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La question sur l'emploie du mot en tant que « prête plume » est une question résolue en France, du moins du point de vue « formalités ». Cependant on a l'impression que les choses ont encore une fois été faites à moitié; il reste dans le langage un terme consacré, je veux parler du terme « art nègre » et il y en a d'autres, pour ne citer que le mot « négritude ». Voit-on une différence dans le ton de ces emplois particuliers ? On est bien à mal de trouver un substitut pour « art nègre », pourtant il semble que le tour de celui-ci sous la guillotine du politiquement correct ne puisse être loin. Est-ce que quelqu'un saurait pourquoi ces termes subsistent ? Est-ce que quelqu'un saurait pourquoi, donnée l'impulsion qui a aboutit à la loi de 2017 concernant le remplacement du mot « nègre » par un terme sans connotations racistes, a fait défaut cet esprit de continuation qui aurait dû s'imposer pour effectuer dans la langue une véritable tâche de nettoyage linguistique ?

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Il existe bien une expression moins connotée et plus courante qu'art nègre: art africain traditionnel, voire art africain tout court. Art nègre est une expression vieillie, et de nos jours, il me semble qu'elle n'est plus utilisée dans les musées ou en histoire de l'art.

Négritude n'a pas de connotation négative, bien au contraire, c'est un terme qui désigne de manière positive le sentiment d'appartenance à un espace culturel commun. Vu que c'est un terme créé et utilisé par des auteurs africains, il ne me parait pas être suspecté de la même connotation colonialiste ou raciste.

  • Les exemples au mot « négritude » dans le TLFi confirment bien vos dires, mais ne serait-on toujours pas trop complaisant dans cette attitude qui est celle de s'en remettre à l'esprit pratique de quelques noirs qui peut être dans un soucis de recouvrir les idées désagréables du passé leur offrent une apologie inconsciente; la racine reste; de plus, par exemple « nègre » est toujours « homme de race noire » et on peut dire en même temps « Il l'a traité comme un nègre.». Je reste sceptique quant à votre assurance que ce soit le dernier mot. – LPH Sep 1 '18 at 9:33
  • "Quelques noirs"... Léopold Senghor et Aimé Césaire... – Greg Sep 1 '18 at 9:38
  • Un article intéressant sur le sujet, et sur l'origine du mot négritude, qui voulait prendre précisémement le contre-pied de la connotation raciste de "nègre": itineraireshumanistes.org/?p=838 – Greg Sep 1 '18 at 9:53
  • Le terme « art africain » ne semble finalement pas une bonne solution : il résout un problème pour en introduire un autre; on doit inclure tout le Maghreb et l'Afrique du Sud dans cette dénomination; par « art nègre » il n'a jamais été question d'autre chose que de l'art exclusivement associé à la race noire en tant que son origine et son inspiration. – LPH Sep 3 '18 at 11:51
  • Le terme « art africain » ne semble finalement pas une bonne solution : il résout un problème pour en introduire un autre; on doit inclure tout le Maghreb et l'Afrique du Sud dans cette dénomination; par « art nègre » il n'a jamais été question d'autre chose que de l'art exclusivement associé à la race noire en tant que son origine et son inspiration. (Il y a d'autres questions, cependant, comme celle que suscite le jazz, par exemple.) – LPH Sep 3 '18 at 11:57
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Je crois que la tendance récente est d'essayer de supprimer les connotations racistes du mot « nègre », et ça a un relatif succès. Le problème c'est que ça entre en conflit avec l'emploi de « nègre » pour désigner un esclave en dehors de tout contexte historique, comme le faisait l'expression mentionnée de « nègre » littéraire. Il y a en fait un conflit entre essayer de faire perdre la racine étymologique, « noir », de ce terme d'un côté (ce qui est très probablement la mauvaise approche) et lui faire perdre toute synonymie directe, non historique, avec « esclave » de l'autre (ce qui semble pouvoir fonctionner).

  • Je crois plutôt que l'emploi de « nègre » n'insiste pas sur une notion tout à fait exacte d'esclavage dans ce cas (on parle de gages) et que dans tous les cas, dans l'usage moderne de « nègre » ne doive pas être lu en un degré important la notion d'esclavage mais celle de race méprisable, inférieure. – LPH Sep 1 '18 at 9:40
  • La notion retenue c'est de faire faire le travail à quelqu'un d'autre sans que cette personne soit reconnue pour cela. Pour le second point, il faut faire attention à ne pas mélanger les connotations que le mot a en français avec celles qu'il a dans d'autres langues (en particulier l'anglais). Dans mon expérience, en français c'est moins le mot lui-même qui est raciste que le sens qui peut lui être conféré. – Stéphane Gimenez Sep 1 '18 at 21:53

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