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A-t-on un phénomène comparable, par analogie avec au combat, au front, dans l'expression (être tué) à l'ennemi, qui est propre à ce seul nom ?

C'est la réflexion à laquelle nous convie Le bon usage.1 On doit entendre comparable à un cas de métonymie où la désignation d'une personne est appliquée à un lieu. On donne comme exemple, entre autres, « Les coiffeurs sont fermés le lundi » (Cocteau, Parents terribles, II, 1), « senti comme peu distingué », ou aller au coiffeur dans la langue parlée, « généralement condamné », vu la préposition chez (qualifications tirées du LBU).

Quelle réponse donnerait-on à la question proposée ?


1. MM. Grevisse et Goosse (ed. Duculot), au §209 (note R1). Extrait du contexte au LBU; l'appel à la note R1 immédiatement après : « Par métonymie, un nom désignant une personne est appliquée à un lieu. [R1] ». Suivent un paragraphe sur le nom de profession (... épiciers, encadreur, coiffeurs, etc.) et un autre sur le nom d'ordre religieux. Généralement métonymie : classification, description, exemples (1, 2).

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    Pour complément sur l'origine de l'expression : « « Tué à l'ennemi » est l'expression militaire utilisée en France sur les documents administratifs des soldats tués lors de la Première Guerre mondiale. Cette expression a été étendue par la suite. » (Source : Wikipédia) – Chop Aug 21 '15 at 11:02
  • @Chop Merci, oui ça m'a fait penser au killed in action (KIA) en anglais. Je vois qu'on dit tué en action sur la page en français. – user3177 Aug 21 '15 at 21:14
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    «A l’ennemi» peut dire «au front» (un lieu) donc, oui, c’est comparable au «lieu par métonymie» & l’exemple de “au coiffeur”. Mais d’après moi, c’est plus proche à «‘une partie pour le tout’ par métonymie» (synecdoque particularisante) (ou même une métaphore) où «l’ennemi» (une partie)=«la guerre» (le tout). Donc je prends «[être] tué à l’ennemi» pour dire «[être} tué à la guerre». Avec «au coiffeur», si l’on emploie “chez” (au ’lieu’ de ‘à’), ça devient «distingué» sans perdre précision du lieu; mais «chez l’ennemi», même «distingué», ne dit plus «au front», mais plutôt "behind enemy lines." – Papa Poule Aug 23 '15 at 17:48
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Je crois que dans "être tué à l'ennemi" l'ennemi fait référence au moyen par lequel la personne a trouvé la mort et non pas au lieu. Ce serait dans ce sens comparable à "être tué à l'arme blanche" par exemple.

Ajout :

À propos du sens ultime de l'expression je viens de trouver cette explication de Michel Laval, auteur du livre "Tué à l'ennemi" :

"Tué à l'ennemi" n'est pas tué "par" l'ennemi, mais "en allant vers...", "à la rencontre de...". Elle comporte une idée de mouvement, de défi, de provocation, quelque chose de l'insolence, de l'esprit chevaleresque et de l'"insouciance du danger" dont parlait Madame de Staël et qu'on attribuait traditionnellement au caractère français.

http://www.huffingtonpost.fr/jacques-tarnero/questions-a-michel-laval-_b_2997293.html

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"Tué à l'ennemi" semble signifier "mort aux mains de l'ennemi"; il peut donc s'agir tout autant d'un moyen (tué par un ennemi) ou d'un lieu (tué en territoire ennemi), et bien souvent une combinaison des deux (dans le cas d'un prisonnier de guerre, par exemple).

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