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Je lis qu'un emprunt particulier est un mot de cinq syllabes, « longueur inaccoutumée pour un emprunt » (DHLF).

  • Quelle est la longueur typique (moyenne ?) d'un mot qui est un emprunt (en français) ; peut-on donner une idée du découpage selon le nombre de syllabes/sons ; est-ce uniforme à travers les époques ; le constat diffère-t-il entre les emprunts et les mots en général ?
  • Quel emprunt dispose du plus grand nombre de syllabes ?
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    Ça ferait un bon sujet de thèse de doctorat. – Laure SO - Écoute-nous Sep 23 at 8:26
  • Bien que pas emprunté, le plus grand nombre de syllabes devrait appartenir à an-ti-con-sti-tu-tio-nnel-le-ment… impossible à contracter ! – cl-r Rendez confiance à FL Sep 23 at 15:36
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    @cl-r Voir aussi ici pour d'autres curiosités qui pourraient encourager la réflexion... – un3hiv3r Sep 24 at 4:14
  • @sinopleincandescent — … en effet, mérite le détour ! – cl-r Rendez confiance à FL Sep 24 at 14:05
  • 1
    @Montéedelait > Oui c'est bien de cela dont il s'agit... A l'oral, verre et ver ont le même nombre de syllabes (1), pas à l'écrit. Mais j'avoue que même adulte, on a parfois des doutes à la maison :-) – Laurent S. Sep 24 at 15:46
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Cinq syllabes, c’est assez long même pour un mot pris au hasard dans la langue, emprunté ou non. Quand on considère le nom des choses dans son champ de vision en un moment quelconque, on se rend rapidement compte que les termes à quatre syllabes ou plus sont assez rares, et qu’on peut exprimer une grande quantité de choses en une ou deux syllabes1.

Bien sûr, il y a des termes comme indivisibilité en sept syllabes ou dérèglementation en six, mais même un mot comme plurisyllabique ne comporte finalement que cinq syllabes.

Pour peu qu’un terme le moindrement long devienne courant, la langue le coupe et le recoupe, n’en maintenant que ce qui est nécessaire à sa compréhension :

  • Cinématographe, en cinq syllabes, n’existe à peu près plus aujourd’hui. On l’a réduit d’abord à cinéma, puis éventuellement à ciné ou cinoche.
  • Réfrigérateur est devenu frigo ou (au Québec) frigidaire (marque de commerce, communément prononcée frij-dêre en deux syllabes), voire fridge, probablement sous l’influence de l’anglais.
  • Même des termes un peu plus courts, comme automobile, télévision ou photographie ont à peu près disparu ou se sont spécialisés : l’automobile est une industrie, la photographie un art. Les objets sont le plus souvent des autos ou des photos.

Quelques longs emprunts et leur potentiel au raccourcissement

Que faire d’un terme comme sérendipité ? Impossible, à première vue, de couper un mot si rare que bien des gens ne le connaissent pas du tout et ne l’ont jamais même entendu, tout en maintenant un semblant de signification qui sera compris. Quand on s’attend à ce qu’une partie d’un auditoire doive demander ou chercher la signification d’un terme, on ne le coupe pas. Ce serait d’une cuistrerie méprisable. De plus, le suffixe -ité, français même s’il mimique ici le suffixe -ity de l’anglais, est porteur d’une information que l’on serait bien malvenu d’escamoter. Il semble que ce terme doive rester tout d’un bloc, tout au moins pour le moment.

En cinq syllabes aussi, aficionado, emprunté à l’espagnol. Peut-être certains milieux coupent-ils en aficio, mais je n’en ai pas l’expérience personnelle, et il semblerait du moins selon ce nGrams que l’écrit n’ait pas encore été touché :

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1 Au hasard, au sommet d'une colline, je vois: le panorama4, des arbres1 : épinettes3, bouleaux2, peupliers3, pins1, sapins2, mélèzes2, érables2, chênes1, etc., du lichen2 forme un tapis2 de mousse1, des champignons3 poussent dans les endroits2 plus à l’ombre1 près des troncs1, dans l’humus2 créé par la putréfaction4 des feuilles1, des épines2, de l’écorce2 et du bois1 de branches1 mortes accumulées au fil1 des ans1. Je vois aussi le sentier2 qui m’a mené au sommet2, le ciel1 dans lequel passent des nuages1 ou 2 qui cachent parfois le soleil2, parfois un avion2 laisse une trace1 de vapeur2 et un hélicoptère4 (hélico3) est même brièvement apparu. Il y a des cailloux2, de la forêt2, des herbes1, du foin1. Pour cette petite expédition4, j’ai enfilé mes bottes1 de randonnée3, mon chapeau2, mes lunettes2 fumées, j’ai mis une petite collation3 dans mon sac à dosdisons 3, ainsi que mon habit2 de pluie1, car on ne sait jamais, et mes jumelles2. J’y suis allé avec un compagnon3. Nous observons un moment2 un écureuil3 qui va cacher des noisettes2. Tout en bas1, on peut voir la mer1 poussant ses embruns2 sur les côtes1, une ville1 et sa silhouette2 ou 3 de grattes-ciel2 et de clochers2, la campagne2, la plaine1 où se fait de l’agriculture4, une route1, des véhicules3, du trafic2, un embouteillage4. Nous entendons du bruit1, des sons1, des craquements2, des bruissements2, un bourdonnement3, une conversation4, des pas1, ...

On voit le patron, non ?

  • 1
    La description des lieux était bien pittoresque et c'était un moyen ingénieux de constituer un petit corpus pour l'analyse et c'est révélateur. Il est vrai qu'une partie de la réflexion est applicable à l'ensemble des mots. Peut-être mettre aficionado en gras lors d'une modif. dans le sens que c'est un élément essentiel comme je sais qu'anticonstitutionnellement est un des plus longs mots, je me dis que c'est un truc que je devrais savoir pour l'emprunt... – un3hiv3r Sep 24 at 4:20

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