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Je sais que les droits des animaux (et de l'homme) n'existaient pas à l'époque où l'ancien français était parlé, mais certains étaient-ils à ce point sans-cœur qu'ils liquéfiaient ou dissolvaient les animaux vivants pour les tuer ?

Le Wiktionnaire donne cette étymologie [Ancien français morfondre]:

On a dit[1] qu’il est composé de mort et fondre : « fondre jusqu'à la mort ». Mais, comme le mot est originairement de l'art vétérinaire, il faut[1] y voir, avec Ménage un composé, réduit par haplologie, de morve et fondre. Certains[2] en font un composé dont la première partie est *mor (« tête ») qui est dans morail, moraille (« têtière »).

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Morfondre vient du provençal marfondre, « devenir catarrheux, en parlant du cheval ». Composé de mar/more « le groin, le museau », et de fondre. Le mot a été introduit en médecine vétérinaire où l'on parle d'un cheval morfondu (1407), c'est à dire un cheval qui, saisi par le froid, est devenu catarrheux (source : Dictionnaire historique de la langue française, 1998). Un cheval morfondu a le museau qui coule (il « fond »1).

Voir aussi le TLF :

a) «devenir catarrheux (du cheval)» (Froissart, Chron., III, §153, éd. L. et A. Mirot, t.13, p.209); b) 1407 cheval morfondu (Arch. Nord B 10361, fol. 44 ds IGLF); 2. a) α) 1460-66 «prendre froid» (Martial d'Auvergne, Arrêts d'amour, éd. J. Rychner, III, 52); β) 1524 adj. subst. morfondu «celui qui est transi de froid (G. Briçonnet, Correspondance, 17 mars, éd. Chr.Martineau et M. Veissière, t.2, p.137);

La formulation du wiktionnaire «  On a dit que...  [...] il faut y voir... » écarte l'hypothèse d'une étymologie basée sur le mot « mort » et dit bien que le mot est d'origine vétérinaire. Il n'est nulle part question dans l'étymologie de « dissoudre des animaux vivants » ! Répondre à la question « certains auraient-ils eu si peu de cœur que de liquéfier ou dissoudre les animaux vivants pour les tuer ? » ne serait d'ailleurs pas du ressort de French Language !


1 « Fondre » vient du latin fundere qui vient d'une racine indo-européenne exprimant l'idée d'un liquide versé abondamment et de façon continue. D'abord employé au sens de « s'effondrer, être détruit », relevé jusqu'au XVIIIe siècle, fondre prend au XIIe siècle ses princiaples valeurs modernes : il signifie en emploi transitif « répandre, verser » (1112) et en emploi intransitif « couler » (v. 1160) (Source : Dictionnaire historique de la langue française.)

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