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L'autre jour j'ai utilisé le mot mœurs en prononçant \mœʁ\. Je n'ai pas été compris et j'ai dû épeler le mot. On m'a dit que la prononciation correcte est \mœʁs\. Le lemme du mot dans wiktionnaire confirme cette affirmation :

Il est devenu courant de prononcer le s à la fin du mot « mœurs » : \mœʁs\.

Y a-t-il une explication pour cette évolution ?

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Le S final de certains mots a pu se faire entendre, disparaître puis réapparaître au fil des siècles.

Il ne faut pas forcément chercher une explication rationnelle. Quand un mot est peu fréquent à l'oral, sa graphie peut parfois influencer la prononciation (ex.: gageure). On prononce d'abord les mots comme on a l'habitude de les entendre donc si quelqu'un se met à prononcer un mot d'une façon particulière, sa prononciation peut faire tache d'huile et se répandre largement.

Pancréas, mœurs, détritus, rébus, anis, moins ont des prononciations variables suivant les individus et les régions.

On peut aussi noter les différences et quelquefois les incertitudes dans la prononciation de toponymes comme Paris, Reims, Amiens, Cassis, Gers, Anvers...

Des mots comme ours voire même Mars ont été prononcés /ur/ et /maʁ/ dans le passé alors que le S est toujours prononcé aujourd'hui.

La difficulté à se faire comprendre sur un mot peut aussi tenir au contexte d'utilisation dudit mot. Mœurs est souvent employé dans des expressions figées ou quasiment figées (Police des mœurs, brigade des mœurs, une affaire de mœurs, des mœurs dissolues, les bonnes mœurs, les mœurs et coutumes, autre temps, autre mœurs, etc.) donc si ta phrase ne suivait pas un modèle courant, ça a pu avoir une influence sur ce qui t'est arrivé.

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    Marc est un autre exemple de lettre finale prononcée ou pas selon l'individu. (... et vivement l'introduction du G cédille pour gag¸ure :~) ) – Pas un clue Jun 11 at 12:18
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    @Pasunclue Oui. Même quand on prononce le C de Marc, on omet généralement de le faire dans Place Saint-Marc. – jlliagre Jun 11 at 12:23
  • Je pensais à celui de café, qui permettrait selon certains d'entrevoir l'avenir :) Pour le prénom, tu m'apprends à l'instant qu'il n'est pas toujours prononcé... – Pas un clue Jun 11 at 12:24
  • @Pasunclue Saint-Marc (la place ou la lessive) permettent peut-être de lire l'avenir ;-) – jlliagre Jun 11 at 12:26
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    C'est noté, merci. Pour le saint, un village près de chez-moi s'appelle Saint-Marc et tous en prononcent le C. Il semble donc que ce soit un autre exemple de flottement dans l'usage... Pour Sainte-Anne par contre, nous avons ici aussi un contraste avec le prénom. – Pas un clue Jun 11 at 13:08
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Voici ce qui est lisible dans le TLFi à la partie « prononciation » du mot « mœurs ».

[moe(:)ʀ(s)]. Martinet-Walter 1973 [moe:ʀ]; [moeʀs] (7/11). Les dict. ont, de Fér. 1768 à Besch. 1845, [moeʀs]; dep. Littré, les deux formes, avec des modalités diverses. Littré préconise l'anc. prononc., [moe:ʀ]: ,,[moeʀs] n'est pas une bonne prononciation. Nyrop Phonét. 1951, §254, 7: [moe:ʀ] est ,,recherché. DG, Barbeau-Rodhe 1930, Lar. Lang. fr.: [moe:ʀ] est ,,vieilli. Pt Rob. ,,[moe:ʀ], souv. [moeʀs], fam. Lexis 1975 ,,[moeʀs] ou, plus souvent, [moe:ʀ]``. Fouché Prononc. 1959, p.478, Dupré 1972, pris ensemble, suggèrent la répartition suiv.: un homme de moeurs lâches [moe:ʀ]; moeurs irréprochables [moeʀz] ou [moeʀs]; affaire de moeurs [moeʀs]. Att. ds Ac. dep. 1694.

Cela explique la difficulté de compréhension; on se heurte à un usage diversifié, difficile à suivre, que l'on peut même qualifier de mal établi. Je suis cependant entièrement d'accord avec l'OQLF.

Les prononciations [mœʀ] (meur), comme dans heure, et [mœʀs] (meurs), en prononçant le s final, sont attestées depuis quelques siècles. On a longtemps privilégié la prononciation [mœʀ] (meur) mais aujourd’hui la prononciation [mœʀs] (meurs) est plus fréquente.

Une explication serait que dans une conversation, « [mœʀ] » semble plus difficile à identifier à l'oreille que « [mœʀs] » ; cela et l'incertitude qui règne sur l'acception particulière que l'on attache aux deux prononciations a conduit vers une simplification dans le sens de s'en tenir à une forme qui cause le moins de problèmes. La référence qui se trouve ci-dessous contribue à une justification de ce point de vue.

(projet Voltaire)
MŒURS La tentation : faire entendre le « s » final et prononcer [meurss]. La bonne prononciation : l’usage traditionnel (pour ne pas dire vieilli) rend le « s » muet, mais dans le langage courant, il se prononce, et permet d’éviter la confusion avec le verbe mourir (meurt). Vous avez donc le choix.

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