1

Pourquoi, au Québec, on dit « sur la brosse » en parlant de l'alcool ? Par ex. Chu Ben Plus Cool Su'a Brosse (vidéo).

  • 1
    C'est sur et non "sous" la brosse. Être sur la brosse signifie en effet, comme le remarque (indirectement) Gardenal, "être soul". – Circeus Nov 17 '17 at 4:03
  • 1
    merci, c'est corrigé – John Cornellier Nov 17 '17 at 15:03
1

Ça doit être la même expression que virer une brosse

Il me semble que broisse en ancien français désigne les broussailles et autres buissons et était utilisé pour dire partir à l'aventure, vadrouiller, même s'il est peu en usage aujourd'hui brosser signifie toujours "partir à la chasse" (dans les bois donc).

Donc j'ignore si le Québec a une histoire particulière qui lierait la chasse et l'alcool, mais il pourrait y avoir un lien de ce genre, à moins que ce ne soit simplement l'idée d'aller faire un peu n'importe quoi (comme par exemple boire outre mesure...)

1

On trouve au TLFi à brosse « 3. Arg. Prendre une brosse. S'enivrer. Être en brosse. Être ivre. Une brosse (cf. se brosser). Rien[.] ». Je suis originaire du Québec : le premier tour est identique au tour québécois pour le sens figuré de s'enivrer, que le DHLF/Rey qualifie de propre au Québec ; je trouve le deuxième entièrement inusité, je dis plutôt être sur la brosse, avoir pris/viré une brosse, ou être en boisson (rare) ; l'emploi pour rien m'est inconnu. Dans une autre réponse on a traité de l'étymologie "de l’ancien français broisse « taillis, broussaille, menu bois, broutille », dont le sens s’est conservé dans le verbe brosser, en langage de chasse : « courir à travers des bois épais »" (Wiktionnaire, à brosse). Voici quelques pistes de réflexions supplémentaires...


Pourquoi la brosse ?

Dans un article d'il y a plus de 50 ans, « Five Canadian-French Etymologies: barrabasser, brosse, Jean- Baptiste Beaufouet, piasse, pichou. » Romance Philology, Vol. 14 (1961), G.J. Brault (dont la conclusion nous est inaccessible), on mentionne à tout le moins l'entrée au GPFC, la broisse en ancien français et la variante breusse de Rabelais... donc une référence à une coupe/tasse pour boire du vin et aux contextes associés : « Lors flaccons d’aller, jambons de troter, goubeletz de voler, breusses de tinter. » (Rabelais au Godefroy, par ex. BnF, Wikisource). Voici extrait du contenu au GPFC :

enter image description here
Glossaire du parler français au Canada, Société du parler français au Canada, Geoffrion/Rivard, 1930, (montage).

Avec le substantif (brosse), l'ancien français broisse dont il est question ici serait peut-être une forme angevine attestée antérieurement... ce serait dérivé de l'etymon bròchis (voir broc) et non de bruschia (Etymologisches Wörterbuch zu Rabelais (Gargantua), Baldinger). Avec le verbe on aurait peut-être un apport différent par le truchement de certains termes reliés à l'étymon bruschia. Je suis moins familier avec l'emploi de brosser qu'avec les locutions avec brosse.

Incidemment, c'est peut-être aussi relié à une variante orthographique de broche (broccus) dans son sens de la « cheville pour boucher le trou qu'on fait au tonneau avec le foret » (Godefroy), qui s'emploie dans vendre à broche soit « vendre (le vin) en le tirant au fur et à mesure, le vendre au détail »(DmF).


Pourquoi la préposition (être) sur (la brosse) ?

Le GPFC donne partir sur une brosse comme équivalent d'être en train de prendre un cuite. Être sur c'est simplement prendre/avoir pris, à mon avis ; c'est bien courant à l'oral au Québec (être sur les pilules, ...le LSD ; mais pas être sur le pot (x), plutôt avoir fumé du pot, ...consommé de la marijuana etc.). L'emploi de la préposition sur dans ce genre de contexte est peut-être influencé par celle de on en langue anglaise, que Termium corrige : sur la drogue (être), on drugs (to be), prendre de la drogue ; voir aussi BDL...


Le lexique reste touffu, on n'a pas l'expertise, et on ne sait pas si on a tranché ailleurs, mais au final cette breusse à Rabelais sous influence avec l'auxiliaire (être su'(r l)a brosse) pourrait faire référence au fait d'« avoir pris un verre (de vin !) », au propre. Imaginez...

Your Answer

By clicking “Post Your Answer”, you agree to our terms of service, privacy policy and cookie policy

Not the answer you're looking for? Browse other questions tagged or ask your own question.