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I came across this sentence:

Alors j'ai senti que j'étais vide, que mon énergie était de la gueule et qu'au fond de moi-même il n'y avait rien (...).

Céline, Casse-pipe (« Carnet du cuirassier Destouches ») (Gallimard, 1970) p. 112.

What does "être de la gueule" mean in this case? I looked it up in the dictionary, but the definition of "avoir de la gueule" as "avoir quelque chose qui retient l'attention; être bien fait; avoir du chic" didn't quite seem to fit the context of the sentence previously quoted. Well, you got any idea?

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The underlying expression are [être [que] de la]/[avoir que d'la] la gueule, literally "To be loudmouth / to have only loudmouth". Another link for que de la gueule here.

The meaning is:

[The act of] someone who speak and brag a lot but who chicken out when confronted to reality, i.e. someone who have "no balls."

In the quoted text, the meaning is something like my energy was phony.

This is very different to the expression avoir de la gueule which is positive and states something (and more rarely someone) is strong, nice, impressive.

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Cela veut dire que son énergie était une apparence sans réalité, une impression fausse d'avoir de l'énergie qu'il/elle croyait se trouver, mais qui était le résultat du fait qu'il/elle se leurrait à le croire ou bien le résultat de faux-semblant plus ou moins inconscient ; le fait que cela est soudainement ressenti semble signifier que l'affectation ne serait pas entièrement calculée et consciente.

Ne pas oublier qu' « avoir de la gueule » en parlant d'une personne, en français grossier, signifie aussi avoir une attitude dans laquelle on reconnait de la force, de l'allant, de l'autorité, mais tout cela montré d'une façon plutôt criarde, caractéristique de manières et de sentiments peu raffinés.

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  • Avoir de la gueule n'est pas du français grossier mais du français familier. C'est rarement employé pour une personne mais quand ça l'est, le sens n'est pas vraiment ce que tu décris, c'est rarement péjoratif. Pour que ce le soit, il faut ajouter que.
    – jlliagre
    Jun 16 at 8:58
  • @jlliagre Non, « que » n'est pas nécessaire ; Voilà ce qu'on peut entendre : « T'as trop de gueule ! C'est pour ça qui t'aime pas. », « C'ui-là, il a de la gueule et c'est pour ça qu'on l'écoute. », « Y t'as une de ces gueule ! Y'a'q lui qui connait. ». De plus, je n'ai jamais entendu cet argot dans la bouche de personnes éduquées. Plus généralement, ce n'est pas un hazard si on trouve le mot « amuse-gueule » dans le TLFi et pas du tout le mot « amuse-bouche », que depuis 2000 certains Français ont trouvé un bien meilleur terme et utilisent de plus en plus à la place ; (1/3)
    – LPH
    Jun 16 at 12:30
  • @jlliagre du terme à consonnances argotiques ; la raison est évidente, le mot « gueule » dans ces contextes pu l'argot, et en bon français le terme « gueule » est utilisé essentiellement pour désigner la bouche des animaux carnassiers, des reptiles, des poissons et batraciens. Cela montre bien que ces combinaisons donnent une impression de grossièreté. books.google.com/ngrams/… (2/3)
    – LPH
    Jun 16 at 12:31
  • @jlliagre books.google.com/ngrams/… (3/3)
    – LPH
    Jun 16 at 12:31
  • 2
    1: Est-ce que tu penses que les personnes éduquées ne disent jamais de grossièretés ? 2: Est-ce que tu te rends compte que dire que quelqu'un n'est pas éduqué parce qu'il dit avoir de la gueule peut être mal perçu par ledit quelqu'un ?
    – jlliagre
    Jun 16 at 13:35
1

Que de fois je suis remonté du pansage et tout seul sur mon lit, pris d’un immense désespoir, j’ai malgré mes dix-sept ans pleuré comme une première communiante. Alors j’ai senti que j’étais vide, que mon énergie était de la gueule et qu’au fond de moi-même il n’y avait rien, que je n’étais pas un homme - je m’étais trop longtemps cru tel, peut-être beaucoup comme moi avant l’âge, peut-être beaucoup le croient encore quoique plus vieux, et en de mêmes circonstances sentiraient aussi leurs cœurs partir à la dérive comme une bouteille à la mer, ballotté par la vague les injures et la croyance que cela ne finira jamais - alors là vraiment j’ai souffert aussi bien du mal présent que de mon infériorité virile et de la constater. J’ai senti que les grands discours que je tenais un mois plus tôt sur l’énergie juvénile n’étaient que fanfaronnade et qu’au pied du mur je n’étais qu’un malheureux transplanté ayant perdu la moitié de ses facultés et ne se servant de celles qui restent que pour constater le néant de cette énergie. (…) Au fond de moi-même je cache un fond d’orgueil qui me fait peur à moi-même, je veux dominer non par un pouvoir factice comme l’ascendance militaire mais je veux plus tard ou le plus tôt possible être un homme complet, le serai-je jamais, aurai-je la fortune nécessaire pour avoir cette facilité d’agir qui vous permet de vous éduquer.

[ Céline, Casse-pipe (« Carnet du cuirassier Destouches ») (Gallimard, 1970) à la page 112, je souligne. ]


Du sens de « bouche humaine » de gueule vient un sens extensif, populaire, pour « visage, figure » au 16-17e s. avec des emplois non péjoratifs comme belle gueule etc. ; début 20e on a l'extension « forme, aspect (d'un objet) », comme dans avoir de la gueule1, « de l'allure » (Dictionnaire historique de la langue française, sup. A. Rey, Robert). Ailleurs on a présenté d'autres emplois familiers ; on se souvient par exemple de fine gueule2, pour le gourmet.

En ajoutant le contexte et l'emploi de fanfaronnade plus loin dans le texte, je lis ça comme « de la frime » ou quelque chose de superficiel, une apparence extérieure, le « visage » voire la « bonne figure » d'une chose/personne, surtout quand c'est opposé à son « fond ».

Mais à mon avis il n'y aurait ni locution ni d'ellipse de la particule ne ou de que, mais simplement un sens étendu et familier du mot gueule, ce qui s'analyserait comme un attribut de l'énergie, voire son origine ou type. En effet, je peux percevoir aussi la formulation comme créant l'origine (en provenance de... la gueule, par opposition au... ventre ?). J'ai aussi trouvé dans une traduction et ce n'est pas du tout déterminant mais ça influence certainement ma réflexion « [...] that what I took for energy was only my big mouth [...] » même si Céline n'avait pas employé le possessif.


1 De registre familier (Robert en ligne, Larousse en ligne, L'OBS), ou populaire Wiktionnaire ; Ac.9 non marqué pour des objets parmi des emplois qui le sont ; voir aussi Wordreference. Exemple : "Tandis que si vous annoncez « le général de Lèchefrite, ancien ambassadeur », ou le « marquis de la Lèchefrite, officier d'académie », ça vous a de la gueule !... Pas, Mélanie ?" (Guy de Téramond, « La Petite Maud » au Wiktionnaire).
2 Découlant essentiellement du sens de bouche pour gourmandise puis par métonymie le gourmand, à la fin du 19e (DHLF) : « Aussi fine gueule qu’Huysmans, Mirbeau considérait celui-ci comme un vieil enfant quinteux, petit-bourgeois et perdu dans son miroton et le Syllabus. » L. Daudet (au Wiktionnaire à fine gueule).

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