4

Dans du français un peu relâché voire peu soigné, est-ce que l'emploi du subjonctif manque de naturel ou a l'air guindé et affété (stilted en anglais ; j'essaye de traduire le mot grec "epitidevménos" en français, voir https://de.wiktionary.org/wiki/affektiert) ? Doit-on éviter l'emploi du subjonctif dans un tel contexte ? Par exemple

On doit partir ou mieux Faut partir au lieu de Il faut qu'on parte.

  • books.google.com/ngrams/… – LPH Aug 8 at 18:13
  • @LPH J'ai actualisé la question. Merci. – Dimitris Aug 8 at 21:58
  • Je ne comprends pas ces changements dans ces deux mots, que l'on reconnais et qui correspondent au contexte : guindé, affecté. – LPH Aug 9 at 4:01
  • Je te déconseille fortement l'emploi du mot affété qui est non seulement vieilli mais péjoratif (peut signifié efféminé). Affecté, maniéré et affété sont des quasi synonymes, maniéré est le plus courant, affecté plus rare et donc de niveau de langue plus élevé, quant à affété il est considéré comme vieilli par tous les dictionnaires. (Pour résumer brièvement la réponse que j'allais publiée au moment où tu as effacé ta question). – Laure Aug 9 at 11:45
  • 1
    Un mot sur "affété". Cet adjectif est rarissime, il s'emploie beaucoup moins que le nom "afféterie". Je reformulerais ta question en : "Français relâché et emploi du subjonctif (présent/passé). Est-ce une afféterie?" – petitrien Aug 9 at 11:46
5

L'emploi du subjonctif ne relève pas toujours du langage soutenu, il est parfois obligatoire, comme après « il faut que ». Cependant l'effet perçu peut aussi dépendre du verbe employé et de l'écart phonétique (et/ou orthographique) avec d'autres temps plus employés que le subjonctif.
La forme du subjonctif présent « parte » garde le radical de l'infinitif et à l'oreille on pourrait avoir tendance à oublier que c'est un subjonctif. Prenons un verbe régulier en -er (ce que la grammaire française appelle souvent un verbe du 1er groupe) : Il faut qu'on marche. La forme du subjonctif présent est exactement la même que celle du présent de l'indicatif, l'« effet subjonctif » n'est pas perçu de façon explicite.

Prenons maintenant un verbe comme « faire » : il faut qu'on fasse les courses. Dans ce cas le subjonctif modifie le radical et la forme du verbe est moins fréquente (phonétiquement et graphiquement) dans le langage courant ; la distance peut la faire ressentir comme plus soutenue. La distance serait encore plus grande, il me semble, si nous employions la 1re pers. du sing. : il faut que nous fassions. Plus la langue est loin de nous, moins elle nous parait familière, donc plus soutenue.

  • Langage soutenu :
    Il faut que l'on parte*.

  • Langage courant :
    Il faut qu'on parte.
    On doit partir.
    Nous devons partir.
    Il faut partir.

  • Langage familier (sujet non exprimé) :
    Faut partir.
    Faut qu'on parte.


*See those question and answers.

  • Merci. Pour le français familier : Y faut partir ? (y au lieu de pronom neutre il) – Dimitris Aug 8 at 22:00
  • 1
    La chute du /l/ est tellement courante à l'oral que je placerait (opinion personnelle!) cette prononciation au niveau du langage courant. – Circeus Aug 9 at 2:43
  • 1
    "il faut qu'on parte" n'a rien de soutenu pour moi. – petitrien Aug 9 at 5:20
  • @Dimitris Y faut partir est aussi valable pour le cas familier, ou encore Y faut qu'on parte. Le "il" est souvent mangé, pour devenir "i" – Kenichi-san Aug 9 at 6:11
  • @petitrien Tout à fait. Je rectifie. – Laure Aug 9 at 6:30

Your Answer

By clicking “Post Your Answer”, you agree to our terms of service, privacy policy and cookie policy

Not the answer you're looking for? Browse other questions tagged or ask your own question.