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On parle en général de licence de mathématiques ou de lettres mais de licence en droit tandis que l'histoire¹ et la sociologie sont plus partagées. Pour la maîtrise, d'histoire¹ l'emporte (et de mathématiques encore plus) tandis que de et en sociologie restent partagés, tout comme l'est le droit.

D'où vient cette différence ? Est-ce une spécificité du droit qui a déteint sur certaines sciences sociales ? Y a-t-il des variations régionales ?

(Question motivée par un point soulevé dans des commentaires sous cette réponse)

¹ Le lien ne marche pas quand il y a une apostrophe, il faut retaper la recherche.

  • Comments are not for extended discussion; this conversation has been moved to chat. – Gilles Feb 3 '17 at 19:39
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On est incapable d'établir un lien suffisant entre ce qu'on voit au Québec, le propos du TLFi et ce qu'on présente en France. Il s'agit donc d'un complément d'analyse régional.


Échantillon d'universités québécoises pour le premier cycle dans le domaine du droit :

UdeM pour les disciplines mentionnées en question (le type est mentionné uniquement pour le bacc.) :

À première vue dans ce petit échantillon du Québec, on utilise exclusivement la préposition en, et on mentionne des types de grades formels qui chapeautent la plupart des programmes de [niveau] en [domaine]. On garde à l'esprit que ces institutions et leur site web n'ont pas vocation à statuer sur les prépositions en langue française ; on consultera plutôt la BDL (aussi abréviations).


En droit spécifiquement, au Québec, on a traditionnellement le baccalauréat en droit dont le grade est LL. B. (par exemple UdeM : « La réussite du programme donne droit au Baccalauréat en droit (LL. B.). »). Le sens du LL. est plus clair en anglais avec le Bachelor of Laws :

[...] vient de l'expression latine Legum Baccalaureus (bachelier es lois). "LL" est l'abréviation classique du génitif (complément de nom) pluriel de legum [sic, recte : lex].

Wikipédia, Bachelor of Laws (Fr.)

Un législateur est possiblement legum scriptor, par exemple. On pense que si un générique pluriel se cachait derrière le domaine (lois, droit), que c'est en pour en les qui peut prédominer dans l'usage. On pense que c'est un choix du rendu du complément du nom en français selon qu'on a une vision latinisante ou non des grades, ou selon des étapes successives de développement des grades où cette influence est plus ou moins marquée. Il demande beaucoup plus d'expertise et ce n'est donc que pure spéculation.

Par ailleurs, le TLFi contient une note à ès, dont on a traité dans une autre réponse, à l'effet que « [l]'usage semble quelque peu flottant dans les dénominations récentes des grades universitaires, qui, notamment devant les noms de spécialité commençant par s, mettent ès en concurrence avec en et avec de ou des. ».

  • Très intéressant. Le Québec utilise donc une nomenclature plus uniforme, et plus proche de "ès" ("en" qqch se comprend très bien comme "dans" qqch). Y'aurait-t-il un lien avec l'idée que la langue française au Québec a conservé certaines formes plus anciennes qu'en France? Dans cette optique, "de" ne deviendrait courant que "récemment" dans les titres officiels, alors que "en" serait plus ancien (plus proche de "ès" en Moyen Français). – Frank Feb 2 '17 at 6:36
  • Ce serait un élément de réponse à la question initiale de Gilles: à l'origine, "ès" était le mot utilisé, qui est devenu "en" (avant le XVIIème?), puis encore plus récemment en France, "de" est passé dans l'usage de façon plus ou moins arbitraire. Cette hypothèse se tient assez bien au vu des données. – Frank Feb 2 '17 at 6:43
  • Peut-être le droit étant plus "conservateur", a-t-il maintenu "en", alors que les mathématiques auraient plus facilement adopté "de"? – Frank Feb 2 '17 at 7:08
  • @Frank Peut-être dans ces eaux-là... Peut-être que c'est un espèce de phénomène de démocratisation de la préposition dans les grades quand on en discute plus usuellement, dans un texte. Maîtrise en ressemble à un substantif générique, alors que maîtrise de rappelle une forme plus verbale ou un nom composé, et dans ce sens peut-être met en valeur davantage la discipline. Ou on partait d'un truc très figé latinisant, ou déconnecté d'un français plus moderne et qu'on rejette. – user3177 Feb 6 '17 at 21:52
  • Voir aussi en 1997 ds. la loi, où l'on a statué (pas pour la première fois, mais vastement) : 1, 2, 3, 4. Merci ! – user3177 Feb 6 '17 at 21:56
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Le fait que les deux formes soient acceptées (on trouve par exemple licence en droit aussi bien licence de droit, même si l'une est plus fréquente que l'autre), n'indique-t'il pas tout simplement qu'il n'y a pas de raison profonde ? L'usage supporte simplement les deux.

Il existe parfois une autre forme, qui n'a pas été mentionnée jusqu'à présent: "licence ès-lettres". On utilisait également au XIXème siècle: "baccalauréat ès-sciences". Une recherche rapide montre que "ès-lettres" est encore utilisé de nos jours, et ce, presque aussi fréquemment que "licence de lettres". On utilise parfois aussi "ès-sciences". En revanche, "licence ès-mathématiques" et "licence ès-droit" sont inconnus.

De plus, il semble que les universités elle-mêmes utilisent "de", "en", et parfois rien du tout, en tout cas pas pour "Licence" et "Master". Quelques exemples:

Donc l'usage actuel semble utiliser trois, voire même quatre !, formes (suivant les domaines, et dans des proportions différentes), ce qui pour moi renforce l'idée qu'il n'y a peut-être "ni rime ni raison" qui expliquerait la différence de proportion notée par Gilles.

On pourrait aussi conclure qu'il y a bien différence dans les proportions, mais que cette différence n'est pas forcément significative en pratique, ou en tout, qu'il n'est pas possible de trouver une règle générale pour l'utilisation de "de" plutôt que de "en".

Il va être à mon avis difficile de trouver des raisons pour un phénomène aussi aléatoire.

Addendum (consulter l'autre réponse sur la situation au Québec): on pourrait proposer le processus historique suivant: à l'origine, "ès" était le mot utilisé, qui est devenu "en" (avant le XVIIème?), puis encore plus récemment en France, "de" est passé dans l'usage de façon plus ou moins arbitraire. Suivant cette hypothèse, "en" serait plus ancien que "de". Cette hypothèse se tient assez bien au vu des données. Mais ceci n'explique pas pourquoi certaines matières utilisent maintenant "de", et d'autres "en".

Note: "ès" est une contraction, maintenant archaïque, de "en les/à l'intérieur des", ici pour désigner une spécialité dans des titres officiels. "Doctorat ès lettres" peut donc se comprendre comme "doctorat en les lettres". Le mot est attesté dès 1375-1400.

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