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On voit que quelqu'un comme Cicéron employait non solum... sed etiam (non seulement... mais aussi), ainsi que non solum... sed (non seulement... mais). Au TLFi on remarque que dans ce contexte d'opposition ou de gradation positive avec non seulement, le deuxième terme est fréquemment coordonné avec mais (mais encore, mais aussi, mais même, mais en outre, mais en plus, mais également). Larousse a deux entrées : l'une traitant l'opposition avec non seulement... mais encore(aussi), et l'autre indiquant l'opposition et le renforcement avec non seulement... mais encore. La BDL en relève trois (...mais encore/aussi/en outre) au titre de la surenchère. Le LBU14 (Grevisse et Goosse, ed. Duculot, §§ 1027, 1029) note qu'en l'absence de second terme pour l'opposition, on utilise pas seulement au lieu de non seulement, alors que non n'est pas remplaçable quand non seulement est en tête d'une sous-phrase qui s'oppose à une autre et on propose l'exemple :

(A) Non seulement elle le supporte, mais elle l'aime.

Il m'apparaît difficile d'ajouter aussi ici et je ne sais pas exactement pourquoi (...mais elle l'aime aussi, comme quelqu'un d'autre l'aime ?? ; ...mais aussi elle l'aime, bizarre ? ; ...mais l'aime-t-elle aussi, demanderait une inversion du verbe au premier terme pour être usuel ?).


On peut explorer des variantes de présentation du premier et du deuxième terme :

(1) Non seulement le meilleur, mais aussi le plus abordable.
(2) Non seulement le meilleur, mais le plus abordable.
(3) C'est non seulement le meilleur, mais c'est aussi le plus abordable.
(4) C'est non seulement le meilleur, mais aussi le plus abordable.
(5) C'est non seulement le meilleur, mais le plus abordable.
(6) C'est pas seulement le meilleur, c'est le plus abordable !

On a employé cela est, différemment d'avec (A). On n'est pas nécessairement plus éclairé...


  • En quoi consiste la différence entre l'emploi de la locution en opposition et l'emploi en surenchère et est-ce relié à la syntaxe, à l'adverbe qui suit la conjonction mais, à la sémantique ou s'agit-il du même concept qu'on aborde différemment ?
    • À quoi ressemblerait un emploi marquant exclusivement l'opposition et non la surenchère ?
  • Y a-t-il une différence entre la tournure non seulement... mais sans adverbe, et celle suivie d'un adverbe (aussi, encore), ou la première n'est-elle que la deuxième par ellipse de celui-ci ?
  • L'ajout de aussi dans (A) changerait-il le sens et affaiblirait-il même l'idée de surenchère ; pourquoi ça semble moins important avec (1-6), le cas échéant ?
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Pour la première question : par sa construction, Non seulement... mais... est une opposition, mais au sens que peut avoir non... mais... dans d'autres usages. "Il faut parler à son interlocuteur non comme à un inférieur ou un supérieur mais comme à un égal". Non ce qui est faux, mais ce qui est vrai.

La tournure non seulement... mais... utilise donc le gabarit de l'opposition non... mais... pour en faire une surenchère. Dans l'exemple (A), ce qui est faux = "seulement elle le supporte" (tournure qui, hors de la locution non seulement, est incorrecte, mais dont le sens est clair : elle ne fait que le supporter), ce qui est vrai = en plus de le supporter, elle l'aime.

On passe de "non ce qui est faux, mais ce qui est vrai" à "non seulement ce qui est vrai, mais ce qui est vrai aussi". Un emploi exprimant purement l'opposition se passerait tout simplement donc de seulement, uniquement et de leurs cousins pour ne garder que non... mais....

Pour la deuxième question, l'adverbe aussi, encore, en plus... est purement optionnel et ne change pas grand chose au sens. Il ajoute tout au plus de l'emphase. "Non seulement elle le supporte, mais en plus elle l'aime !" exprime bien plus l'incrédulité ou l'étonnement que "Non seulement elle le supporte, mais elle l'aime."

Enfin, ajouter aussi dans (A) affaiblirait peut-être le sens (en fait, je trouverais surtout la phrase maladroite), mais en plus est tout à fait à sa place. Cela tient peut-être à l'ambiguïté du sens de aussi qui peut sous-entendre qu'elle l'aime en plus d'autres personnes. Dans les autres exemples, cette ambiguïté n'est pas présente : c'est aussi le plus abordable, même si on sous-entend c'est par ellipse, est tout à fait clair : aussi se rapporte forcément aux autres qualités du produit, pas à un autre produit qui serait aussi abordable. Ce dernier point me semble toutefois assez subjectif.

  • Vraiment bon. Merci ! A-t-on une idée du pourquoi des deux entrées au Larousse ? – user3177 Apr 11 '16 at 21:24
  • Il y a une entrée dans "non" et une dans "encore" et les deux définitions sont valables, selon le sens qu'on donne à "opposition", donc je suppose qu'ils ont simplement ajouté le même usage aux deux mots sans vérifier la cohérence de leurs définitions. – DaWaaaaghBabal Apr 12 '16 at 10:02

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