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Dans un article sur la soirée des Grammy Awards, je lis ce qui suit au sujet d'un artiste et de son œuvre :

Sa vidéo choc dénonçant le règne des armes à feu et du racisme aux États-Unis, vue par des dizaines [NDLR des centaines] de millions de personnes sur l'internet, a aussi reçu le prix du «meilleur clip». (La Presse, je souligne et ajoute la note sur le nombre de visionnements)

On a juxtaposé le nom choc (pour signifier que la réalité à laquelle se réfère cet autre nom provoque une grande émotion ou suscite un vif intérêt, BDL) à vidéo mais sans trait d'union. Je lis en ce qui a trait à cet emploi de choc que « plus une forme devient courante, plus les gens ont tendance à l'orthographier avec un trait d’union » (BDL). D'autre part on définit le (vidéo)clip comme étant un « film vidéo, bref et percutant qui utilise nombre d'effets spéciaux, réalisé pour illustrer une chanson » (GDT, je souligne).

  • Peut-on expliquer si on pense ou non que la sémantique du clip, dont les emplois rencontrent ceux de la vidéo, ou autre chose, empêche généralement « vidéo choc » de devenir plus courant (vidéo-choc) ou de se « lexicaliser » ?
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L'autre aspect qu'il faudrait, à mon avis, pour que l'expression se lexicalise avec un trait d'union, c'est une spécificité du sens du nom choc lorsqu'il est associé à vidéo.

Or en l'essence il n'y en a pas : on dit une vidéo choc aussi bien que un article choc, un rapport choc, un album choc ou un spectacle choc. Le nom choc est employé avec une valeur adjectivale relativement portable d'un type de production intellectuelle à un autre.

De même on ne commencerait pas à écrire ciel-bleu simplement parce que le ciel est souvent affublé de cet adjectif.

Par contraste, le sens de clip dans vidéo-clip est très spécifique à la vidéo, et se rapporte à sa courte durée. L'expression forme une unité sémantique indivisible, ce qui rend peut-être sa lexicalisation plus probable.

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