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Le latin a le mot "candidus" pour désigner un "blanc lumineux". Ce mot existe aussi dans d'autres langues. "Cannaid" en gallois, etc...

Y a-t-il en français ou vieux français, ou dans un dialecte français, un mot qui désignerait cette couleur, ou c'est simplement une couleur qui n'existe pas en français?

Edit: suite à la réponse qui confond les 2 sens de "candidus":

Candidus:
1. (of light, of source of light, etc) Bright, radiant.
2. (of colour) White. The opposite of black.

Source: Oxford Latin Dictionary, Oxford at the Clarendon, 1968: Oxford Latin Dictionary,

page 264, consultable sur Google book.

Donc, Oxford, c'est comme pour Gaffiot, ce n'est pas du tout fiable, c'est ça?
Et Candidus n'est pas une couleur....

S'il n'y avait qu'Oxford et Gaffiot, mais Valbuena, Jeannot, Georges, Calonghi, de Miguel, disent la même chose. Ce mot a plusieurs sens (comme certains mots français décrivant des couleurs), et est aussi utilisé en tant que couleur.

Donc tout le monde se trompe?

Pareil pour le mot "color".

Oxford Latin dictionary:

Color.
1. Colour as a property of physical object, also, a particular color. 2. Colouring matter, pigment. 3. The colour of the skin.

Si le mot "color" ne veut pas dire "couleur", je ne sais pas ce qu'il peut vouloir dire.

I examine the frequencies of all potentially-basic color terms in the extant texts of five authors chosen to represent a spanof about six hundred years: Plautus, Cato the Elder, Cicero, Seneca, and Saint Jerome. My initial hypothesis was that niger was displacing ater as the basic Black term; a similar shift was occurring as candidus displaced albus as the default White term; (...) In Plautus, candidus and albus formed an equal percentage of total color vocabulary, and displayed only slightly divergent trends, which may reflect the use of albus for “matte white” and candidus for “shiny white.

Source: https://pdfs.semanticscholar.org/1665/f2df373ac75b6f10e9ebc4918378d0c40c38.pdf

(...)Le blanc était nommé en latin par albus (« blanc mat ») et candidus (« blanc éclatant »). Si ces termes se retrouvent dans albescent, aube, aubade, aubépine (« épine blanche »), etc. ainsi que dans candide, candeur, candidat , le terme blanc, générique exprimant la blancheur, est issu du germanique blank («brillant, clair ») et aurait été employé par les soldats germains pour qualifier l’éclat des armes ou la robe des chevaux

https://gerflint.fr/Base/Italie4/mollarddesfour.pdf
"Les mots de couleur - de A Mollard-Desfour ( linguiste, lexicographe, sémiologue au CNRS) Sa notice.

  • 5
    Candeur emploi en ancien français voir définition dans le lexique de Godefroy et exemples dans le dictionnaire de Godefroy, traduction dans Cotgrave, etc. DHLF : « Du lat. candor, blancheur éclatante [...] Le sens propre de « blancheur » « clarté » s'est effacé au 17e s. devant le sens figuré et moral de pureté ». – None Nov 18 '19 at 18:01
  • 3
    Ce commentaire répond parfaitement, et mérite d'être transformé en réponse. – Quidam Nov 18 '19 at 18:07
  • 3
    Je dirais bien si j'en crois Pline qui les décrit dans son Histoire Naturelle que ce candidus n'est pas vraiment le nom d'une couleur au sens contemporain de couleur. De couleur proprement dite pour obtenir cet effet, Pline en décrit 4 ou 5 dont la fameuse Céruse qui nous est restée sous ce nom et divers autres dont le désormais très interdit blanc de plomb. Il nous reste encore aujourd'hui le blanc de Meudon. – aCOSwt Nov 18 '19 at 22:27
  • 1
    @aCOSwt Il me semble (semble car tu es latiniste, pas moi), qu'en latin il y avait 2 mots là où nous n'en avons plus qu'un. Alba pour le blanc mat, et candida pour le blanc brillant (de même niger et alter pour le noir). De nos jours il n'y a plus qu'en graphisme qu'on oppose mat/brillant et la langue courante depuis le bas-latin n'a gardé que blancus pour la dénomination de la couleur. Céruse et blanc d'Espagne (plus courant que Meudon) que tu mentionnes réfèrent à des pigments (c.a.d substances) et pas à des nuances basées sur l'effet produit par le réfléchissement de la lumière). – None Nov 20 '19 at 8:31
  • 2
    La toga candida était la toge « blanchie à la craie » (traduction qu'on trouve fréquemment) qui effectivement distinguait à l'époque classique le « candidat » à une élection, et d'où est issu le terme de candidat. – None Nov 20 '19 at 8:56
3

