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L’article impossible au TLFi mentionne comme acception possible :

Vx. Nom d'une couleur à la mode à la fin du XVIIIe siècle.

Pour illustrer cette acception, on cite Gérard de Nerval, dont voici un extrait plus long :

Le 7 du mois d’août fut le grand jour. La scène se passa dans une vaste maison, rue Verte-Saint-Honoré. On s’y rendit à onze heures. En entrant dans la première salle, chaque femme était obligée de quitter sa bouffante, ses soutiens, son corps, son faux chignon, et de vêtir une lévite blanche avec une ceinture de couleur. Il y en avait six en noir, six en bleu, six en coquelicot, six en violet, six en couleur de rose, six en impossible. On leur remit à chacune un grand voile qu’elles placèrent en sautoir de gauche à droite.

Je n’ai pas trouvé trace de cette couleur dans mes dictionnaires, et les recherches sur internet me guident invariablement dans des directions inappropriées : couleurs interdites (soient des variations dont Cubitus nous offre un bel échantillon ci-dessous), problèmes d’impression, photographie, assemblages de couleurs dont le final est difficile à définir, etc.

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Quelqu’un saurait-il indiquer quelle était la nature de cette couleur qui inspirait les tailleurs et les élégants à la fin du XVIIIe ?

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On ne sait pas exactement : on émet l'hypothèse, en se fondant sur une seule source et par généralisation, qu'en ce qui a trait à la couleur des cheveux ce pourrait être une couleur de type blond vénitien soit « un blond mélangé d'une teinte de roux plus ou moins prononcée, ce qui donne une coiffure avec des nuances dorées et cuivrées » (Wikipédia) ou un « blond rutilant, tirant sur le roux, que les femmes de Venise obtenaient par un traitement spécial » (TLFi). On ne sait pas comment ça s'appliquerait à la ceinture, si le jaune ou les reflets (dorés/cuivrés) l'emporterait...


Certaines éditions présentent l'extrait en question avec entre parenthèses couleur de fantaisie, termes « souvent inventés dans le domaine de la mode, dont seuls les initiés peuvent imaginer la teinte exacte, comme puce ou cuisse de nymphe, dont les noms peuvent être purement commémoratifs, comme céladon ou magenta » (Wikipédia). Le DHLF connaît l'emploi mais ne précise pas de quelle couleur il s'agirait :

Deux acceptions hyperboliques concrètes concernent les Impossibles désignant les femmes légèrement vêtues de l'époque Directoire et l'impossible une couleur à la mode à fin du XVIIIe (1852) ; elles sont rapidement sorties de l'usage.

[ Dictionnaire historique de la langue française (sup. Rey, ed. Robert, 2011) ]

On sait par élimination vu l'extrait qu'il ne s'agit ni du noir, bleu, coquelicot, violet ou rose. En guise d'introduction on a aussi consulté un article bien illustré traitant des costumes à l'époque Directoire (1795-1799) s'appuyant sur une œuvre dont on a analysé toutes les phrases contenant le mot impossible etc. Une seule semblait pertinente, au sujet de la mode sous le Second Empire (1852-1870):

L'industrie ne se lassait point, le génie parisien avait quelquefois du bon goût, même dans le mauvais ton ; — on vit des boucles d'oreilles aquarium, des chaînes d'or Benoîton, qui formaient gourmette sous le menton on chaussa le cuir de Russie, on l'employa en ceintures, avec boucles de métal ; on se surchargea de chaînettes et de breloques et l'on campa sur les chevelures jaune, acajou, tomate, et sur toutes les nuances impossibles à la mode, qui n'étaient que les outrances du blond vénitien, — des chapeaux Trianon, Watteau, Lamhalle et Marie Antoinette.

[ Monument esthématique du XIXe siècle : les modes de Paris, variations du goût et de l'esthétique de la femme, 1797-1897, (1898), Octave Uzanne, p. 176 ]

On a tenté de trouver rapidement un nuancier ancien, sans succès, et on a consulté un traité du 19e sur l'impression des tissus pour donner le ton. Mais on pense que cet emploi d'impossible, sans référer â la couleur comme telle, est hyperbolique pour invraisemblable, extravagant (TLFi, comme avec chapeau etc. ; ou rare) et pourrait englober la couleur impossible au sens strict, l'ensemble étant assimilé aux outrances (!) [aux « exagérations »] du blond vénitien en contexte capillaire. Donc oui c'est tiré par les cheveux, impossible...

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    Merci pour cette première piste et pour cet intéressant document sur la femme et l'amour après la Terreur. Je laisse ouvert, si par hasard quelqu'un trouvait davantage, mais j'apprécie votre effort et admire votre capacité à traquer une information bien cachée. – ﺪﺪﺪ Apr 7 '18 at 17:58
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    @Feelew Merci, avec plaisir ! Avez-vous pensé poser la Q. sur Graphic Design SE ? J'ai un compte là-dessus, faut réviser leurs règles pour voir, mais ils ont peut-être accès à des types de documents auxquels on n'a pas accès, des nuanciers historiques ou des outils professionnels sur la couleur dont le cadre dépasserait peut-être celui de la langue ? – user3177 Apr 7 '18 at 18:57
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    À investiguer, certainement. Merci! – ﺪﺪﺪ Apr 7 '18 at 19:17

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