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Dans ma langue maternelle, l'espagnol, il y a certains pronoms très anciens ou qui ont une utilisation particulière, qu'on trouve seulement dans quelques textes anciens comme la Bible, dans des romans, ou qui sont utilisés dans des régions spécifiques. Ces pronoms sont vos et vosotros, le premier est très utilisé en Argentine, et le second en Espagne, mais ils ne sont pas généralisés à d'autres lieux, ou existent seulement dans des textes narratifs. Le même cas existe en anglais avec les pronoms thou et ye mais, à la différence de l'espagnol, ils ne sont pas employés à l'oral.

Y a-t-il en français des pronoms utilisés de la même façon que dans ces deux langues ? Ou existent-ils mais ne sont plus utilisés dans aucun contexte ?

  • Je connais pas d’exemple de ce genre en français mais je suis surpris par "vos" & "vosotros"… qui sont absolument contemporains en espagnol à ce que je sache, autant qu’en français… vos → vos vosotros → vous autres – Stéphane Jun 30 '16 at 20:32
  • @Stéphane Vosotros est c'est vrai absolument courant en espagnol ibérique mais Vos y est un archaïsme qui n'est plus du tout utilisé et qui correspondait exactement au vouvoiement français. Il ne faut donc pas confondre vos (vouvoiement singulier utilisé comme nouveau tutoiement) avec vosotros (tutoiement pluriel), comme il ne faut pas confondre vosotros avec ustedes (pluriel de usted and Espagne et pluriel de , vos et usted en Amérique Latine). La conjugaison moderne au présent est parfois différente: tú quieres/eres, vos querés/sos, vosotros queréis/sois. – jlliagre Jul 1 '16 at 1:28
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Icelle et ses dérivés sont assez sympathiques : l'ancêtre de celle-ci et ses acolytes peuvent être utilisés de nos jours et seront parfaitement entendus.

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Dans beaucoup des dialectes espagnols d'Amérique Latine, le tutoiement à été supplanté par vos. De manière plus importante encore, le tutoiement pluriel (vosotros) a été remplacé par le générique ustedes qui, contrairement à l'espagnol européen mais comme en français, est à la fois le pluriel de vos/tu et de usted.

En brésilien, un changement similaire est apparu où você replace le tu original.

L'anglais est allé encore plus loin en faisant disparaître son tutoiement (Thou) et en généralisant le vouvoiement (You) aujourd'hui utilisé pour toutes les formes possibles de la deuxième personne (singulier et pluriel, tutoiement et vouvoiement).

Il n'y a pas eu de processus similaire ne français où le pronom tu continue à être employé (singulier/informel) et où vous est utilisé pour toutes les autres formes (pluriel de tu, singulier et pluriel de vous).

D'une manière générale, tous les pronoms personnels génériques (je / tu / il / elle / nous / vous / ils / elles / me / te / se / lui / eux / leur / moi / toi / soi / on / en...) sont toujours utilisés. Seules quelques simplifications orthographiques et grammaticales ont affecté les pronoms personnels de l'ancien français, ex : je/jou → je, le/ele/li → elle, nos/nus → nous, vos → vous, els/eus → eux, lor → leur, etc.

Cependant, une transformation similaire au tu → vos affecte le français parlé moderne. Il s'agit de la disparition de nous quand il est utilisé comme sujet et son remplacement par on dans 90% 99% des cas.

Un phénomène curieux accompagne cette évolution. Beaucoup de francophones n'ont pas conscience de sa réalité et sont même souvent persuadés de continuer à utiliser la première personne du pluriel avec le pronom nous alors que dans les faits ce n'est pas le cas. Attention, il s'agit uniquement de nous quand il est directement le sujet du verbe. Dans les autre cas (par exemple en apposition ou comme attribut), nous est toujours présent, ex :

  • Nous, on y va (comparé à « Nous, nous y allons » )

  • C'est nous !

Il existe aussi quatre pronoms personnels argotiques tombés en désuétude mais qui sont souvent encore compris, ce sont mézigue, tézigue, sézigue et cézigue.

Si on ne se limite pas au pronoms personnels, en dehors de icelui/icelle déjà évoqués dans la réponse de cl-r (voir aussi cist/cest/cestui et autres pronoms en usage en ancien français), on peut aussi noter maint/mainte qui ne sont plus guère utilisés.

  • 4
    Y a-t-il des sources pour le chiffre de 90 % ? Au quotidien, j'entends davantage de « nous » que de on « on ». Je sais que je ne suis pas du tout représentatif de la population, mais ce nombre de 90 % me semble un tantinet exagéré. – Olivier Grégoire Jun 30 '16 at 10:43
  • 2
    @OlivierGrégoire On est bien plus proche des 99% que des 90%. Voici quelques références: 0,25% au 19ème siècle 1,06% entre 1970 et 1995 au Québec, BLONDIEAU Hélène, The Old Nous and the New Nous: A Comparison of 19th and 20th Century Spoken Quebec French, 2003 // // 4,4%, Picardie, 1982 (39 des 49 nous ont été utilisés par deux locuteurs) : COVENEY Adrian, Vestiges of nous and the 1st person plural verb in informal spoken French, 2000 – Eau qui dort Jun 30 '16 at 20:29
  • 2
    0%, Français de Suisse, 1% Français de France, fin des années 90s : FONSECA-GREBBER Bonnie & WAUGH Linda, On the radical difference between the subject personal pronouns in written and spoken European French, 2003 – Eau qui dort Jun 30 '16 at 20:29
  • 2
    0%, Paris, 2001-2004 (4 doctorants, 2 bac+2) : BERRIT-HANSEN Anita, Diaphasic Variation and Change in French Pronouns.On/nous/nous, on in different kinds of spoken French, 2013 – Eau qui dort Jun 30 '16 at 20:29
  • 2
    5%, Chat en ligne, 2004 et 2005, VAN COMPERNOLLE Rémi, Nous versus on : Pronouns with first-person plural reference in synchronous French chat, 2013 – Eau qui dort Jun 30 '16 at 20:30
2

Icelui / icelle indiqués par @cl-r dans sa réponse, seront utilisées aujourd'hui seulement pour donner une fausse coloration médiévale à un texte, pour l'humour 1, un peu comme "thou" en anglais aujourd'hui serait utilisé pour donner un faux aspect "dix commandements".

Les formes pronominales "nous autres", "vous autres" et "eux autres" subsistent de manière régionale, notamment au Québec, pour indiquer le contexte (Nous autres, nous ne sommes pas comme vous). Voir 2. Cela se comprend en dehors du Québec mais n'est pas aussi courant.

  • 1
    Nous autres s'utilise ailleurs qu'au Québec (je n'y ai pas vécu et il s'utilise peut-être plus là-bas ou dans des contextes où il n'est pas utilisé ailleurs mais ce n'est pas une caractéristique que j'ai détectée chez les Québécois) – Un francophone Jun 30 '16 at 15:08
  • C'est beaucoup plus courant au Québec (v. lien 2 dans ma réponse) mais existe dans d'autres régions aussi, c'est vrai. Ajouté cette nuance dans ma réponse. – qoba Jun 30 '16 at 15:58
  • T’es nin d’min coin, ti z’aut’. – Édouard Jun 30 '16 at 23:29

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