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Bonjour,

On peut lire dans Le pont de Londres, de Louis-Ferdinand Céline :

L'homme qui veut dormir c'est un monstre, il veut plus que du ventre et tout chaud, du bonheur d'enfant, toute la terre en tripe pour sa bouille, rentrer tout au fond tout douillet.

Je comprends que l'auteur ironise sur ce qui serait la monstruosité et la puérilité des hommes sans conflit qui peuvent dormir sans problème, mais je n'arrive pas à comprendre le passage "toute la terre en tripe pour sa bouille".

Savez-vous ce que signifie "la terre en tripe" ici ?

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Je comprends cette tripe (intestin) comme la représentation, par métonymie, d'un ventre maternel.

L'homme qui veut dormir c'est un monstre, il veut plus que du ventre et tout chaud, du bonheur d'enfant, toute la terre en tripe pour sa bouille, rentrer tout au fond tout douillet.

  1. L'homme qui veut dormir est un monstre → Le sommeil fait perdre toute humanité à l'homme ;
  2. L'homme qui veut dormir veut plus que du ventre → Il veut encore plus que retourner à la vie prénatale ;
  3. L'homme qui veut dormir, tout chaud, veut du bonheur d'enfant → Il veut retrouver le bonheur du bébé ;
  4. L'homme qui veut dormir veut toute la terre en tripe pour sa bouille → Il veut le monde entier, transformé en ventre, en utérus, rien que pour lui ;
  5. L'homme qui veut dormir veut rentrer tout au fond, tout douillet → Il veut se retrouver au cœur ce monde devenu exclusivement sien, dans la douceur de la situation fœtale.
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Une possibilité est que c'est une métaphore qui compare la terre aux tripes, donc aux intestins humains. Ayant comme fonction l'absorption des nutriments, on verrait ici la terre, ou plutôt tous les humains sur la terre, comme étant un outil passif afin de le nourrir ou de lui fournir ce dont il a besoin. Sans plus de contexte, ce serait ma première interprétation.

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    La métaphore devient plausible, quand on dit que quelqu'un a de la niaque, des cou·il·les, assure face au danger, pas forcément mâle dominant, mais femme forte qui protège sa progéniture qui est sorti de ses tripes : c'est elle qui a de la/des tripes, celle·s de la transmission de la vie, de la naissance au/du monde.
    – Personne
    Oct 9, 2021 at 18:54
  • 3
    @Simon C'est loin d'être évident dans votre réponse. Seulement, donné cette précision en plus, il s'ensuit que dire « la terre en tripe » revient à comparer la terre aux tripes : le processus metaphorique n'est pas clair ; que veut dire « en tripe » ? Il n'y a pas de réponse à cette première partie de la question. Ne peut-on pas tout aussi bien comprendre « la terre dans la tripe » ? Ces explications sont toujours loin d'être claires.
    – LPH
    Oct 10, 2021 at 14:33
  • 4
    @LPH On aimerait bien lire votre interprétation !
    – user24617
    Oct 10, 2021 at 15:28
  • 3
    @MichelT Je n'en ai pas, je cherche une explication dans les réponses, après en avoir cherché une sur le net, et je n'en trouve nulle par. Je ne sais pas ce que « en tripe » signifie, pas plus que ce que « la terre en tripe » veut dire, et avec ça il reste le mystère de ce « pour sa bouille » (« bouille » signifie même « bouillote » en argot, et rime donc avec cette idée de sommeil qui a été insinuée). C'est complètement opâque d'après ce que je peut conclure.
    – LPH
    Oct 10, 2021 at 15:34
  • 3
    @LPH Que ce soit LF ou Dion ne change rien, bouille est un terme argotique signifiant visage. Il vient bien de bouillotte mais d'un bouillotte argotique qui signifie aussi visage, pas ce qu'on réchauffe. Il ne fait aucun doute que pour sa bouille signifie pour lui et donc que le sens est il veut toute la terre pour lui. Aujourd'hui, on dit plus souvent argotiquement, pour sa gueule. Tu reconnais n'avoir absolument rien compris à ce texte mais te permets d'insulter quelqu'un qui, sans références, en a beaucoup plus compris que toi ?
    – jlliagre
    Oct 10, 2021 at 19:12

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