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Un sondage dans le dictionnaire m'a laissé dans une confusion complète.

"chimie" devrait se prononcer "kimie" d'après l'étymologie χημεία ; de plus j'entends en général "kimiothérapie", et le dictionnaire de l'Académie 1784 prescrit de prononcer "alkimie" pour alchimie.

"chien' vient de canis, qui se prononçait vraisemblablement "kanis".

Dans un mot plus rare comme "chyle", on peut encore reconnaître χυλός (qui maintenant signifie par analogie porridge), mais quand l'origine est inconnue, comme "chute", comment deviner ?

Ainsi que pour "chasse", de "captia", qui est du bas-latin (le latin classique "captio" a un sens très différent, qui a donné "captieux"), comment deviner, ou plutôt déduire ?

Le son "k" est-il devenu "ch" en (très) vieux français, mais réintroduit dans certains mots savants à la Renaissance ?

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Les règles de prononciation sont excessivement complexes, avec seulement des traits de régularité. Je reporte à ce propos la section relativement complète concernant la prononciation de ch qu'on trouve à « C » dans le TLF.

C.− Ch

  1. À l'initiale
    a) Se prononce [ʃ] dans les mots français : chat, chercher, chimère, chute. b) Se prononce [k] dans les mots d'origine grecque : chiromancie, etc.

  2. À l'intérieur du mot
    a) Se prononce [ʃ] quand il est placé entre voyelles. Dans la majorité des mots français : achalander, échec, échine. Dans les mots savants terminés par -machie comme : logomachie, tauromachie. Sauf dans des exceptions du type de lysimachie qui se prononce avec [k]; quand il est précédé d'une voyelle et suivi d'une consonne dans les interjections familières : fichtre!, fouchtra!; quand il est précédé d'une consonne et suivi d'une voyelle dans les groupes suivants : kch [kʃ] : bakchich; lch [lʃ] : colchicacées, colchique, etc.; nch [~ʃ] avec nasalisation de la voyelle précédente : bronche, bronchiole, bronchite, etc. Dans des exceptions du type : bronchial, enchymose, inchoatif, ch se prononce [~k] avec nasalisation de la voyelle précédente; rch [ʀ ʃ] : archard, archée, archevêque, archi-. Dans des exceptions du type : archaïque, archange, archétype, archiépiscopal, orchestre, ch se prononce [k]; quand il est placé entre consonnes dans les groupes suivants : schk [ʃk] : puschkinie; schn [ʃn] : mischnique; quand il est précédé de 2 consonnes et suivi d'1 voyelle dans le groupe ndch [~ʃ] : mandchou (la voyelle précédant n étant nasalisée). On peut entendre plus rarement [~tʃ]; quand il est précédé de schs : eschscholzie. b) Ch intérieur se prononce [k] quand il est placé entre voyelles dans des mots savants français : achaine, achéen, achillée, écho. Dans certains mots savants ch peut aussi se prononcer [ʃ]. P. ex. dans : machiavélisme, monachisme, trichine; il se prononce [k] quand il est précédé d'une voyelle et suivi d'une consonne liquide l ou r appartenant à la même syllabe (cochlée, isochrome) ou suivi d'une consonne sourde appartenant à la syllabe suivante (achtéomètre, fuchsine, ichthisandre); dans le groupe cch suivi d'une voyelle : bacchanal, bacchante, ecchymose, saccharine; quand il est précédé de la consonne s et suivi d'une voyelle : aschariens, ascharisme, dyschirie, etc., sauf dans des exceptions du type : aschée, bischofite, ischélite; quand il se trouve placé entre consonnes dans les groupes suivants : nchn [~kn] : splanchnique, splanchnologie avec nasalisation de la voyelle précédant le 1er n; nchr [~kʀ] : synchrome avec nasalisation de la voyelle précédant n; schr [skʀ] : eschrologie.

  3. Ch à la finale
    a) Ne se prononce pas dans almanach. b) Se prononce [ʃ] dans des mots turcs ou arabes adoptés par le français : bakchich. c) Se prononce [k] dans cromelech, azéradach, krach, varech, auroch, mots d'origine bretonne, germanique ou scandinave.

La même page comporte également une section historique sur ch (HIST. C.). Elle indique que la prononciation aspirée du grec est tombée très tôt (kh > k) dans la prononciation populaire, puis a été dans certains cas sujette à palatalisation (k > ch). En effet, « à partir de la fin du XVe siècle le h étymologique tend[ait] à se réintroduire partout ». Les mots qui ont retrouvé leur h à l'écrit n'ont probablement jamais évolué vers le [ʃ].

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Pour compléter : en grec la lettre χ (Khi) se prononçait [k]. L'alphabet latin n'avait pas d'équivalent à la lettre χ et déjà en latin on utilisait le digramme ch pour transcrire le son [k] des mots empruntés au grec. Ceci à une époque où la lettre h [h] ne se prononçait presque plus. L'habitude est restée en ancien français. La lettre h a parfois disparu au fil des siècles, par exemple le grec χαρακτήρ a donné le latin kharaktế devenu « caractère » en français moderne (alors que l'anglais moderne a conservé le h). –  Laure Nov 1 '13 at 16:00
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Cf. Chi, « En grec ancien, elle était prononcée [kʰ] », et dans les alphabets occidentaux ça a pu donner [ks] et x. –  Stéphane Gimenez Nov 1 '13 at 16:05
    
Merci de vos savantes réponses ! Ma conclusion est qu'il faut apprendre la prononciation des mots individuellement, comment se souvenir de règles si complexes en pratique ? –  ex-user2728 Nov 1 '13 at 16:37
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@MarkThorin, comme dans n'importe quelle langue dont l'orthographe n'est pas phonétique (l'anglais est encore un plus bel exemple que le français d'ailleurs), en apprenant. –  Un francophone Nov 1 '13 at 17:23
    
@Un francophone Certes ; mais, essentiellement mathématicien de formation, je cherche plus à comprendre qu'à apprendre, et j'aime des langues comme l'espagnol, l'italien, où l'allemand : j'y perds moins de temps à des futilités. L'anglais m'a été naturellement acquis, mais je ne vais pas le défendre comme cohérence de la correspondance orthographe-phonétique ; néanmoins beaucoup d'aberrations s'expliquent étymologiquement, l'anglais ayant retenu la prononciation française des innombrables mots qu'il a empruntés à cette langue, à l'époque où il les a adoptés. –  ex-user2728 Nov 1 '13 at 19:17
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