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Dans un texte de Schopenhauer on trouve une expression qui est pour moi inexplicable : "si bien veau". (ARTHUR SCHOPENHAUER, APHORISMES SUR LA SAGESSE DANS LA VIE)

Néanmoins, quand une affection morbide du système nerveux ou de l'appareil digestif vient prêter la main à une δυσκολια innée, alors celle-ci peut atteindre ce haut degré où un malaise permanent produit le dégoût de la vie, d'où résulte le penchant au suicide. Celui-ci peut alors être provoqué par les plus minimes contrariétés; à un degré supérieur du mal, il n'est même plus besoin de motif, la seule permanence du malaise suffit pour y déterminer. Le suicide s'accomplit alors avec une réflexion si froide et une si inflexible résolution que le malade à ce stade, placé déjà d'ordinaire sous surveillance, l'esprit constamment fixé sur cette idée, profite du premier moment où la surveillance se sera relâchée pour recourir, sans hésitation, sans lutte et sans effroi, à ce moyen de soulagement pour lui si naturel en ce moment et si bien veau.

Il est apparent que « veau » est l'adjectif (TLFi).

1. Personne paresseuse, sans énergie et souvent stupide. Un grand veau. Pourquoi fallait-il précisément ce gros veau plein de sale bière et d'alcool pour que ce miracle s'accomplît? (Sartre, Nausée, 1938, p. 221).
Empl. adj. Paresseux, nonchalant. Sur ce, bonsoir. − Dieu, que je suis veau! Je te laisse [à Flaubert] le titre de vache, que tu t'attribues dans tes jours de lassitude (Sand, Corresp., t. 5, 1867, p. 183).

Est-ce le moyen de soulagement qui serait si bien paresseux ? « Bien » ne semble pas convenir comme adverbe pour modifier « paresseux » ; cela serait-il dû à une mauvaise traduction de l'allemand « wohl » ?

2 Answers 2

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Il semble que ce soit une erreur de frappe ou de copie. En cherchant d'autres versions de ce passage, je suis tombé sur ceci :

[...] Celui-ci peut alors être provoqué par les plus minimes contrariétés ; à un degré supérieur du mal, il n’est même plus besoin de motif, la seule permanence du malaise suffit pour y déterminer. Le suicide s’accomplit alors avec une réflexion si froide et une si inflexible résolution que le malade à ce stade, placé déjà d’ordinaire sous surveillance, l’esprit constamment fixé sur cette idée, profite du premier moment où la surveillance se sera relâchée pour recourir, sans hésitation, sans lutte et sans effroi, à ce moyen de soulagement pour lui si naturel en ce moment et si bien venu.

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    Adieu veau, vaches, cochons, couvée...
    – jlliagre
    Feb 14, 2023 at 17:20
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cela serait-il dû à une mauvaise traduction de l'allemand « wohl » ?

Non, il s'agit d'une coquille. Schopenhauer écrit :

…jenes ihm jetzt natürliche und willkommene Erleichterungsmittel

Il faut donc lire : « et si bienvenu ».

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