2

J'ai lu, mais je ne cite pas, le TLF car il m'apparaît confus. Je cite Wiktionary :

(842, Serments de Strasbourg) cum ; com en ancien français, puis comme, avec l'adjonction de e (= et).
Du latin populaire *quōmo, altération
du latin classique quōmŏdo, « comment, de quelle façon » (de quō, ablatif de quĭs, « quel » et mŏdo, ablatif de mŏdus, « façon »).

  1. Pourquoi e (= et) a-t-il ajouté (si on sait) ?

  2. L'ajout de e (= et), que contribue-t-il sémantiquement à « comme » ?

  • Comme ça, je ne vois aucun mot où on prononce la dernière lettre si c'est une consonne... Et je prononcerai donc "com" de la même manière que "con"... – Random Jul 11 '16 at 21:08
  • 1
    @Random En faiT c'est assez courant pour des mots d'une syllabe, dE prononcer des lettres finales qui sont d'habitude muettes, et pas quE dans le suD. Les seuls exemples qui mE viennent à l'esprit en -M ou -N sont des mots importés ou des onomatopées, mais ce ne serait pas si surprenant quE ça. – Gilles 'SO nous est hostile' Jul 11 '16 at 21:48
  • @Gilles j'accepte "FaiT" et "Sud", mais "quE" et "mE" finisent par une voyelle, donc normal... :p – Random Jul 11 '16 at 22:36
  • 1
    @Random La lettr(e) E est muett(e) en final(e) d'habitud(e). – Gilles 'SO nous est hostile' Jul 11 '16 at 22:51
  • 2
    iL est claiR et neT, breF c'est un faiT, que sans être un aS on trouve des exemples. Un ami ami roM (3eme daN) m'a parlé du foehN mais on pourrait me rétorquer que ce sont des mots importés du SuD, de l'EsT ou de l'OuesT. Allons donC derecheF boire un raB de giN pour oublier ça. – radouxju Jul 12 '16 at 22:12
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Pourquoi e (= et) a-t-il ajouté (si on sait) ?

Ce e provient de la conjonction de coordination latine et qui était ajouté à quomodo dans les conjonctions comparatives.

L'ajout de e (= et), que contribue-t-il sémantiquement à « comme » ?

Oui.


En ancien français, on rencontre plusieurs graphies pour le mot ayant évolué vers le mot comme contemporain, les plus courantes étant :

  • com
  • come
  • cum (parfois par confusion avec l'homonyme latin cum (=avec) dont « comme » ne dérive pas)

De là vient la représentation souvent rencontrée dans les ouvrages étymologiques :

  • com(e)

L'origine de ce mot est le latin quomodo qui vient de quo modo et signifie « de quel mode / de quelle manière ».

Com n'était pas prononcé [kɔm] comme on le ferait aujourd'hui, mais [kõm]. Il comportait une nasalisation.

La variante avec un e final provient du latin quomodo et. Il s'agit alors d'une conjonction comparative signifiant « de même que / de la même façon que ».

Le e final n'étant pas muet, come était dissyllabique et donc prononcé « comé » à la manière de l'italien come [kome].


Références:

Olivier, Cl. (1985), « L’art et la manière : comment dans les stratégies discursives », De l’énonciation au lexique, Anscombre, J.-Cl. (dir.), Langages, vol. 20, n° 80, pp. 71-98.

quomodo a fait bloc avec des adverbes tels sic, ita, et, pour prendre une valeur comparative.

le morphème quomodo, à l’origine spécialisé dans l’interrogation sur la manière, en est venu progressivement à assurer, seul ou en composition, de nombreux emplois (…) de que, comme et comment du français moderne. Cette polyvalence est sans doute à mettre en relation avec le sémantisme de base qu- qui tend à neutraliser les spécifications apportées par les compositions et les figements. En ancien et moyen français com/cum et come (< quomodo et) recouvrent de façon assez indistincte tous les emplois (entre autres) des anciennes formes quomodo/quomodo et. Cette situation a provoqué l’apparition de formations telles que : comment, comfaitement, comfaitierement, combien, pour éviter les confusions. [Olivier 1985 : 73]


Aslanov Cyril, « Comme / comment du latin au français : perspectives diachronique, comparatiste et typologique », Travaux de linguistique, 1/2009 (n° 58), p. 19-38.

https://www.cairn.info/revue-travaux-de-linguistique-2009-1-page-19.htm

Du point de vue diachronique, l’évolution qui a conduit au remplacement de com par comment doit être mise en relation avec le remplacement progressif de com [kõm] monosyllabe au moyen de [kome] dissyllabe. Du reste, com et come ont coexisté pendant un certain temps en ancien français. Curieusement l’amuïssement du –e caduc à la fin du XVIe siècle a rendu comme en tout point semblable à com monosyllabique qu’il avait fini par supplanter au cours du passage de l’ancien au moyen français.

...

Remarquons que la volonté d’éviter une collision homonymique avec les avatars de la préposition cum (> con), qui paraît avoir été à l’œuvre dans le remplacement de como par come (< quomodo et) en domaine italo-roman, ne semble pas avoir été pertinente en ancien français, puisque aussi bien la préposition cum n’a pas eu de continuation en domaine gallo-roman.


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