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Pis demain je m'en vas su' madame lon, là [lon, la/lon-la/lon la] !
Pis lundi je reviens !

Un dimanche au matin, Tout comme au jour de l'An (1987), La Bottine souriante.

Dans cette chanson à répondre folklorique du Québec (voir aussi la pratique du chant à répondre, inscrite à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France) j'ai toujours cru qu'il s'agissait de « madame Lola », mais pas d'après les transcriptions des paroles qu'on trouve sur internet même si elles sont généralement peu fiables (je n'ai pas le livret de l'album). Lon la apparaît au corpus de livres de Google (mais il faut retirer tous les résultats équivalents à « on l'a » d'un français plus ancien, faut-il croire). Et on trouve entre autres une chanson bretonne comme « Lon lon la » (1903) avec musique d'André Caplet (Lon lon la. Les jours se passent, Vides, misérablement [...]), considérablement moins festive ; ou une chanson de Charles Marchand, Gai lon la vive la roulette (1927)...

Je ne sais pas comment on appelle exactement le fait d'utiliser une syllabe, ou une forme d'onomatopée, pour fredonner un air (la-la-la, ta-da etc.), mais l'idée d'utiliser lon me surprend (quelque chose dans mon manque total d'érudition en musique/art ?) et je suis davantage habitué d'entendre un refrain entièrement composé de sons (par opposition à un tel élément qui, le cas échéant, apparaîtrait dans l'extrait sans crier gare en fin de phrase avec le complément, d'où ma confusion avec Lola, c'est-à-dire le nom que je pensais qu'avait la madame).


  • Qu'est-ce que c'est que ce « lon la »-là : que représente-t-il pour qu'on l'utilise ainsi, comment l'épelle-t-on et avec quelle ponctuation le marque-t-on, qu'ajoute-t-il au sens (on s'en va où ?) ou à quoi que ce soit d'autre dans l'extrait, et quelle serait sa fonction généralement ?
  • Est-ce le même lon la que le lon lon la de la chanson bretonne ; lon la forme-t-il un tout ou est-ce simplement deux « sons trouvés au hasard dans trois chansons » ?
  • À quand remonte cet emploi de lon la dans la tradition orale chantée en français et comment nomme-t-on déjà l'emploi de telles syllabes/onomatopées dans une chanson ?
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1) Ce sont des syllabes qui n'ont pas de signification, et elle sont très communes dans les chansons traditionnelles québécoises (mais pas uniques à cette dernière: on les retrouve aussi dans le folklore irlandais, par exemple).

2) Certaines (comme maluron, qu'on entend ici ainsi que dans la chanson québécoise "L'arbre est dans ses feuilles" ou encore ici) se retrouvent aussi en France, mais c'est peut-être "L'arbre est dans ses feuilles" elle-même qui vient de France. Bargenton ne sonne d'ailleurs pas québécois du tout.

3) Cette pratique dans la chanson québécoise est généralement appelée "turlutte".

Lon la n'est pas une formule de turlutte habituelle. "Le verre à la main rin tin tin" est plus proche d'une formule typique (qui emploie généralement au moins une consonne occlusive), mais je crois qu'elle sert ici uniquement à "compléter" la rythmique.

J'aurais tendance à croire que la phrase est en fait "su' madame Long, là". C'est à dire que "Long" (peu importe son orthographe exacte) représenterait ici un surnom ou nom de famille, et n'est pas une syllabe de turlutte mais plutôt un marqueur d'emphase très commun en français québécois. Jean Tremblay, l'actuel maire de Saguenay, est reconnu pour en abuser au point d'être surnommé "Jean Là-là Tremblay".

  • Merci, bien intéressant ! Pour la turlute, ça semble être avec un seul t pour l'acception dont vous parlez. Et donc vous aussi vous pensez à un patronyme pour ce lon la-là. Ce serait un nom inusité pour moi, et le voyant je le prononcerais en anglais (long island, long beach), mais ça se peut ('un moment donné quelqu'un avec le livret va sûrement étayer ça), et dans ce cas, avec la grave, on aurait le marqueur en effet. Vous mentionnez Bargenton dans 2) : manque-t-il une phrase pour introd. cette idée/où se trouve ce mot ? – user3177 Jan 2 '17 at 14:00
  • Pensez-vous que ce pourrait être une métathèse ou du verlan ? Merci encore ! – user3177 Jan 2 '17 at 14:01
  • Ce n'est absolument pas du verlan. Le concept est complètement inconnu inconnu de ce côté de l'atlantique, et d'autant plus que les chanson traditionnelles qui présentent de la turlutte prédatent le verlan de pas mal de temps. Si je Mentionne Bargenton, c'est que la chanson dans mon second lien est intitulée "Vive L'amourette en Bargenton" – Circeus Jan 4 '17 at 2:46
  • 1
    Tout d'abord, à ma connaissance, le français hexagonal a eu très peu d'influence sur le français Canadien après la conquête (1759-1760), et que déjà avant on peut présupposer un minimum d'influence étant donné le faibles nombre de voyageurs. Secundo, il faudrait présumer qu'une large proportions des colons, dont les origines incluait quasiment l'ensemble du nord-est de la France, soient familier avec ce verlan. Tertio, les Bretons ne représentaient pas plus de 3% des colons. Finalement, on trace généralement plutôt le lien avec le style similaire des chansons folkloriques irlandaises. – Circeus Jan 23 '17 at 20:22
  • 1
    Concernant ce dernier point, par exemple, les passage en "turlutte" de la chanson Supercalifragilisticexpialidocious (Mary Poppins) seraient parfaitement à leur place dans une soirée traditionnelle québécoise, ce qui n'est absolument pas le cas de "lon lon la". – Circeus Jan 23 '17 at 20:26

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