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Dans le domaine de l'éducation, on a le terme « apprenant » (2009)1 :

apprenant, -e, n. langage professionnel
Toute personne, de l'enfant à l'adulte, engagée dans un processus d'acquisition de connaissances et de compétences.

[ FranceTerme - site consacré aux termes recommandés au Journal officiel de la République française. - « apprenant » ]

Il faut remonter à un français bien plus ancien2 pour le retrouver comme substantif avant le 20/21e:

V. - Part. prés. en empl. subst. "Apprenti" : Aprenant que sont lowez. Jugement (...) d'un enffans que li peire mist a mestier delei ung taillour a .IIII. ans, le quel enffans s'en allat fuer du paiis et ne savoit on qu'il fut devenus, se volloit li peire que li maistre li randit son enffans, por tant qu'il disoit que le maistre et cez maigniez l'avoient sormonner ; le maistre disoit que non et qu'il en avoit bien fait son debvoir. (Jug. maître-échev. Metz S.M.S., t.1, a.1494, 1343], 219). Luiers d'aprenant. Jugement de Jehan, de Raucourt, le ferbour, d'une pairt, et des maistres et des jurei des ferbour d'autre pairt, pour ce que lesdits maistres et jureis volloient que ledit Jehan paiest entree a mestier pour ung aprenant qu'il avoit. Li maistre-eschevin dit pour droict qu'il n'en avoit point a paier. (Jug. maître-échev. Metz S.M.S., t.1, a.1494, 1346], 248).

[ DMF - Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) - « apprendre »]

La raison en est que le mot est sorti d'usage au 17e. Et donc on l'a « exhumé » des siècles plus tard; on note en effet que « [...][l]e mot moderne APPRENANT est une recréation (mil. XXe s.) suscitée pour traduire l'anglais learner (de to learn « apprendre »), là où étudiant, élève ne conviennent qu'imparfaitement. » (Dictionnaire historique de la langue française, sous dir. A. Rey, ed. Le Robert). Le terme anglais, quant à lui, est parfaitement usuel depuis bien longtemps et l'usage ne semble pas avoir subi d'interruption comparable.


Est-ce que ce genre de recréation est courant depuis la fin du 20e siècle et a-t-on d'autres exemples bien connus de mots avec un parcours semblable à celui du mot « apprenant » (sorti d'usage pendant des siècles et qui revient par le truchement de la terminologie au 20/21e siècle et devient de plus en plus usuel) ?


1. Voir aussi une note de l'OQLF en 2002 : « Le terme apprenant est un générique par rapport à élève, étudiant, écolier et apprenti. Son implantation dans l'usage reflète un changement de vision de l'enseignement selon lequel l'apprenant est le premier responsable de son apprentissage et y exerce un rôle actif. Par extension, on appelle aussi apprenant celui qui suit un enseignement par ordinateur. » Le terme apparaît au Larousse mais pas au TLFi ni à l'Académie etc..

2. On a aussi déjà eu aprendre, apreneur, aprenant(adj.), aprendement, aprendeor(enseignant), aprenement, aprentage, aprentic, aprentise, aprentisse, aprenture etc. (Godefroy, 11-13ème).

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    J'aimerais bien que revive la sauveté de Littré, pour traduire correctement l'anglais safety, et rendre la nuance avec sécurité / sécurity. – mouviciel Apr 23 '15 at 15:14
  • @mouviciel Si Littré le demandait! Je vois que c'est présent dans les toponymes i.e. la sauveté médiévale+borne de sauveté, termes associés à l'espace réservé par l'église. Ce serait bien d'avoir plus "d'espace" en effet, surtout que la sûreté est bien présente en droit civil. Merci! – user3177 Apr 23 '15 at 20:52
  • 1
    Oui, j'ai l'impression que les correspondances usuelles sont sûreté pour security et sécurité pour safety. Pourquoi se priver de faux-amis quand c'est possible... – mouviciel Apr 24 '15 at 7:50
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Pourquoi pas l'« ordinateur », terme ancien mis de l'avant par la société IBM France en 1954 pour désigner cette nouvelle réalité ?

ORDINATEUR, - TRICE, adj. et subst. masc.

I. Adj., vieilli. Qui ordonne, dispose, met en ordre. Le geste humain (...) renonce à prendre ; il met la chose en place et la considère ; tout est spectacle pour l’homme, et même son action. Non point doux par cela seul ; redoutable au contraire par cette activité ordinnatrice [sic] (ALAIN, Propos, 1921, p.271). Rem. On emploie de préférence auj., dans ce sens, ordonnateur, -trice.

II. Subst. masc.

A. LITURG., vx. Celui qui confère le sacrement d’un ordre ecclésiastique. (Dict. XIXe et XXe s.).

B. INFORMAT. Machine algorithmique composée d’un assemblage de matériels correspondant à des fonctions spécifiques, capable de recevoir de l’information

[ Trésor de la langue française informatisé TLFi via ATILF - « ordinateur »]

  • Merci! C'est très bien! c'est un homonyme en fait mais je n'avais jamais pensé à regarder d'autres sens que celui d'aujourd'hui. Au final c'est « l'ordinateur » qui nous sauve du « computeur »; ensuite j'ai lu « Jhesucrist... estoit le nouvel instituteur et ordinateur d’icelluy [baptesme]» . Renversant! Merci! – user3177 Apr 28 '15 at 19:33
  • Les moines médiévaux connaissaient déjà le comput pour savoir quand célebrer Pâques. – mouviciel Apr 29 '15 at 8:48

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