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Je cite Larousse.

Irritation légère causée par une déception, une blessure d'amour-propre, amertume, rancœur passagère ; désappointement

En dépit de quelque chose, malgré cela, sans en tenir compte. [Cette définition égale celle sur Wiktionnaire

et Etymonline sur despite (n., prep.)

c. 1300, despit (n.) "contemptuous challenge, defiance; act designed to insult or humiliate someone;" mid-14c., "scorn, contempt,"
from Old French despit (12c., Modern French dépit),
from Latin despectus "a looking down on, scorn, contempt," from past participle of despicere "look down on, scorn,"
from de "down" (see de-)
+ spicere/specere "to look at" (from PIE root *spek- "to observe").

The prepositional sense "notwithstanding" (early 15c.) is short for in despite of "in defiance or contempt of" (c. 1300), a loan-translation of Anglo-French en despit de "in contempt of."

  1. Quelles notions sémantiques sous-tendent « amertume, rancœur » avec « sans tenir compte de » ?

  2. « amertume, rancœur » ne contradisent-ils pas « sans tenir compte de » ? Si quelque chose dépite soi, on en tiennent compte évidemment. E.g. la consommation de viande dépite les végans, et ceux qui protestent contre elle assurément tiennent compte de la consommation de viande.

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    I find it difficult to get my head around your questions. What notions sous-tendent X with Y is not very clear. Wiktionary entries can be ok, they're usually a bit of a mess and subpar. Taking bits out of two different definitions and asking how we go from one to the other is not the way to deal with issues of etymology and change in meaning over the course of time. – user21018 Aug 14 at 7:26
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  1. Quelles notions sémantiques sous-tendent « amertume, rancœur » avec « sans tenir compte de »

Le mépris, qui est le sens original de despit en français.

Celui qui est dépité, c'est celui qui était méprisé, regardé de haut par quelqu'un d'autre (honteux). Ce sens s'est atténué au fil des siècles.

« En dépit de » signifie « sans tenir compte », c'est à dire « en méprisant », « au mépris ».

Samedi dernier, elle a décidé d'accoster à Lampedusa en Sicile, en dépit de l'interdiction des autorités italiennes.

est sensiblement équivalent à :

... au mépris de l'interdiction des autorités italiennes.


    • « dépit » n'est-il pas devenu contradictoire, en glissant sémantiquement ?

Le dépit présent dans l'expression figée en dépit de a conservé son sens. Dépit dans ses autres usages s'est éloigné mais n'est pas contradictoire.

  • Si quelque chose dépite quelqu'un, on en tiennent compte évidemment.

Cette phrase n'a pas de sens.

  • E.g. le natalisme dépite les antinatalistes, qui tiennent compte du natalisme.

Tu ne sembles pas comprendre le sens de dépiter.

  • Désolé, mais je ne pige pas encore comment * despit* s'est atténué à signifier « sans tenir compte ». J'ai remanié la question 2. – Greek - Area 51 Proposal Aug 14 at 2:55
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    Despit ne s'est pas atténué dans l'expression en dépit de car dépit y a conservé son sens de mépris. Ta question 2 est toujours incompréhensible. – jlliagre Aug 14 at 5:27
  • J'ai réécrit ma question 2. Est-elle mieux ? – Greek - Area 51 Proposal Aug 28 at 3:39
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Je crois qu'il est important de d'abord distinguer le mot dépit, pris isolément et signifiant isolément comme détaillé plus haut des locutions dans lesquelles ce mot est employé, les plus fréquentes :

  • de dépit
  • par dépit
  • en dépit de

Si les deux premières reprennent certainement le sens d'irritation ou de rancune porté par le mot seul, c'est encore à dire un affect dont seul un humain est capable, la dernière peut (aujourd'hui) s'employer relativement à toute sorte de phénomène c'est encore à dire de façon dénuée de tout affect et, de ce fait, effectivement, rigoureusement exempte de toute idée d'amertume ou de rancœur.

À la différence des deux autres, en dépit de s'est grammaticalisée pour devenir une préposition spécifiquement réservée à l'expression de la concession.

aujourd'hui car... ce ne fut pas toujours le cas.

Voltaire critique le :

"Et je m'ose assurer qu'en dépit de mon crime Mon sang leur servira d'assez pure victime"

de Corneille, en ces termes :

"On ne peut pas dire en dépit de mon crime comme on dit malgré mon crime quel qu'ait été mon crime, car un crime n'a point de dépit. On dit bien en dépit de ma haine, de mon amour parce que les passions se personnifient."

En vertu de quoi, on pourrait effectivement dire que la locution en dépit de (et elle seule) a glissé.

Mais je préfère considérer qu'au lieu de glissement sémantique proprement dit, on assiste à une réduction de sens de la locution suite à la dépersonnalisation ayant accompagné sa grammaticalisation et, par là, l'extension de son emploi à des entités inanimées.

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