2

Dans une mise en garde apparaissant sur l'emballage d'un produit on trouve par exemple :

MISE EN GARDE : Les adolescents sont à risque élevé des effets dangereux du cannabis. Consommer du cannabis à l’adolescence peut augmenter le risque de devenir dépendant. (source ; détails)


WARNING: Adolescents are at greater risk of harms from cannabis. Using cannabis as a teenager can increase your risk of becoming addicted. (source)

Je trouve la première phrase inusitée ; est-ce usuel pour une personne d'être à risque élevé d'un effet dangereux ; le sens être « exposé, prédisposé à un danger » est-il compatible avec l'épithète élevé qualifiant le risque, y a-t-il confusion entre l'aménagement de la locution et du nom risque ; y a-t-il ellipse (du verbe) et redondance (de l'idée de danger) à la fois ; devrait-on choisir/ajouter une autre préposition (que des), un autre verbe, remanier la phrase ou la juge-t-on parfaitement claire et usuelle et peut-on expliquer pourquoi ?

1

J'aurais d'abord été tenté de dire que cette tournure ne semblait pas naturelle et peut-être simplement calquée de l'anglais mais il se trouve qu'elle est attestée tant en France qu'au Québec comme le montre cet article qui décrit l'apparition récente de la locution à risque et son évolution :

Modèle « à risque de + complément nominal »

Le modèle « à risque de + complément nominal » est nettement dominant dans les sites consultés, particulièrement les sites français. Exemples : personnes à risque de tuberculose; produits à risque de dépendance; femmes à risque de lapidation (attention, Hérouxville!); patients à risque de cirrhose; grossesses à risque de complications; personnes à risque de grippe aviaire. Mais on en trouve aussi des occurrences sur les sites québécois et canadiens. Exemples : élèves à risque de décrochage scolaire; pays à risque d'encéphalopathie bovine; individus à risque de mésadaptation.

Robert Dubuc, 2007

  • 1
    Je crois que je m'attends au complément verbal (voire à aucun complément, à un autre adjectif en attribut) dans ce genre de phrase et contrairement à Rey je trouve que c'est parfaitement usuel et pas lourd du tout. Autrement je ne suis pas familier avec cet emploi avec le complément nominal, même s'il semble que oui pour un truc comme élèves à risque de décrochage scolaire, peut-être que c'est le élevé et un complément nominal qui rappelle un complément verbal qui me dérange, je ne sais pas exactement pourquoi, ou simplement parce que c'est récent... peut-être indiquer attesté en 2005 ? – personne Aug 2 at 23:00
1

Toutes ces formules me laissent moi aussi dubitatif. A la lecture de la liste un peu fourre-tout que fournit Jiliagre, j'aurais tendance à penser qu'il s'agit d'un anglicisme mal digéré.

L'emploi absolu de à risque est bien accepté :

  • une grossesse à risque
  • une conduite à risque

Il me semble qu'on peut dans ce cas-là compléter par un adjectif qualifiant le degré du risque (élevé, réduit, faible…)

Pour en revenir à l'exemple donné, c'est une traduction officielle, elle fait foi, tout autant que la version anglaise, j'imagine. Il faut donc l'accepter, mais je la trouve tout de même malheureuse. Le traducteur fonctionnaire qui l'a pondue aurait pu se donner un peu plus de peine. Je pense comme Suiiuriesse qu'il faudrait à tout le moins ajouter un verbe dans le complément de risque élevé :

  • Les adolescents sont à risque élevé de subir les effets dangereux du cannabis.

Mieux :

  • Les adolescents risquent plus de subir les effets dangereux du cannabis.
  • 1
    Pour une phrase qui soit vraiment naturelle je dirais plutôt « ont un risque élevé de subir ». – Stéphane Gimenez Aug 3 at 8:40
  • Je ne sais pas si on peut compléter l'emploi absolu par le degré de cette manière : une grossesse à risque élevé ?? à risque élevé de quoi ? Je dirais plutôt très risquée ou autrement comportant un risque élevé de qqch, un peu comme dans le propos de Stéphane où on n'est plus dans la locution. Par ailleurs je ne sais pas si c'est une traduction et perso. je ne trouve pas la phrase en anglais idiomatique et je trouve surprenant de rencontrer adolescents (avec le mot différent teenager la phrase d'après) et harm au pluriel, entre autres. Au Canada le bilinguisme, c'est compliqué. – personne Aug 3 at 20:21
  • L'anglais est pas terrible, "harm" au pluriel est un peu curieux, mais je trouve le français pire. Je ne sais pas comment sont rédigés les textes officiels au Canada mais il faut bien qu'à un moment donné, les versions soient alignées les unes sur les autres. Y a-t-il un service centralisé chargé de la traduction ou chaque administration gère-t-elle ces questions de façon autonome? – petitrien Aug 3 at 21:36
  • Alignés certainement. Je ne suis pas au courant de tels détails mais on sait qu'ils ont un Bureau de la traduction centralisé duquel relève Termium, par exemple... bien comme les mises en garde font l'objet d'une incorporation par référence dans un texte réglementaire relevant du ministère de la Justice ayant trait à une loi qui amende le Code criminel etc., on peut imaginer que ces mises en garde n'étaient pas le travail d'un simple fonctionnaire, mais c'est pure spéculation de ma part. – personne Aug 4 at 0:50
1

Il me semble que particulièrement sensibles aux effets dangereux... serait plus élégant. Maintenant, il est possible que ceux qui ont réfléchi à la formulation ont jugé que « sensible » n’était pas assez fort, et qu’en conséquence une expression plus forte, telle « à risque élevé », était souhaitée, parce que l’effet coup de poing, et non la modération dans le vocabulaire, est le but visé par l’avertissement. Il est aussi possible que « particulièrement » ait été jugé trop subjectif. On déclare bien qu’il y a contraste, mais avec « élevé », on trace une ligne en-decà de laquelle on ne peut descendre, peu importe le point de vue que l’on prend.

Considérant donc que ma première proposition, pour plus élégante que je la perçoive, pourrait ne pas tenir la route et être irrecevable, je proposerais :

  • Les adolescents présentent un risque élevé de subir les effets dangereux du cannabis.

On y évite, au moins, l’attribution d’un adjectif à la notion d’à risque. Si l’on devait modifier la valeur de cette expression, je verrais bien plutôt un adverbe antéposé qu’un adjectif (peu importe sa position) :

  • Les Romains du camp Petibonum sont particulièrement à risque de recevoir des baffes lorsqu’ils sont en patrouille.
  • Les géologues sont clairement plus à risque de rencontrer un ours dans le cadre de leur travail que les archivistes.

Your Answer

By clicking “Post Your Answer”, you agree to our terms of service, privacy policy and cookie policy

Not the answer you're looking for? Browse other questions tagged or ask your own question.