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En français, le mot "huit", lorsqu'il est employé seul, est normalement prononcé [ɥit].

Cependant, j'ai remarqué que dans certaines régions (personnellement, j'ai remarqué ça en région parisienne), les locuteurs ajoutaient parfois le son [l] au début du mot. On obtient alors [lɥit].

J'ai trouvé très peu d'informations sur cette prononciation. Voici un exemple (celui qui m'a fait poser cette question). À 55min45, la commentatrice prononce clairement le chiffre 8 de cette façon. Je reste preneur d'éventuels extraits à ajouter dans ce post, car cette rediffusion d'un match de tennis ne sera peut-être pas disponible de façon permanente.

Ma question est la suivante : comment et pourquoi est-on arrivé à cette prononciation dans certaines régions (et chez certains individus en particulier) ? Y a-t-il une ancienne structure de laquelle pourrait dériver cette construction ?

  • Est-ce qu'ils disent aussi l'un et l'onze ? – jlliagre Oct 9 at 14:49
  • Pas que je sache. A priori, ce serait plutôt dérivé du son [ɥi] plutôt que des nombres en eux-mêmes. Je précise quand même que j'ai entendu cette prononciation venant de personnes que je ne connais pas énormément, donc il m'est difficile d'analyser leur façon de parler. – Reyedy Oct 9 at 14:50
  • 4
    Je n'ai jamais entendu ce régionalisme par contre huit fait partie des mots en 'ui' qui sont prononcés différemment dans certains régions, notamment en Belgique francophone ([wit] en l'occurence). – vc 74 Oct 9 at 15:08
  • lived 10 years in Paris, never heard it, honest. On the other hand, like the comment above me, I can vouch that in my native country (Lebanon) it's pronounced [wit]. – rahmu Oct 9 at 16:26
  • 1
    J'ai ajouté un exemple dans ma question. Ce n'était pas la première fois que j'entendais cette prononciation, mais c'est à ce moment-là que j'ai eu l'idée de poser cette question. – Reyedy Oct 10 at 10:44
1

Le projet PFC (Phonologie du Français Contemporain) recense les parlers francophones des différentes régions. Bien que le site web soit très orienté vers la documentation des faits de liaison et de prononciation des schwas, il permet de chercher les occurrences de 8 et d'écouter leurs prononciations.

Je ne crois pas que [lɥit] fasse partie des données collectées.

Par ailleurs, dans l'exemple du match de tennis, la présence du [l] n'est pas particulièrement claire. On pourrait aussi transcrire :

  • plus de huit coups => plydəʔɥiku
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  • Je ne suis pas d'accord avec l'interprétation selon laquelle on distinguerait le son [ʔ]. Pour moi, il est clair qu'on n'entend pas de coup de glotte dans cet exemple. D'ailleurs, si c'était le cas, je pense que la prononciation serait bien moins fluide que ce qu'on entend de la part de la commentatrice. – Reyedy Oct 14 at 8:58
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Il semblerait que cet usage soit très restreint étant donné que dans la recherche suivante, qui est très avancée, toutes les variantes principales ont été enregistrées. On peut voir par exemple qu'en Normandie seule, quatre variantes ont été reconnues. Comment se ferait-il que la variante en question ([lɥit]) dans la région parisienne aurait échappé aux investigations ? C'est très vraisemblablement qu'elle n'est partagée que par un infime nombre de locuteurs.

Sound Comparisons

Addition subséquente à la fourniture du seul échantillon disponible

Après une écoute du nouvel échantillon je tends à croire que cette personne a été cherché une nouvelle forme, encore inexistante. Si l'on examine les mots de cette commentatrice on s'aperçoit qu'elle dit exactement ceci.

On est tout de même partis sur euh… une moyenne d'échange à la…plus de l'huit coups

Le fait que la préposition « à » précède le son « la » et que après « plus » on trouve « l' » tend fortement à laisser penser qu'il s'agit de l'article « la » pour le son « la » et de l'article « le » pour le « l' », article dont le « e » a été élidé selon la prononciation coutumière des parisiens. Le fait que la commentatrice s'engage sur la forme « à la » est très probablement le résultat d'une impression qu'une expression toute faite existerait pour qualifier un échange de huit coups ou qu'une construction standard peut se faire en commençant ainsi (« à la ») avant de s'apercevoir qu'elle a fait fausse route, d'où l'hésitation et un essai de rattrapage avec « plus de » en espérant encore qu'un terme qui convienne syntaxiquement lui vienne à l'esprit mais cela n'arrive pas assez vite et elle se sort d'embarras en énonçant l'essentiel, c'est à dire « le huit coups », « le » étant une tentative de minimiser le manque de correction de sa formulation, peut-être parce que « coup » est masculin, mais cette dernière supposition est moins sure.

Les formes trouvées dans ce lapsus se retrouvent dans des termes possibles afférents au contexte (au moins du huit coups à tous les échange… un échange à huit coup), termes qui n'ont pas à être utilisés dans les milieux du tennis mais dont le modèle a un impact certain sur le locuteur du fait de sa générale application dans le langage.

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  • Ça ne répond pas à la question. Ce ne devrait être au mieux qu'un commentaire. – jlliagre Oct 9 at 16:19
  • @jlliagre Ça répond à la question en cela qu'un usage qui est très restreint ne laisse pas de traces et que les linguistes n'ayant pas le temps de s'intéresser à un usage local qui ne dépasse pas le nombre de quelques centaines, il n'y a aucune chance d'obtenir des informations. On voit dans cette source très minutieuse que de menues différences ont été enregistrées en Normandie; ce ne peut être que parce qu'elles représentaient chacune une assez grande population. Si ce l n'est pas reconnu à Paris il ne peut pas avoir une bien grande représentation. – LPH Oct 9 at 17:04
  • Je ne pense pas que tu as autorité pour décider de ce qui peut intéresser ou non un linguiste. D'autre part, contrairement à ce que tu écris, le site dont tu fournis un lien n'a pas grand chose à voir avec la question posée. Ce qu'il présente, ce ne sont pas des prononciations du français avec des accents régionaux mais, en dehors de Paris, des prononciations de mots traduits en quelques dialectes ou langues régionales. Il ne mentionne par exemple même pas le wit belge qui est pourtant la variante de prononciation du mot huit la plus connue. – jlliagre Oct 10 at 23:35
  • Le seul accent régional français représenté est celui de Perpignan. – jlliagre Oct 10 at 23:47
  • @jlliagre Je ne prétend pas du tout avoir autorité pour décider de ce qui peut intéresser un linguiste; j'avance seulement comme une raison très plausible qu'étant donné le nombre important des contextes linguistiques à étudier un linguiste choisira plutôt ceux qui ont le plus de substance. Par exemple, j'ai entendu dans la région Bordelaise quelques personnes de très peu d'éducation qui plus ou moins régulièrement prononçaient "putain" comme "puteille"; ces gens-là étaient une exception. J'estime qu'il y a peu de chance qu'un linguiste fasse des recherches approfondies sur quelque (1/2) – LPH Oct 11 at 8:07

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