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Le mot "école" en Latin est "schola". Au fil du temps, il a dû y avoir un changement qui a préfixé la consonne.

Pourquoi croyez-vous que ce changement a eu lieu ? Serait-ce à cause d'un mot, à l'époque, qui apparaissait avant ?

marked as duplicate by Kii, Reyedy, Teleporting Goat, Gilles Apr 30 '18 at 17:20

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À un certain moment dans l'évolution du latin vulgaire aux langues romanes occidentales (domaines gallo-roman et ibéro-roman), la combinaison de lettres s+consonne en début de mot est devenu "illégale" dans la phonologie (plus précisément la phonotactique) du roman. La solution qui s'est imposée à peu près universellement dans l'espace qui va du Rhéto-roman au portugais fut l'ajout d'un e épenthétique (techniquement, prothétique) devant ce s. Ce e subit par la suite les même transformations que les autres voyelles suivies d'un s ayant a par la suite disparu du français, résultant en é dans cette position. Ledit s demeure présent dans les équivalents des langues voisines:

  • École vs. Es escuela, Pt escola (vs. It scuola, Ro școală)
  • Épée vs. Es, Pt espada, Oc espasa (vs. It spada, Ro spadă)
  • Épaule vs. Es espalda, Pt espádua (vs. It spalla)
  • État vs. Es, Pt estado, OC estat (but It stato, Ro stare)

Le même phénomène d'épenthèse se rencontre en français québécois avec les mots commençant par re+consonne. La chute du e muet dans des mots comme regarder ou revenir résulte en une combinaison de lettres qui n'est pas naturelle en français. Le e-muet qui est ajouté devant le r subit ensuite fréquemment une modification phonologique commune en français québécois dont le résultat final est l'apparente transformation du préfixe re- en ar-.

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    Excellent. Also worth noting that depending on the time of borrowing, the s sometimes survived: esprit, espérer, esthétique, etc. Oh, and to make explicit the reason why prepending an e fixes this problem, which may not be clear to non-linguists: the s goes from sharing an onset cluster sc to being in a coda s followed by an onset c. An invisible difference but good evidence of phonological abstraction :) – Luke Sawczak Mar 15 '18 at 3:54
  • Le premier stade de cette évolution a probablement été une voyelle instable /ɪ/ (à en juger par les inscriptions latine, qui lisent parfois "iscola" pour "scola") qui par la suite fusionné avec /e/, et qui n'apparaissait qu'en début de phrase ou quand le mot précédent se terminait par une consonne. C'est l'état qui persiste dans le Nord-Est de la zone d'Oïl, en picard ou en wallon: å scole (à l'école) - dén l'escole (dans l'école). Dans l'Est wallon, c'est l'inverse de la situation québécoise qui s'est produit: la voyelle est devenue épenthétique: li scole (l'école) - one sicole (une école) – Eau qui dort Mar 15 '18 at 13:13
  • @Eauquidort intéressant, n'étant guère plus qu'un amateur touche-à-tout, ce ne sont pas là des détails que je connaissait! – Circeus Mar 15 '18 at 14:51

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