranquille, sur la même idée que incontrôlable, invraisemblable, etc. — des mots qui sont dans les dictionnaires.

Mais si je dis impaisible... j'ai l'impression que ce n'est pas français. Ça sonne mal. Mais Gallica renvoie 4 résultats tout de même.

Alors comment faire ? L'idée de mots français corrects mais employés trop rarement pour qu'ils soient dans les dictionnaires est-elle juste ? À quoi se fier si oui ?


Les réponses m'ont permis d'y voir plus clair, merci.

Ce qui me plaît dans les réponses

  • La simple réponse oui : il existe des mots français corrects qui ne sont pas dans le dictionnaire. (c'est peut être étrange, mais je n'en étais pas sûr)

  • L'idée de générer des mots dans une langue.

  • Les catégories de mots hors dictionnaire : les néologismes (mots nouveaux), les mots techniques, les mots anciens, les régionalismes.

Et moins

  • Finalement le problème des mots d'usage faible sur une longue période (tel intranquille, qui n'est ni un mot technique, ni un néologisme, mais reste tout de même employé) n'a pas été décrit. Comme ces termes sont rarement employés, mais employés quand même, cela serait une raison de plus de les mettre dans le dictionnaire, de mon opinion. Peut être faudrait-il que je pose une question spécifique là dessus, maintenant que je suis sûr qu'il existe des mots qui ne sont pas dans le dictionnaire :-)

  • L'usage qui expliquerait... l'usage dit comment une langue se parle, mais n'est jamais une explication du pourquoi, de mon opinion.

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Qu'est-ce que tu veux dire par "correct"? Autorisé par Dieu? –  Neil Coffey Dec 2 '12 at 22:37
    
Tout d'abord, il faut reconnaître qu'il n'existe pas "LE" dictionnaire. Il existe des centaines voire des milliers de dictionnaires, tous rédigés par des rédacteurs humains conformément à ses critères de sélection particuliers. –  Neil Coffey Dec 2 '12 at 22:44
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@Neil Coffey : Oui, correct = autorisé par Dieu. –  Istao Dec 3 '12 at 6:46
    
@Neil Coffey (deuxième) : oui, je sais... d'où ma question, c'est ce que je voudrais comprendre : si je prends le mot tavapoukaclupi... comment vais-je faire pour savoir si c'est du français autorisé par Dieu ? –  Istao Dec 3 '12 at 6:54
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@Istao J'aime assez tavapoukaclupi. Notamment pour désigner des entismades malomprées. –  Romain VALERI Dec 4 '12 at 7:45
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5 Answers 5

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  • De la productivité :

    , la question se pose déjà, et c'est permis, même sans être dans le dictionnaire. Je ne saurais expliquer mieux que Gilles le phénomène.

    Je me demande aussi déjà comment on fait quand on ne sait pas comment dériver. Les réponses ne fusent pas, mais penchent pour la liberté du compositeur.

  • Des mots pas dans le dico :

    En complément de la réponse de Gilles, tout bon néologisme correspond exactement à ce que tu décris : pas (encore ?) un mot du dictionnaire, très peu employé, mais pas forcément par les moindres, pas du bon français pour certains¹, et connus d'un pouillème de la population. D'après ℝaphink :

    Ces nouveaux mots n'entrent dans le dictionnaire qu'une fois qu'ils sont déjà utilisés par une bonne partie de la population[.]

    Un autre cas pas mentionné jusqu'à présent est celui des régionalismes : , on se plaint que trop peu d'outils les connaissent encore, et agender viendrait tout juste de rentrer dans le Petit Robert. Entre ceux qui y sont depuis longtemps, et ceux qui n'y seront jamais, toute la gamme existe.

  • À qui se fier ?

    Ce sont les locuteurs qui font la langue. Dès lors que tu penses maîtriser ceux qui sont dans le dictionnaire, tu peux te fier à ton propre avis pour savoir ceux qui sont acceptables sans y être (ils y seront peut-être un jour, si suffisament de gens pensent comme toi).

