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En grec Ἀριστοτέλης (Aristotélēs) ; en anglais Aristotle ; en italien Aristotele ; en espagnol Aristóteles ; en allemand Aristoteles ; en roumain Aristotel ; or, en français Aristote.

Pourquoi le l a été enlevé de l'interprétation française ? Tous les autres mots (français) de la même famille que je connais (aristotélicien, aristotélique, aristotélisme, aristotéliser (Littré pour ce dernier-ci)) gardent ce l.

  • Autant demander pourquoi le l en table est (normalement) silencieux :) Je pense que c'est le même processus à peu près. – Luke Sawczak Nov 22 '18 at 11:40
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Je suppose que c'est pour des raisons d'euphonie (il n'y a pas de mots français en -otle et la séquence -tl- est rare dans notre vocabulaire, en dehors d'atlantique, athtlète, atlas et dérivés) et peut-être aussi pour préserver l'accent tonique sur le o que l'on aurait perdu si l'on avait écrit Aristotel.

L'ancien français (plus précisément l'anglo-normand ici) a utilisé Aristotle :

Primes saciez ke icest tretiez
est le secré de secrez numez
Ke Aristotle le philosophe ydoine
Le fiz Nichomache de Macedoine
— (Pierre d’Abernon, le secré des secrez, f. 173v. a., vers 1-4)

Beaucoup de langues ont supprimé le es final, seules deux sont allées plus loin que le français, le turc et le farsi avec Aristo.

La langue nahuatl, particulièrement riche en terminaisons en -tl car il s'agit du suffixe le plus courant de sa grammaire, a donné quelques mots largement adoptés par les langues occidentales via l'espagnol. On constate que le l final a disparu de la grande majorité de ces mots :

  • tomatl - tomato/tomate
  • coyotl - coyote/κογιότ
  • xocoatl ou chicolātl - chocolate/chocolat
  • ahuacatl - aguacate/avocado/avocat
  • ocelotl - ocelot

Seuls quelques mots nahuatl, moins répandus, ont conservé leur terminaison :

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    À part les emprunts récents au nahuatl, toutes les séquences /tl/ en français sont séparées par une pause syllabique: atlas /at.las/, attelage /at.la:ʒ/, ôtes-les /o:t.lɛ/. Ce n'est pas le cas des séquences équivalentes comme /pl/, /kl/ qui peuvent très bien tenir en une seule syllable. Même chose avec le pendant voisé /dl/ qui est presque totalement absent. Ça renforce certainement l'hypothèse qu'Aristotle aurait produit une séquence inédite et phonotactiquement problématique, qui aurait alors été simplifiée en /t/. J'ai des doutes sur la pérennité du /tl/ d'axolotl pour cette raison – Eau qui dort Nov 22 '18 at 19:08

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