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Aujourd’hui au Québec, on prononce [an] le prénom Anne, comme probablement dans la majorité de la Francophonie. Cependant, quand on parle de Sainte-Anne (la personne ou un lieu nommé d’après elle), il est habituel d’entendre [sẽtɑːn] (sintâne) voire [sẽtɑ̃ːn] (sinte-an-nn).

Y a-t-il une raison historique à ce fait de l’usage oral contemporain ? Ou est-ce la combinaison avec Sainte qui provoque le changement de la valeur de la voyelle ? Si c’est le cas, pourrait-on en fournir d’autres exemples à l’appui ?

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Je ne suis pas l'auteur de la réponse, mais ce serait lié à une ancienne prononciation de Anne, qui serait Ânne.

Il s'agit d'une vieille prononciation française que le Québec a conservée, comme beaucoup d'autres traits du français des XVIIe et XVIIIe siècles. Ce «a postérieur», comme l'appellent les linguistes parce qu'il est prononcé plus à l'arrière de la bouche que le «a antérieur» (celui de patte, par exemple), n'existait pas en latin et n'est apparu que lorsque nos ancêtres médiévaux cessèrent de prononcer certaines consonnes placées à la fin des syllabes, explique Claude Poirier, professeur de linguistique à l'Université Laval. Cela eut pour effet d'allonger la voyelle précédant la consonne abandonnée, ce qui, pour certains mots du moins, a débouché sur notre fameux «â» national.

Ainsi, le mot âne provient de l'ancien français asne, dont on prononçait le «s» et dont le «a» était à l'origine antérieur. Le même phénomène a transformé d'autres mots, comme bastard qui se changea en bâtard, haste en hâte, etc. C'est vraisemblablement par une sorte de «contagion» à partir du mot âne que le prénom Anne, qui vient de l'hébraïque Hannah, a vu sa prononciation muter, dit M. Poirier.

À leur grand dam, à peu près toutes les Anne, Marianne et Anne-Marie du Québec en ont un jour fait les frais, mais cette prononciation était autrefois la norme, et personne ne s'en formalisait. Pour tout dire, même dans les régions françaises de l'Aunis et de la Saintonge au début du XXe siècle, le mot année se prononçait encore ânnée.

Donc, avant, on disait Ânne. On a donc juste continuer de dire Ânne avec Ste-Ânne même si on s'est mit à dire Anne avec un a aigu.

Lien ici

Le texte fait référence à un article, dont voici un extrait qui donne des exemples de l'usage;

À leur grand dam, à peu près toutes les Anne, Marianne et Anne-Marie du Québec en ont un jour fait les frais, mais cette prononciation était autrefois la norme, et personne ne s'en formalisait. Pour tout dire, même dans les régions françaises de l'Aunis et de la Saintonge au début du XXe siècle, le mot année se prononçait encore ânnée.

Et qui ne se souvient pas du refrain de la vieille chanson Marianne s'en va-t-au moulin, dont les vers ne riment vraiment que si l'on prononce le prénom de l'héroïne avec un «a» postérieur :

Le loup a mangé l'âne

Ma p'tite mam'zelle Marianne

Le loup a mangé l'âne Catin

Par-derrière le moulin.

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    La chanson qui ne rime qu’avec le maintien d’une prononciation ancienne me rappelle cette autre chanson, dont deux vers ne riment pas du tout au Québec: «Écoutez les clochettes // Du joyeux temps des Fêtes». Par ailleurs, c'est vrai que Mariânne était plus répandu chez les plus vieux du temps de ma jeunesse, au point de n’être pas surprenant lorsqu’on l’entendait. – ﺪﺪﺪ Sep 10 at 14:22
  • @Montéedelait Bonne example pour cette autre chanson :) je n'y avait pas pensée et tu a raison. – yagmoth555 - GoFoundMe Monica Sep 10 at 14:54

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