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Bonjour,

Dans Conseil tenu par les rats :

Si bien que sans rien faire
On se quitta. J'ai maints chapitres vus,
Qui pour néant se sont ainsi tenus :
Chapitres, non de Rats, mais chapitres de moines,
Voire chapitres de chanoines.

Pourquoi La Fontaine sépare le participe passé du verbe auxiliaire dans J'ai .... vus ?

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À la question « pourquoi » on ne peut que répondre : « parce qu'il fallait faire rimer avec "tenus" ». Cette construction, qu'on peut trouver en ancien français, se rencontre encore au XVIIe siècle, ce n'est donc pas exceptionnel chez La Fontaine, par contre l’employer de nos jours produirait un effet tout autre.

Voici ce que dit Le bon usage à propos justement de ce vers de la Fontaine et cité dans les exemples relatifs à l'accord du participe passé1.

Dans la langue moderne, cette construction, où le complément d’objet direct est placé entre l’auxiliaire et le participe se rencontre encore parfois chez les poètes : Des biens, des maux, — des révolutions, — / Ont dans les cœurs sa mémoire effacée (Nerval, Odelettes, Grand’mère). — L’orgie a sa rumeur doublée / Du tintamarre des tournois (Théophile Gautier, Émaux et Camées, Le souper des armures). — Mais en prose, exceptée l'expression figée avoir toute honte bue, elle n'est aujourd'hui qu'un caprice d'archaïsme : J’ai toute ambition résignée (Duhamel, Pierre d’Horeb, p. 96).


1 10e édition, note historique, §788.

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