NDaCOSwt: Toute la réponse à cette question repose sur le lexique qu'on décide de prendre en référence. Relativement à une langue morte, le lexique est établi à postériori sur la base d'un corpus fini. Relativement à la couleur, on distinguera trois lexiques, l'usuel (établi d'après l'étude des textes en prose), le poétique (assez... flou et incertain par nature), les lexiques techniques (le vocabulaire des peintres évidemment mais aussi celui des naturalistes et celui des... médecins!)


A1/ Pour ce qui est de l'usuel... le color latin... n'est pas une couleur!

Cette affirmation qui fera sans doute frémir le traducteur adepte des solutions de facilité est corroborée par l'étude du lexique technique de la médecine qui, parce que la couleur n'est pas leur spécialité, se servent des termes usuels pour décrire l'état des patients.

Le terme de français usuel le plus adapté à la traduction du color usuel latin est sans conteste : le teint.

Et au premier chef le teint de la peau(1) puisque le verbe dérivé colorari signifiera d'abord... : bronzer!

Attesté ainsi par de très nombreux auteurs classiques dont l'immanquable Cicéron (cum in sole ambulem, natura fit ut colorer), lequel Cicéron est probablement responsable de son premier emploi, par métaphore en rhétorique, entre beaucoup d'autres :

Urbanitate quadam quasi colorata oratio qu'on a d'ailleurs été bien avisé de traduire par : Un discours pour ainsi dire teinté d'une certaine urbanité


1 : Faut-il rappeler que le grec χρῶμα est construit sur χρῶs (la peau) et devra d'ailleurs être traduit... quand on l'aura inventé... par le français carnation
A.2/ Toujours dans l'usuel... le candidus (a,um) latin, adjectif... n'a rien non plus à voir avec le nom d'une couleur

Pour ne citer que Virgile (exemplatif des usuels) on le trouverait au sens de éblouissant / radieux / brillant / lumineux qualifiant tout autre chose que du blanc.

Il est par ailleurs toujours (à ma connaissance) employé en tant qu'adjectif. Usuellement, le nom d'une couleur est un substantif dont l'adjectif correspondant dérive.

Et puis le principe de l'usuel est bien d'être compris par tous. Et la meilleure façon de procéder en matière de couleurs est d'emprunter le substantif à un objet connu exemplatif. Ainsi le latin usuel connaît-il le (rouge-)sang, le (rouge-)feu, le (bleu-)ciel...(2) et bien évidemment le blanc... : album! (3)


2 : cum ex ipsis rebus vocabula colorum mutuatur et "igneum" aliquid dicit et "flammeum" et "sanguineum" et "croceum" et "ostrinum" et "aureum"... (Aulu-Gelle)

3 : D'ailleurs En fait de couleur blanche proprement dite, album (et dérivés) est aussi souvent employé par opposition au noir. Ainsi Caton nomme-t-il l'oliva nigra et... par opposition oliva alba l'olive que nous disons aujourd'hui verte... mais en fait juste... non noire.


B/ Le langage des poétes.

Toujours bien difficile à traduire... on peut néanmoins assurer que le poète est d'abord sensible et attaché à rendre des gradations de l'intensité lumineuse.

On peut le lire dans la citation faite en commentaires dans l'OP (4) et empruntée à un Ovide bien embarrassé pour décrire l'arc en ciel au moyen des deux seules colores : La lumière et l'ombre!
On trouverait la même chose dit autrement chez Sénèque.


