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Il y a des gens qui, en français, ajoutent systématiquement un phonème additionnel à la fin des mots qui finissent en « i » ou en « e ». Je ne suis pas linguiste, mais il ressemble un peu au « ich » en allemand standard.

Pensez à « voici » ou « en effet ».

Il y a une autre modification phonétique qui a lieu parfois, qui consiste en adoucir certaines consonnes. Par exemple, « dire » se transforme en « djire », « partir » en « partchir » (désolé, je ne connais pas l'alphabet phonétique). J'ai observé ces deuxièmes modifications assez fréquemment en banlieue parisienne, mais pas seulement.

Ma question c'est : comment s'appellent ces modifications phonétiques ? Est-ce qu'il y a des textes de linguistique (sociale) qui les traitent ? Est-ce qu'elles sont traditionnelles de certains accents (par exemple, la première que j'ai décrite fait-elle partie de « l'accent parisien ?»)

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    Une question similaire en anglais: Words ending on i/u, spoken with (IPA) ɪç – is there a system? – sumelic Jun 9 '16 at 6:42
  • On pourrait aussi discuter de la (fâcheuse) habitude que des personnes "bobos" ont, de ralonger les sons /ã/ ou de rajouter des /hã/ aspirés au début ou la fin de mots. Le simple allons au restaurant qui se transforme donc en allons au restauraaa[..]aaant-han... – tlombart Jun 9 '16 at 8:16
  • tlombart - celui-là semble être appelé "schwa prépausal" dans diverses études – qoba Jun 9 '16 at 15:00
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Le premier trait de prononciation est décrit comme "à la fin de certains groupes, la voyelle finale peut-être suivie d’un bruit de « friction »" dans [1], s'agissant d'un trait attribuable au français de la partie Nord de la France, spécifiquement Paris.

D'après [2], le deuxième trait se décrit comme "la palatalisation et l’affrication de /t/ et /d/ devant les voyelles /i/ et /e/". Il est associé à un parler populaire dit "de banlieue" (bien qu'il ne soit pas uniquement utilisé dans les banlieues). Cette forme de langage comporte d'autres modifications, v. ci-dessous.

D'après [3], qui cite [4], l'utilisation de ces traits de prononciation a été croisée avec des données socioéconomiques des locuteurs; ils étaient à l'époque plus fréquents chez les jeunes de 15-25 ans (ils ont grandi depuis, je ne sais pas si la tendance diminue toujours autant avec l'âge), de milieu modeste, et utilisé avec dans un contexte de proximité (famille, amis).

[1] Phonologie du français contemporain http://www.projet-pfc.net/pfc-presentation-du-francais-oral.html

[2] Aspects phonétiques du "français parisien multiculturel": innovation, créativié, métissage(s) https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00699516/document, p. 37-38:

Parmi les principaux traits segmentaux que l’accent de banlieue partage avec le « français ordinaire », nous rappelons la simplification de groupes consonantiques complexes (ex. autre [ot], lettre [lɛt], exprès [ɛspʁɛ]), l’élision de /l/ dans les pronoms il/ils et elle/elles (ex. ils me disent [imdiz], qu’est-ce qu’elle veut [kɛskɛmvø]) et l’assimilation consonantique (ex. je sais pas [ʃepɑ]). La palatalisation et l’affrication de /t/ et /d/ devant les voyelles /i/ et /e/ (ex. voiture [vwatʃyʁ], ce que tu dis [skətʃyʤi]) et dans une moindre mesure de /k/ et /g/ (ex. quartier [khaʁtʃʝe]), bien que connues de l’accent parisien populaire, semblent aujourd’hui associées à l’accent des jeunes de banlieue, notamment d’origine maghrébine.

[3] La variation sociale en français, F. Gadet., Ophrys

[4] Le français des banlieues: Uniformity and Discontinuity in the French of the Hexagone, N. Armstrong / M. Jamin, in French in and out of France, K. Salhi (ed.)

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    Ajouté les titres. – qoba Jun 24 '16 at 3:27

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