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Hier, j'ai posé une question sur une tournure que j'avais trouvée dans Féerie pour une autre fois I : « quitte que je quitte ».

User @LPH gentiment a répondu que, selon lui, il s'agit d'une variation de « quitte à ce que je quitte ».

Tout de même, j'avais déjà trouvé une tournure pareille dans Journal d'un curé de campagne de Bernanos :

La malheureuse passait ses nuits à quatre pattes entre son seau et sa wassingue - arrose que j'arrose - tellement que la mousse commençait de grimper le long des colonnes, l'herbe poussait dans les joints des dalles.

Donc, il s'agit d'une construction classique pour indiquer l'impératif ? Pourriez-vous m'expliquer cette syntaxe dans « arrose que j'arrose » ?

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    Dans "arrose que j'arrose", le verbe arrose est utilisé 2 fois, comme dans vaille qui vaille ou coute que coute. Par contre, dans quitte à ce que je quitte, le premier quitte à veut dirre "au risque de" différent du sens du verbe quitter .
    – Graffito
    Commented Apr 4, 2023 at 12:20
  • @Graffito Merci beaucoup !
    – ovide
    Commented Apr 4, 2023 at 12:25

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Dans "arrose que j'arrose" le sens est différent, et il n'est pas question d'assimiler cette tournure à "arrose à ce que j'arrose", qui ne signifie rien. Voilà ce que LBU explique à propos de la personne du verbe.

(LBU 14e édition, § 655 1°)

Au singulier, la première personne désigne le locuteur ou le scripteur, celui qui parle ou qui écrit.
• JE suis socialiste, mais, en tant que président de la République, j'ai à respecter ceux qui ne le sont pas (Fr. MITTERRAND, déclaration citée dans le Monde, 28 juin 1985). — JE n'écrirai pas de poème d'acquiescement (CHAR, Feuillets d'Hypnos, 114).

Dans la littérature romanesque, la 1re personne ne doit pas nécessairement être assimilée à l'auteur du récit : la fiction peut aussi concerner cet aspect.
Par l'effet d'une syntaxe affective, la première personne est parfois substituée à la 2e et même à la 3e (dans ce cas, cela peut concerner des choses, rendues ainsi plus présentes, plus actives).

Une mère, par ex., dira à son enfant : Est-ce que j'aime toujours les bonbons ? (Le ton indiquant que le je est ici un tu.) • La malheureuse passait ses nuits à quatre pattes entre son seau et sa wassingue [= serpillière] - arrose que J'arrose - tellement que la mousse commençait de grimper le long des colonnes (BERNANOS, Journal d'un curé de camp., Pl., p. 1038).
• Il pleuvait dessus à grands flots... [...] Et que JE te pleus des pleines cascades... (CÉLINE, Mort à crédit, F°, p. 605.)

Autrement, il n'y a pas de syntaxe particulière dont se soucier : c'est une construction figée. Le sens est dans ce contexte « elle n'arrêtait pas d'arroser », « elle arrosait tant et plus ».

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