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J'écoutais une vidéo sur YouTube où j'ai entendu l'expression "porter sur des moyens pour…"

Pour le contexte, voici toute la phrase:

Ces violences sont illégitimes par essence et ne sont pas la conséquence d'une revendication politique ou sociale qui porterait sur des moyens pour les banlieues.

Bien que je l'ai cherchée en ligne, je ne trouve rien sur cette expression. Quelqu'un peut-il me l'expliquer ?

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Cela signifie que la revendication serait à propos de moyens pour les banlieues. Les moyens en question sont un peu vagues. On peut imaginer des fonds (de l'argent) pour améliorer l'environnement et les services dans ces banlieues.

Des moyens ici sont des moyens pour accomplir quelque chose, et pourraient être des investissements, mais aussi du personnel, ou toute autre ressource nécessaire dans l'accomplissement d'un but.

Quant à l'expression "porter sur", elle signifie bien ici "être à propos de/au sujet de". On trouve également parfois se rapporter à avec le même sens.

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  • @jiliagre - Merci pour les corrections! :-)
    – Frank
    Jul 15, 2023 at 6:46
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C'est une construction typique du jargon politique: personne ne parle comme cela en-dehors de discours politiques (mal écrits). Cependant, in n'y a pas d'erreur d'un point de vue grammatical.

Ces violences sont illégitimes par essence et ne sont pas la conséquence d'une revendication politique ou sociale qui porterait sur des moyens pour les banlieues.

Si j'ajoute des parenthèses pour mettre en relief la manière dont s'imbriquent les différentes propostions:

Ces violences sont {illégitimes par essence} et [ces violences] ne sont pas {la conséquence de {une revendication politique ou sociale qui porterait sur {des moyens pour les banlieues}}}.

"des moyens pour les banlieues" ("means for suburbs")

La plupart des gens comprendraient ceci comme "des moyens pour donner une meilleure vie aux habitants des banlieues" (comme de l'argent pour des infrastructures, des fonctionnaires, des évènements culturels, le financement d'associations locales...), mais c'est aussi un 'dog-whistle'* qui signifie "des moyens pour faire en sorte que les banlieues ne soient pas un problème pour ceux qui n'y vivent pas" (comme des descentes de police plus sévères, des écoles séparées, ou même des murs pour empêcher leurs habitants de circuler ailleurs).

Si on développe la phrase, selon le sens qu'on retient, on arrive à deux significations différentes:

  • "Les violences que vous voyez ne sont pas issues de revendications légitimes, comme demander à ce que les banlieues soient plus vivables. (Sous-entendu: "vous qui habitez ces banlieues, ces gens sont vos ennemis.")

  • "Nous ne retenons aucun lien entre toutes les mesures qui ont été prises à l'encontre des habitants des banlieues pour le bénéfice de gens plus riches et le fait que ces gens soient fâchés au point de l'émeute." (Sous-entendu: "vous qui n'habitez pas les banlieues, ne vous inquiétez pas on est de votre côté.")

Je ne sais pas d'où vient cette phrase mais ça ne m'étonnerait pas si la source était un média particulièrement réactionnaire.


*Je n'ai pas de bonne traduction pour 'dog-whistle' dans ce sens précis où il s'agit d'une expression destinée à faire passer un signal à une communauté précise tout en n'étant pas remarqué du grand public.

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  • Il s'agit du compte rendu du Conseil des ministres du 5 juillet 2023 par Olivier Véran.
    – jlliagre
    Jul 15, 2023 at 0:32
  • +1 pour le double sens possible. Ton commentaire sur le dog whistle est très intéressant, mais les moyens sont la cible de la revendication ici - sait-on d'après le contexte qui ferait la revendication? Est-ce les gens des banlieues? Ou quelqu'un d'autre? Je ne sais pas si ceux qui n'habitent pas dans les banlieues ont fait, explicitement ou implicitement, une revendication de "pacification" des banlieues. A voir.
    – Frank
    Jul 15, 2023 at 7:04
  • @Frank: avec le contexte fourni par jiliagre, le dog-whistle est possiblement addressé à l'électorat d'(extrême-)droite, dans la même mouvance que le fameux projet de "nettoyer les banlieues au karcher" de Nicolas Sarkozy quelques années plus tôt. Ou alors possiblement aux sponsors du gouvernement (des milliardaires dont des boutiques de luxe ont été pillées pendant les émeutes). Jul 15, 2023 at 12:12
  • @AnneAunyme Je vois bien, mais un peu bizarre d'utiliser le mot revendication dans ce cas-là. Une revendication c'est plutôt "agressif" au début d'un conflit social, mais je ne sais pas si des moyens pour nettoyer les banlieues "au karcher" auraient été "revendiquées".
    – Frank
    Jul 15, 2023 at 14:02
  • @Frank: une revendication c'est simplement, (d'après Larousse par exemple): l'action de réclamer ce qui est dû. Cela peut tout autant être des citoyens qui demandent que leur avis pèse dans les décisions politiques (parce qu'on estime que c'est dû en démocratie), ou des milliardiares qui demandent qu'on protège leurs boutiques de luxe (parce qu'ils estiment que ce serait un retour d'ascenseur normal après avoir financé la campagne politique du dirigeant). Jul 15, 2023 at 14:40

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