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Je sais que c'est un peu informel dire « j'ai été à Paris » (pour dire « je suis allé à Paris » ), mais je ne sais pas si c'est commun ou si ce n'est pas commun. (Je sais que la phrase « j'ai été à Paris » a un sens different comme le passé composé de « je suis à Paris », mais je pense que on peut l'utiliser aussi pour « je suis allé à Paris », non ?)

Pour exemple, le wiktionnaire dit que les francophones disent « on » 99% des cas et « nous » seulement 1% des cas. C'est la même pour « j'ai été à Paris » et « je suis allé à Paris »?

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Et le touriste collectionneur dirait: J'ai fait Paris. – mouviciel Dec 19 '13 at 7:59
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C'est très fréquent de dire « j'ai été » au lieu de « je suis allé » pour exprimer un déplacement mais c'est considéré comme du langage familier. C'est à dire qu'un enseignant français corrigeant la copie d'un élève le soulignera. Dans la conversation de tous les jours je doute qu'on y fasse beaucoup attention, du moins en dehors des lieux où il faut manier la belle langue.

Je suis allée voir ce qu'en disait le Projet Voltaire car bien sûr, ici, nous sommes censés donner l'exemple à ceux qui viennent apprendre notre belle langue.

J'ai fait une recherche avec Google Ngram Viewer qui m'a dit que « j'ai été à » était plus fréquent au début du 20ème siècle et « je suis allé à » plus fréquent dans la deuxième moitié du 20ème siècle.

ngrams

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Il y a une légère nuance entre les deux expressions. Le point de vue historique du Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue française (J.-CH. Laveaux, 1847):

Mais quelquefois on veut seulement exprimer l'existence passée d'un sujet dans un lieu, abstraction faite du mouvement par lequel il a été transporté dans ce lieu ; et alors on dit j'ai été à Paris, j'ai été à Rome ; ce qui ne signifie autre chose que j'ai existé, j'ai été présent à Paris, à Rome, et je n'y existe plus, je n'y suis plus présent. Un homme qui s'est transporté de Paris à Rome pourra bien dire je suis allé à Rome, ce qui signifiera, j'ai fait le voyage de Paris à Rome. […] À la vérité ce temps a un rapport de conséquence avec le verbe aller ; car pour avoir été en un lieu, il faut y être allé. Mais il n'indique en aucune manière l'idée de mouvement qui est essentielle au verbe aller. Il ne l'indique pas plus que j'étais, dans j'étais à Rome. Montesquieu a dit: Strabon, malgré le témoignage d'Apollodore, parait douter que les rois grecs soient allés plus loin que Séleucus et Alexandre ; soient allés indique évidemement un sens d'espace parcouru, et par conséquent de mouvement. Il ajoute : Quand il serait vrai qu'ils n'auraient pas été plus loin, vers l'Orient, que Séleucus. Auraient été indique ici la présence, l'existence en un lieu.

Suivent plusieurs exemples, pour lesquels il est expliqué que l'emploi de « j'ai été » est fautif car se « se rendre » est le sens attendu. Et une remarque intéressante, car on emploie dans la langue littéraire être pour une idée de mouvement dans des tournures comme :

J'ai été le trouver.

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C'est pas plutôt le REtrouver? – Knu Dec 20 '13 at 0:35
    
@Knu. Non, en général c'est employé avec des actions fermes ou autoritaires. J'ai été le retrouver ça me parait relever d'une mauvaise maitrise de la langue. – Stéphane Gimenez Dec 20 '13 at 10:40
    
Je ne vois pas le rapport oO Tout dépend de ce que tu voulais dire. Si tu utilises trouver on s'attend à une suite genre pour etc. Alors qu'avec retrouver ça sonne juste suivi d'un point. – Knu Dec 21 '13 at 1:47

[...] mais je pense que on peut l'utiliser [« j'ai été à Paris »] aussi pour « je suis allé à Paris », non ?

Pour poursuivre la réflexion des réponses précédentes, en effet, les deux formules sont synonymes : « Moi aussi je suis allé là où vous avez été. J'assistais à cette fête extraordinaire. » (Alain-Fournier) Le fait que la première soit qualifiée d'usage plus soigné que la deuxième, plus familière, pourrait nous faire croire que c'est le choix entre aller et être qui en soit responsable. Mais non, il s'agit uniquement de l'emploi du passé composé avec été pour aller qui choquât (certains), alors qu'au passé simple et au subjonctif imparfait il s'agît d'un usage littéraire à souhait (« Il oublia de dîner et fut à Médrano », Mauriac ; « Il était temps que chacun fût se coucher. »). Avec s'en aller, on n'a que les formes littéraires avec ces deux temps et être.


Au LBU (Le bon usage, Grevisse et Goosse, ed. Duculot, 14e, § 833 b, d'où sont tirées les citations et idées), on note le reproche qu'adressait Voltaire à Corneille d'avoir employé « il fut jusques à Rome implorer le sénat », et c'est sur cette critique que se fonde en bonne partie l'idée que être pour aller était inadéquat, malgré les classiques (« Et nous fusmes coucher », Molière). On répond :

Je fus le chercher dans sa retraite. (Voltaire)

On peut même se poser des questions sur l'étiquette de familier dont on affuble trop souvent l'usage au passé composé :

Autrefois je barbouillais du papier avec mes filles, Atala, Blanca, Cymodocée, chimères qui ont été cherché ailleurs la jeunesse. (Châteaubriand)

Enfin, avec les emplois au figuré, avoir été est bien plus largement représenté, au point de rendre certains emplois avec aller moins naturels : « tout serait donc bien allé sans la nouvelle dame Barbaz » (Ramuz).


Réponse : Oui, on peut aussi utiliser « j'ai été à Paris » pour « je suis allé à Paris ». On motivera son choix.

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