4: Quid ergo istic duo colores faciunt lucis atque umbrae, cum innumerabilium ratio redenda sit ?
NDaCOSwt : Je réalise que le développement de ce sujet m'emmène très loin et possiblement OT pour FSE. Je ne l'ai entrepris que pour justifier de ma réponse lapidaire en commentaire de l'OP. Je le continuerai ou non en fonction de l'accueil.

FULL STOP donc! Suite aux commentaires, il me semble inutile de persister dans une direction osant suggérer que Cicéron, Ovide, Aulu-Gelle, Virgile, Caton, Pline, Sénèque... connaîtraient le latin très mieux que Gaffiot!

  • Comments are not for extended discussion; this conversation has been moved to chat. – Evpok Nov 24 '19 at 14:27
-1

Je pense que j'ai trouvé quelque chose qui s'en rapproche.

Comme le disait très justement Laure, dans les commentaires, il est marquant de voir que le latin avait 2 adjectifs de couleur, et que le français n'en a retenu qu'un.

Ceci s'explique sans doute par le fait qu'en français on utilise une périphrase poétique:

d'un blanc virginal, d'un blanc immaculé...

Ce type de blanc n'est pas spécialement lumineux, mais d'un blanc de neige/d'un blanc de neige, l'est.

C'est là que j'ai trouvé un adjectif, qui peut être à la fois un adjectif qui désigne l'aspect, mais peut aussi être utilisé comme adjectif de couleur, comme par exemple "brun".

C'est nivéen.

Nivéen (adj. rare) : Qui ressemble à la neige. Ou est blanc comme neige.

Je me demande si dans certaines régions il ne devient pas "nivéal".

Il y avait aussi "candeur", dans son acceptation ancienne, très justement trouvé par Laure, mais je crois qu'il évoque plutôt un blanc pur que lumineux.

  • Peut-être que la dernière phrase pourrait être complété par « malgré ce que disent Godefroy blancheur : clarté et Cotgrave A bright or shining whiteness. – None Nov 23 '19 at 7:15
  • 1
    Nivéal(du latin neige) ne s'applique pas spécifiquement à la couleur mais désigne tout rapport avec la neige. On peut l'associer à un adj. de couleur (blancheur nivéale) mais seul ce n'est pas un nom de couleur. Nivéen, lui peut s'employer comme adjectif de couleur mais comme il n'est apparu qu'au 19e s. il était, comme nivéal, inconnu en vieux français, aucun des deux n'a un emploi spécifiquement régional. – None Nov 23 '19 at 7:16
  • C'est exactement que j'ai mis dans ma réponse (relisez). Je n'ai pas non plus dit que c'était un nom de couleur, mais la définition "blanc comme la neige" s'en rapproche. Si vous avez mieux, allez-y. C'est le mieux que j'ai pu trouver pour l'instant. Si j'ai posé cette question ici, c'est que la réponse est plutôt dure à trouver. – Quidam Nov 23 '19 at 12:28
  • Rien n'empêche, d'après cette définition d'utiliser "nivéen" comme une couleur (avec un nom, pas seul, donc la définition n'est pas parfaite, mais dans certains contextes, c'est équivalent), une écharpe nivéenne, toujours d'après cette définition, peut très bien désigner une écharpe blanche comme la neige. Comme ici on sait que ce ne sera pas en rapport avec la texture de la neige, c'est la seule acceptation possible. Donc, ça le fait très bien dans ce contexte, en attendant de trouver mieux, si vous avez. – Quidam Nov 23 '19 at 12:32
  • D'ailleurs, c'est pareil pour certains adjectifs (souvent ceux décrivant une texture) qui ne sont pas primairement des noms de couleurs, mais peuvent être utilisés comme tels, ils décrivent soit une texture, soit une couleur, suivant le contexte. Par exemple caséeux. Ayant fait des sciences je peux vous assurer qu'il s'agit à la fois, suivant le contexte, d'une texture ou d'une couleur (ou plutôt d'une fourchette de couleurs, comme on dirait les rouges), certaines couleurs ne sont pas toujours déterminées comme rougeâtre, etc... – Quidam Nov 23 '19 at 12:41

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