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Est-ce qu'il y a une règle pour savoir s'il faut prononcer /ɛ̃/ ou /in/ ?

J'ai l'impression que si le n est suivi d'une voyelle, c'est /in/, est-ce que c'est aussi simple que ça ?

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    Si après 7 heures personne n'a trouvé un contre-exemple, ça doit vouloir dire que c'est en effet aussi simple que ça ! Pour ma part les seuls cas tangents que je note sont « inhabité », « inhalé » etc… qui sont suivis d'un son voyelle mais pas d'une voyelle à proprement parler… Par ailleurs, est-ce que la règle ne s'étendrait pas aussi aux groupes de lettres an, am, (en, em), on, om, et un, um ? – Stéphane Gimenez Feb 10 '12 at 15:05
  • @StéphaneGimenez : Après presque 10 mois, mais les contre-exemples existent bien :·) – Nikana Reklawyks Dec 3 '12 at 8:00
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Il y a malheureusement quelques exceptions.

Pour les mots comme immédiat ou immatériel, le second m ne "compte pas" pour la règle. De même pour innovation et innocent par exemple. Un h après in- ne compte pas non-plus (et est généralement (toujours?) suivi d'une voyelle).

Mais pour immangeable, immettable et immanquable, on prononce généralement avec le même son que imbuvable ou impressionnant, en tous cas en France métropolitaine. Cet article liste aussi immariable avec cette prononciation.

Faire une exception simplement pour les mots commençant par imm- et finissant par -able ne fonctionne pas: le premier son de immuable est bien semblable à celui de imitable.

  • On dirait qu'il s'agit de tous les mots récents construits à partir de im (négatif) + dérivé d'un verbe avec le suffixe -able. L'exception de l'exception est effectivement immuable, qui est bcp plus ancien et dans le cas duquel "muer" n'est presque plus utilisé dans le sens de générique changer (il s'est spécialisé en changer de voix, de peau ou de plume) – radouxju Oct 31 '18 at 9:30
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Here's another (perhaps more explanatory) way of looking at it: imagine a set of ordered rules which convert letters to sounds step by step. I won't try to set them all out but first apply a rule that reduces a written geminate consonant (the same consonant repeated as in immédiat) to a single phonological consonant. Then transform letters to sounds on a straight one to one basis (OK I'm brushing over lots of complications) Now, if a vowel and following nasal consonant are in the same phonological syllable, nasalisation occurs, as in im-po-ssible: If on the other hand there is a syllable boundary separating the vowel and nasal, then nasalisation is blocked and the two sounds remain separate, as in i-ma-gi-ner. (Remember French and other romance languages prefer open syllables i.e ones ending in a vowel). This will account for all the pairs like artisan - artisane if we apply the rule that deletes the schwa after nasalisation.

  • Thanks. Having looked up geminate, phonological and schwa, I think I understand... – Benjol Jan 15 '13 at 5:44
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La règle générale est que mm et nn sont prononcés [m]/[n]. Elles n'entraînent la nasalisation de la voyelle précédente que lorsque le M/N est suivi d'une consonne différente ou se trouve en fin de mot.

Quand un mot est formé avec le préfix in- et un radical commençant par M ou N, la prononciation du mot commence donc par [im]/[in]. Il y a des fois un doublement (gémination) de la consonne (ceci vaut aussi lorsque in- + r… forme irr… ou in- + l… forme ill…). La gémination n'est pas phonémique en français : le doublement ou non de la consonne n'a pas d'impact sémantique, il est au gré de la personne qui parle et peut dépendre de l'individu, de la place dans la phrase, de l'accentuation, etc. La gémination est plus courante dans les mots où le préfixe est apparu en français, par opposition à ceux ou le mot avec le préfixe est hérité du latin. Elle est rare dans les mots où la forme sans le préfixe a disparu (par exemple innocent).

Il y a quelques exceptions, seulement avec le préfixe in- qui indique une négation (pas d'exception lorsque in- indique l'intérieur), et même dans certains de ces cas les deux prononciations existent. Pour imm-, le Trésor de la langue française cite immangeable, immanquable, immaniable, immariable, immettable. Je ne trouve pas de liste pour in- ; le TLF cite par exemple les deux prononciations pour innavigable. De même, in- + r… devient irr… et in- + l… devient ill… à très peu d'exceptions près : (inlassable, inracontable.

Ces exceptions ont en commun que ce sont des formations récentes, datant d'après l'apparition des voyelles nasales en français ; mais je ne crois pas que toutes les formations récentes aient échappé à la nasalisation. Je ne sais pas si le fait que toutes les exceptions ont le suffixe -able est une coïncidence (c'est un suffixe courant parmi les adjectifs dont on a tendance à utiliser la négation).


The general rule is that double M and double N are pronounced [m]/[n]. Nasalization of the preceding vowel only occurs when the M/N is followed by a different consonant or at the end of the word.

When the prefix in- is added to a word beginning with M or N, the pronunciation therefore starts with [im]/[in]. There is sometimes doubling (gemination) of the consonant (this also happens when in- + r… becomes irr… or in- + l… becomes ill…). Gemination in French isn't phonemic, i.e. a pronounciation of [im] vs. [imm] doesn't carry a meaningful distinction and can be up to the individual speaker, the place of the word in the sentence, the stress, ... It is more common in words where the prefix was added in French, as opposed to words with the prefix that date back to Latin. It is rare in words where the form without the prefix doesn't exist in French (e.g. innocent).

There are just a few exceptions, only with the prefix in- that indicates a negation (no exceptions when in- indicates “inside”), and even in some of those cases both pronunciations exist. For imm-, the Trésor de la langue française cites immangeable, immanquable, immaniable, immariable, immettable. I can't find a list for inn-; the TLF cites both pronunciations for innavigable, for example. Similarly in- + l… becomes ill- and in- + r… becomes irr, with very few exceptions (inlassable, inracontable).

What the exceptions have in common is that they're recent formations, all dating from after nasalization appeared in French; but I don't think all recent formations undergo nasalization. I don't know if the fact that all of these examples end with the suffix -able is a coincidence (it is a common suffix for adjectives that tend to get negated).

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En plus des cas, comme relève Mat, où le doublement de la consonne vient invalider la règle, ou pas, ça n'est jamais aussi simple que ça :

  • Intifada, input, incipit pour piocher dans les non-gallicismes ;

  • Inria et l'Inra, pour les acronymes ;

  • Ingrid dans les prénoms.

Mais sinon, oui, la règle tient mieux la route que bien d'autres (^_^)

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