    Revenant à la production, ailleurs, on s'amuse avec le préfixe dé-, mais on a l'air de conclure que rien n'existe vraiment. Récemment, j'ai proposé quoi-faire et ça n'a pas plu. Pourtant, certains se comprennent très bien. Il faut essayer², et voir ce qui prend.


¹ esprits bornés pour qui ils « sonnent mal »
² On peut trouver de l'aide quant aux genre et groupe, déjà.

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Qui a parlé de néologisme ? Il me semble que la question porte plutôt sur les mots anciens. –  Stéphane Gimenez Dec 2 '12 at 15:29
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Eh bien… je parle de néologismes, pour dire qu'ils correspondent à ce dont il parle. Il me semble que la plupart des archaïsmes sont encore dans le dictionnaire, eux. –  Nikana Reklawyks Dec 2 '12 at 15:36
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Eh bien, d'après moi, certains néologismes font partie du bon français avant d'entrer dans le dictionnaire. C'est mon avis et je le partage, aux autres de juger de sa valeur. ❚ Par contre, ça me semble bien répondre à Existe-t-il des mots trop rares pour être dans le dictionnaire ? –  Nikana Reklawyks Dec 2 '12 at 16:51
    
Sans jugement de valeur sur la réponse de Nikana Reklawyks (que je n'ai effectivement pas très bien comprite) (mais que je remercie quand même), je précise que, effectivement, ma question porte sur le français dans son ensemble. Ce qui n'empêche nullement de traiter du cas des néologismes, bien sûr. Nikana Reklawyks et Stéphane Gimenez ont donc tous les deux raison. Merci. –  Istao Dec 2 '12 at 17:12
    
@StéphaneGimenez : Ça devrait être plus orienté dans le sens de la question, maintenant. Je te laisse déterminer la proportion de critiques qui tiennent toujours. –  Nikana Reklawyks Dec 3 '12 at 10:39
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Il y a le cas des mots scientifiques ou techniques qui ne sont utilisés que par un groupe de francophones suffisamment restreint pour être les seuls à en avoir besoin.

Je pense particulièrement aux termes barbares comme Hydroclorohidratocloratyle et toutes sortes de termes relevant de disciplines très poussées qui ont leur place dans une encyclopédie plus que dans un dictionnaire.

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Pardon d'avance, mais ceci n'est pas une vraie réponse. C'est (me semble-t-il) la réponse de Léo Ferré à ta question...

Extrait de la chanson Préface :

La poésie contemporaine ne chante plus, elle rampe
Elle a cependant le privilège de la distinction
Elle ne fréquente pas les mots mal famés, elle les ignore
On ne prend les mots qu'avec des gants
À menstruel, on préfère périodique
Et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires et du codex

Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baise-main
Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baise-main qui fait la tendresse
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot

Aucun dictionnaire ne contient tout le langage. Ce n'est qu'un outil ciblé et daté.

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Oui. Je pense par exemple aux mots qui tombent dans l'oubli. Ces mots sortent du dictionnaire car ils ne sont (presque) plus employés par personne.

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J'appelle ça des archaïsmes, et tu as raison, certains doivent tomber suffisament en désuétude pour sortir du dictionnaire. La question se pose peut-être encore plus de savoir s'ils restent du « bon français », une fois que des linguistes l'en ont intentionellement exclus, quand même (que par rapport à ce que je mentionne, simplement pas très répandu). +1 parce que je les aime quand même. –  Nikana Reklawyks Dec 4 '12 at 21:40
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Bernard Pivot à consacré un livre à ce phénomène: http://www.albin-michel.fr/100-Mots-a-sauver-EAN=9782226143846. Les dictionnaires grand public grossissent peut voir pas du tout (contraintes diverses: coté pratique, maintient des coûts de production...) alors que de nouveaux mots y sont ajoutés, donc il faut bien que des mots soient supprimés... –  user359650 Dec 5 '12 at 17:36
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En fait, le mot est dans le TLF. Mais il y est en deux parties : l'adjectif tranquille, et le préfixe in-. Le préfixe in- est productif (B.1), ce qui signifie que l'on peut librement l'ajouter à des mots auquel il convient syntaxiquement (des adjectifs, aussi des noms et des adverbes). Le sens se déduit mécaniquement des deux parties qui composent le mot. L'article in- contient une section « formation et vitalité », qui explique dans quelles circonstances le préfixe peut être utilisé : le préfixe in- est « l'un des plus productifs au XXe siècle ».

