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Moustiquaire était d'abord un nom masculin (1768), puis un nom féminin (1798-1799) ; « Le féminin ne semble assuré qu'à la fin du 18e siècle » (TLFi).

Comment s'explique ce changement et dans quel contexte linguistique s'inscrit-il ; s'agit-il d'une normalisation de l'usage ou d'une prescription au lexique voire les deux : peut-on préciser ?

  • Je ne l'ai jamais entendu qu'au masculin en Belgique, cette question m'a appris que ce n'était pas le cas partout – Eau qui dort Mar 9 at 22:48
  • @Eauquidort Même chose pour moi. En plus la BDL classe comme indûment employé au masculin. Wiktionnaire dit Canada/Belgique. Une question pourrait suivre là-dessus.Comment on fait pour savoir que c'est un régionalisme. Je ne l'ai jamais entendu au féminin de ma vie. – user19187 Mar 9 at 22:53
  • @enfernette Home Depot ne semble pas pouvoir se décider ... le titre et le texte de l'article emploie le masculin tandis que la vidéo, si tu la joues, a pour titre « Comment remplacer une moustiquaire » ! – Luke Sawczak Mar 10 at 10:55
  • @LukeSawczak Ouais bien ils commencent leur 2e para. par La plupart des moustiquaire. Note aussi la mention légale au bas Utilisation de ce site est soumise à. J'ai l'impression que plusieurs interventions ont été faites, incluant par un robot ou une personne qui ne parle pas français. Mais ils essayent. Dans ce contexe je rangerais peut-être leur emploi des deux genres comme du SEO afin d'attraper des requêtes basées sur des cooccurences précises avec l'un ou l'autre des genres. Enfin on peut choisir le genre avec porte/fenêtre-moustiquaire mais pour l'assemblage, peut-être treillis ? – user19187 Mar 13 at 18:23
  • @enfernette Les deux genres comme stratégies du SEO — c'est un coup de génie :) Mais réflexion faite, tu as raison : la grammaire du site n'est pas du tout fiable ... – Luke Sawczak Mar 13 at 18:42
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Vu le caractère quasi contemporain des premières attestations, on peut émettre l'hypothèse que le genre du mot n'était pas bien fixé et que le masculin et le féminin ont pu être utilisés concomitamment, le féminin l'emportant dans certaines variétés de français sur le masculin, sans qu'on puisse à proprement parler de remplacement.

Moustiquaire est dans la deuxième moitié du 18ème un néologisme rapporté des colonies. L'exemple du TLFi (Valm. 1768) est tiré du Dictionnaire raisonné universel d'histoire naturelle de Valmont de Bonare, naturaliste et voyageur français du temps. Pour le citer :

  • Mais on a une autre ressource pour la nuit, ce sont des rideaux ou un pavillon de mousseline très-claire, même de la gaze, dont le lit est environné (c'est ce qu'on nomme un mosquiller ou un moustiquaire) : on ferme par ce moyen toute entrée aux mosquilles, sans intercepter la fraîcheur de l'air.

Mais il existe par ailleurs d'autres formes à l'époque. Wartburg les donne dans son article mŭsca du FEW : moustiquière f. (1788), moustiquier m. (1829), mosquillier (1768). A quoi s'ajoute la cousinière (1723), de même sens mais formée sur cousin (cŭlex), ancien nom du moustique qui l'a à peu près supplanté, ce d'autant plus facilement qu'il évite l'homophonie avec cousin (consobrīnus).

C'est peut-être une fausse analogie induite par la ressemblance sur le plan phonique de la finale en /ɛr/ qui a fait passer moustiquaire du masculin au féminin.

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