6

Le français n'est pas ma langue maternelle. Je rédige des plans de cours (syllabus) à mon université qui se trouve au Québec. Pour respecter le principe d'égalité des genres, je veux utiliser une forme neutre dans mon texte. Voici une phrase typique qui n'est pas neutre:

... un étudiant ayant des questions à propos de l’évaluation de son examen doit ...

Étudiant dans ce cas n'est pas neutre, puisque il pourrait s'agir d'une étudiante.

Alors, une solution acceptable est d'utiliser un doublet:

... un étudiant ou une étudiante ayant des questions ...

Pour alléger le texte, j'aimerais voir si d'autres solutions pourraient s'appliquer:

  • un apprenant (nom épicène)
  • un élève (nom épicène)
  • un membre de la population étudiante inscrit dans ce cours (nom collectif) Ok, c'est très long, mais y en a-t-il une variante plus courte?

Quelle est la meilleure forme (idéalement sans utiliser le doublet)?

J'évite les formes tronquées, p.ex. un(e) étudiant(e) puisque ça nuit à la lisibilité.

  • Je rédige la question pour indiquer que c'est une université au Québec. – Fuhrmanator Apr 18 '17 at 20:23
  • Est-ce que mettre au pluriel serait une solution? Un groupe hypothétique où l'on s'attend qu'il y ait des membres de l'un et l'autre sexe est généralement désigné au neutre, qui se trouve avoir la même forme que le masculin: «les étudiants» en ce cas. Je crois qu'en France, ça passerait sans problème. Au Québec, je suis moins certain, mais je propose pareil, au cas où. – Montée de lait Apr 18 '17 at 22:29
  • @Feelew Mettre au pluriel est la stratégie en anglais pour éviter un choix entre "his/her" (je suis de langue maternelle anglaise), mais au Québec je n'ai pas vu cette façon de faire, au moins pas dans les stratégies documentées sur Wikipedia: fr.wikipedia.org/wiki/Langage_non_sexiste#Fran.C3.A7ais – Fuhrmanator Apr 19 '17 at 17:39
  • Référence pour les dénominations utilisées dans l'enseignement au Québec: cstj.qc.ca/wp-content/uploads/2012/05/… – Fuhrmanator Apr 19 '17 at 17:46
  • 2
    @Azaghal Ça dépend de la définition. "Épicène, adjectif, Dont le féminin et le masculin ont la même forme" est une définition donnée par plusieurs dictionnaires. – Fuhrmanator Jun 12 '18 at 14:12
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En France il est naturel et habituel de parler des étudiants, le terme couvre les deux sexes.

Apprenant pourrait être utilisé dans le supérieur et serait compris mais de fait le terme n'est quasiment employé que pour le primaire et et le secondaire, pas dans le cadre administratif mais dans les contextes d'apprentissage, et aucun enseignant ne s'adresserait à, ou ne parlerait de ses élèves ou étudiants en les appelants « apprenants ».

Élève n'est jamais utilisé pour des étudiants dans une université, il peut l'être pour les élèves des grandes écoles.

Population étudiante est surtout utilisé dans un contexte sociologique, ce serait compris, mais ça surprend dans le contexte décrit dans la question, surtout de parler de « membre » de la population étudiante.

Si tu ne veux pas utiliser le terme « étudiants » pour parler des deux sexes tu peux opter pour : « les personnes inscrites à ce cours / ayant des questions à poser...  »

  • Et, en parlant d'égalitarianisme de genre, s'il y a dans son cours ceux qui ne s'identifient pas comme personne, mais comme une autre forme de "otherkin"? Il y serait offensif de les exclure. – Carl Masens Nov 19 '18 at 13:39
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Une solution possible que j'ai rencontrée plusieurs fois, en France et plus précisément dans le monde académique des maths, de la physique, de l'ingénierie, etc. est ledit masculin générique.

Par exemple, voici un extrait d'un fiche de poste :

Pour faciliter la lecture du document, le masculin générique se réfère aussi bien aux femmes qu’aux hommes.

Obligation est faite au futur enseignant de participer à la vie de l’établissement à savoir : réunion de département, comités pédagogiques, jury, surveillance d’examen, correction de copies, etc. (...)

Je ne sais pas si c'est bien acceptable par des grammairien(ne)s mais je trouve cette solution de contournement simple et utile.

  • 4
    Beaucoup de grammairiens défendent la masculin générique qui est enseigné depuis des lustres en France et soutenu par l'Académie française mais la question écarte d'emblée cette approche qui ne respecte pas l'égalité des genres d'après les critères de l'Unesco. – jlliagre Jun 12 '18 at 11:26
  • @jlliagre Merci pour le commentaire. Le monde scientifique et technique (maths, ingénierie, physique, etc.) adoptent de telles modifications plus lentement que le monde des lettres et de la littérature. Bien des fiches de postes que j'ai vus font encore la différence entre Madame et Mademoiselle... – Dimitris Jun 12 '18 at 17:57
  • 2
    Il ne s'agit pas tant d'une différence liée aux spécialités enseignées qu'une différence idéologique. La défense ou l'attaque de cette évolution est assez clairement marquée politiquement. – jlliagre Jun 12 '18 at 23:33
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The plural that works so well in English is useless in French, where plurals are also gendered. Don't use eleve, which skews toward primary school or at most high school. The other synonyms proposed are just awkward and don't help your quandry. I think your only solution is re-phrasing so you're using 'les personnes' instead of 'les etudiants'. While the gender of the noun is female, it's understood to be strongly gender-neutral.

You can also use the feminine sprinkled randomly and equally, as long as it's not reinforcing the stereotypes of all professors are male etc. The reaction to that will make it very clear how 'neutral' the convention of including the feminine into the masculine really is..

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Dans mon université pour pallier ce problème les administrations utilisent l’écriture inclusive ci-dessous :

Les étudiant.e.s.

  • Bravo pour rajouter cette solution. Je l'ai rencontrée plusieurs fois. – Dimitris Jun 11 '18 at 17:54
  • 4
    La question précise: "J'évite les formes tronquées, p.ex. un(e) étudiant(e) puisque ça nuit à la lisibilité." L’écriture dite inclusive n’est pas moins tronquée que la version traditionnelle avec des parenthèses. – Azaghal Jun 12 '18 at 14:00
  • 1
    Beaucoup de fiches de postes lors du concours de Maître des Conférences comportent cette solution de contournement avec les points. Au lieu d'étudiants , on a enseignants ; les enseignants.e.s.. Or, je parle selon mon expérience en France. Je ne sais pas ce qui se passe dans le monde académique francophone hors d'elle. – Dimitris Jun 12 '18 at 17:53
  • j'ai aussi vu sous la forme étudiant(e)s, mais comme le mentione @Azaghal la question spécifie que cette réponse est indésirable. – Alexandre Aubrey Jun 13 '18 at 18:06
  • 1
    Mais cette utilisation est offensive à ceux qui s'identifient avec d'autres genres non-binaires ayant ses propres pronoms. – Carl Masens Nov 19 '18 at 13:34

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