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Vous voyez ci-dessous un morceau de la chanson québécoise qui s’appelle « le couteau ». Le groupe auquel je la dois s’appelle « Mes souliers sont rouge ». Aidez-moi à mieux comprendre le déroulement du récit s’il vous plaît.

Mon bon Monsieur, je suis trop gueux,
Quel gâchis vous ferais-je !
Je suis pieds nus, sales et boueux
Et tout couvert de neige !

Mon pauvre ami, quitte bien vite
Tes hardes en lambeaux :
Pouille-moi ce tricot, de suite
Chausse-moi ces sabots !

Je dirais que les quatre premières lignes sont les propos du sans-abri, et que les autres appartiennent au métayer. Le sans-abri frappe à la porte du métayer pour lui prier de dormir dans sa grange. Puis le métayer lui dit qu’il vaut mieux dormir dans sa maison. Le gueux a alors peur de la salir et il en prévient le métayer. Puis je pense que le métayer lui prête d’autres vêtements, mais j’en doute.

Une tentative de tout exprimer autrement:

Le gueux

Mon bon Monsieur, je suis trop ignoble
Comme je salirais vôtre maison !
Mes pieds son nus, sales et boueux
Et tout couvert de neige !

Le métayer

Mon pauvre ami, enlève vite
Tes vêtements déchirés
laisse-moi enfiler ton vêtement tricoté, et après
Laisse-moi chausser tes sabots !

Je suis dans l’incertitude de la fonction du mot « harde ». Le mot désigne un troupeau de bêtes, mais le récit laisse croire que c'est un vêtement. L’emploi du mot pouiller m’étonne aussi. Pensez-vous qu’on l’ait confondu avec dépouiller ? C’est aussi un peu étrange que le métayer veuille mettre les sabots du sans-abri alors qu’il n’en a pas.

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Hardes (toujours au pluriel) ensemble des effets personnels (vêtement, linges et mes meubles voyageant avec les bagages) - Le Robert.

N.B. : Autrefois à la St-Michel les baux ruraux prenaient fin, on voyait alors les paysans qui devaient changer de ferme emporter tout leurs biens, leurs hardes (souvent de maigres bagages) sur une charrette en même temps, les manouvriers un ballot à l'épaule.

Pouiller est un mot ancien et inusité dans le sens donné par le Littré. À moins qu'il s'agisse d'un québécisme, cela ressemble plutôt à une construction poétique : si je te pouille en t'enlevant tes vêtements, je te pouille en t'enfilant ces vêtements.

On peut reformuler ainsi :

  • Tes hardes en lambeaux → tes vêtements en lambeaux.

  • Pouille-moi ce tricot, de suite → enfile-moi ce tricot, de suite.

  • Chausse-moi ces sabot → Mets ces sabot à tes pieds.

Le moi ne renvoie pas aux sabots du locuteur, mais indique un ordre que le locuteur impose au mendiant.

  • Merci pour avoir répondu ! Quand le métayer parle, pourquoi est-ce que le mot « pouille » est suivi de « moi » si c’est son pauvre hôte qui doit mettre les vêtements ? Et pourquoi est-ce que vous avez fait la même chose en le remplaçant par enfile ? – Koenraad van Duin Nov 23 '14 at 7:42
  • Je te demandes d'enfiler ce tricot, de mettre ces sabots, de ... – cl-r Rendez confiance à FL Nov 23 '14 at 10:50
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    Si je devais analyser la grammaire de 'chausse-moi', ce serait comme 'dis-moi': 'dis à moi', 'dis et je reçois l'action', et donc par extension 'dis pour moi', c'est un datif. Donc 'chausse-moi' veut dire 'put on for me', c'est un ordre doux et familier, 'fais le pour moi','do me a favor and put this on'. – user5628 Nov 23 '14 at 12:13
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Je crois que vous avez bien capté le sens des 4 phrases du sans-abri et les premières deux phrases du métayer, car « hardes » peut vouloir dire « vêtements pauvres et usagés ».

Pour les phrases 3 et 4 du métayer, moi je vois plutôt que la générosité du métayer va même plus loin que « Ma maison est votre maison » jusqu'au point qu’il veut dire « mes pieds sont vos pieds » et « mon corps est le vôtre » quand il dit « pouille*-moi ce tricot (mettez ce pull-over chaud sur moi=VOUS) et « chausse-moi ces sabots (mettez ces sabots sur mes=VOS pieds)

*pouiller= • (Familier) Mettre quelque chose dans une autre.

*(par contre, peut-être parle-t-il de « éliminer ses=VOS poux de votre pull-over » car « se pouiller » peut dire "éliminer ses poux", mais l’idée de « le mien est le votre » reste, je crois)

Donc le voila ce que je vous propose :

Le gueux/sans-abri

Mon bon Monsieur, je suis trop ignoble
Comme je salirais votre maison !
Mes pieds son nus, sales et boueux
Et tout couvert de neige !

Le métayer

Mon pauvre ami, enlève vite
Tes vêtements déchirés

Mets-toi ce pull-over (pour me faire plaisir), et puis

(ou peut-être : Élimine/tue les poux sur ton pull, et puis)

Chausse-toi ces sabots (pour me faire plaisir)!

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