De manière générale, aucun dictionnaire ne peut être complet. La notion de mot n'est pas binaire : il n'y a pas que des mots qui sont clairement des mots français et des mots qui ne sont clairement pas des mots français. Il y a aussi de nombreux mots qui sont à la limite, notamment du jargon technique (par exemple, des composés chimiques) et des compositions productives (en français, ce sont des préfixes et des suffixes). Ces mots limites ont un sens transparent (au moins pour le public auxquels ils sont destinés, dans le cas de jargon technique). On peut dire qu'ils existent potentiellement depuis toujours, mais empiriquement seulement à partir de la première utilisation observée. Les dictionnaires reprennent plus ou moins de ces mots ; dans la mesure où leur sens est transparent, et leur étymologie et prononciation se retrouve sous une autre entrée, s'il n'y a pas de remarque d'usage à faire, une entrée de dictionnaire n'est pas utile.

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Ouaip, j'ai tout de suite pensé à 2-méthylbutan-3-ol en lisant la question. –  Evpok Dec 3 '12 at 0:03
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Je trouve très bonne cette idée de productif. (elle est presque évidente, mais merci de l'avoir dite). Existe-t-il une liste de ces termes productifs ? Le vocabulaire technique n'est pas une excuse : on y trouve une quantité industrielle de termes complètement abscons ; justement, la question que je pose est quasi vitale ici ; que ce soit en pharmacie, en alimentaire, en informatique, les termes sans aucune valeur sémantique fleurissent ; l'usage de l'anglais y est presque un moindre mal. Donc, justement, il me parait très important de soumettre ces mots hors dictionnaire à l'examen critique. –  Istao Dec 3 '12 at 7:06
    
@Istao Un bon ouvrage sur la langue devrait avoir une liste. Je n'en ai pas trouvé sur Wikipédia. Il est impossible d'avoir une liste exhaustive puisque la productivité, comme le caractère d'être « un mot français », porte une part d'appréciation. Pour ce qui est des domaines techniques, il est normal que des nouveaux mots apparaissent lorsque des nouveaux concepts apparaissent. Ces mots nouveaux ont une valeur sémantique, justement ! (Je ne compte pas la publicité là-dedans.) L'examen critique ne peut venir que lorsque ces mots sortent d'une sphère très restreinte d'innnovateurs. –  Gilles Dec 3 '12 at 18:46
    
@Gilles. Voici la composition d'un produit de parapharmacie, le Mustela : aqua, PEG-40, glyceril cocoate, disodium cocoamphodiacetate, sodium coceth sulfate, PEG-7 glyceryl cocoate, PEG-150 distearate, etc. Y a-t-il une micro chance que cette composition ait la moindre valeur sémantique, concrète et réelle ? –  Istao Dec 4 '12 at 7:46
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@Istao Bien sûr ! La sémantique est donnée par la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques. Non seulement la sémantique existe, mais elle est bien plus précise que celle de la langue habituelle. Ne confondrais-tu pas sémantique (sens) avec style (forme) ? Les termes techniques ont en général une sémantique bien définie, et un linguiste n'a pas son mot à dire dessus (sauf s'il s'agit d'un terme technique de linguistique bien sûr). –  Gilles Dec 4 '12 at 8:43
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