1

Bonjour,

Axel pose une question à Jean qui n'a pas une bonne réputation. May pense :

Un drôle de choix de poser cette question à Jean. (*)

Sur Internet, je trouve beaucoup d'exemples contenant un drôle de choix de + nom, mais j'ai trouvé un seul exemple avec un drôle de choix de + infinitif.

Pourriez-vous me dire si ma phrase (*) est correcte ?

2
  • Toujours des questions subtiles que les vôtres… – LPH Jan 27 at 10:49
  • @LPH Parce que sinon je connais la réponse moi-même :) – Oreste Jan 27 at 17:53
5

Poser cette question à Jean ((c')est) un drôle de choix.

Avec un attribut (ici un drôle de choix), on peut avoir le sujet (poser cette question à Jean) à la fin et quand le sujet est un infinitif (poser...), il est introduit par de, que de (littéraire), ou que (imitation des classiques) (Le bon usage, Grevisse et Goosse, 14e, éd. Duculot, §911b, incluant les exemples suivants) :

C'est beau d'être la puce d'un lion (Hugo)
Ce n'est pas grand'chose que d'aimer un être (Camus)
Est-ce diminuer une chose qu'en montrer les difficultés ? (Tharaud)

La phrase est correcte à mon avis.

2

Il y aurait peut-être une tendance moderne à continuer à utiliser « de » lorsque le groupe nominal comprend une modification.

  • le choix de fumer avant le déjeuner/le choix de ne pas voter/le choix d'écrire de gauche à droite/le choix de parler lentement/… (pas de problème lorsqu'il n'y a pas de modification)

Dès que l'on utilise une modification on crée une incertitude.

  • la médiocre décision de faire le partage

On ne comprend pas très bien si « médiocre » modifie « décision », c'est à dire si faire le partage n'a rien de médiocre mais que la décision, de la façon dont elle a été prise est médiocre, ou, si au contraire, c'est la décision de faire le partage qui est médiocre, et alors dans ce cas l'idée d'un partage est elle-même médiocre. Pour éviter de susciter à l'esprit cette logique ambigüe la pratique souvent relevée dans la langue soutenue consiste à utiliser les locutions « que celui de » (masculin), « que celle de » (féminin), etc.

Apparemment cela n'est pas traité dans LBU, mais on y trouve l'exemple suivant.

LBU § 405 a) Grand délice QUE celui de noyer son regard dans l'immensité du ciel et de la mer ! (BAUDEL., Pet. poèmes en pr., Confiteor de l'artiste.)

Donc, dans une langue plus châtiée on écrirait cette forme comme ci-dessous.

  • Drôle de choix que celui de poser cette question à Jean !
5
  • @Thélée_Lavoie modification par un adjectif ; le texte de la question est une quasi-exclamation ; « langue châtié » est du vocabulaire bien connu qui correspond à langage soutenu ; « broder », c'est autre chose, revoyez vos définitions. « Le choix de fumer » ou « le choix d'hululer avec les chouettes la nuit », qu'importe ? Ce sont des exemples qui insistent sur la parfaite correction de la forme lorsqu'il n'y a pas d'adjectif (ça encore, c'est évident). – LPH Jan 27 at 16:27
  • @Thélée_Lavoie Donc on ne dirait pas « Drôle de choix que celui de poser cette question à Jean ! » ? Ni « Grand délice QUE celui de noyer son regard » ? – LPH Jan 27 at 16:33
  • @Thélée_Lavoie Ça dit bien la même chose mais exprimée avec « de » il y a quelque chose qui n'est pas « bien », et la preuve c'est que les écrivains dans le passé ont ajouté, et cela de façon assez consistante, les mots « que celui », « que celle », etc. Pourquoi auraient-ils compliqué ainsi cette construction si ce n'avait été pour l'améliorer ? Personnellement je trouve que l'effet incertain que la lecture produit sur moi-même est dû à cette impression d'ambigüité. – LPH Jan 27 at 16:42
  • @Thélée_Lavoie Si LBU avait toutes les réponses croyez-vous que l'on parlerait de grammaire sur le présent site ? – LPH Jan 27 at 16:46
  • Let us continue this discussion in chat. – Thélée_Lavoie Jan 27 at 17:09

Your Answer

By clicking “Post Your Answer”, you agree to our terms of service, privacy policy and cookie policy

Not the answer you're looking for? Browse other questions tagged or ask your own question.