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Femme, évidemment, solennellement, fréquemment, différemment, et il y en a sûrement de nombreux autres.

Y a-t-il une raison derrière ces e prononcés a, et qui doivent rendre fou les personnes essayant d'apprendre notre langue ?

Ou bien peut-être est-ce juste une déformation ou une mauvaise habitude de prononciation ?

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    Je crois qu'il s'agit de /ɑ̃/ écrit en qui ont perdu leur prononciation nasale et sont donc devenus /a/. – Un francophone Dec 18 '13 at 10:04
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    C'est surtout pour « femme » que c'est énervant, car les autres semblent suivre une règle, de mémoire (les « -emment »). – Larme Dec 18 '13 at 10:29
  • 'Femme' est une exception qui vient de 'femina', mais en effet tout est du fait de la prononciation nasale. – Pimento Web Dec 18 '13 at 15:01
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    @Laure, tu devrais faire de ce commentaire une réponse complète. J'ajouterais qu'avant de lire cette question, je ne savais pas qu'on prononçait un a dans solennel. – Circeus Dec 18 '13 at 23:13
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    @Circeus: Oui, j'ai vu, c'est en préparation, ça demande un peu de temps mais ça va venir. Chapeau pour ton fair-play. - (Tiens ils ont oublié celui-là) – Laure SO - Écoute-nous Dec 20 '13 at 7:14
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Cette graphie est due à la nasalisation, puis dénasalisation de la voyelle placée devant la consonne nasale [m]. Ce phénomène a touché toutes les voyelles placées devant des consonnes nasales.

L'explication la plus simple que j'ai trouvée est ici :

Les consonnes nasales doubles nn et mm sont des graphies historiques ; elles correspondent à une prononciation : voyelle nasalisée + consonne nasale (une année [ãne], un homme [õm], une femme [fãm], la grammaire [gRãmeR]). La voyelle, nasalisée au XI, s'est ensuite dénasalisée, aux XVe - XVIIe siècles, le plus tardivement pour le on [õ]. On a donc d'abord écrit an pour [ã] + 2ème consonne n.

Pour une explication plus scientifique on peut regarder Introduction à la phonétique historique du français. (Annick Englebert) que j'essaie de résumer ici :

La nasalisation est un phénomène qui s'est produit du Xe siècle. Il a affecté les voyelles et les diphtongues suivies des nasales [m] [n] ou [ɲ].

Processus : La présence d'une consonne nasale a sur la voyelle qui précède trois effets successifs.

  • Au VIIe siècle les voyelles simples entravées par une consonne finale nasale se ferment, ainsi [ɛn] >[en], [ɔn]>[on].

  • Entre le Xe et le XIVe siècles, la voyelle qui précède la consonne nasale se nasalise (anticipation de l'abaissement du voile du palais). Les premiers phénomènes touchés par les nasalisations sont les voyelles et diphtongues plus ouvertes, à savoir les voyelles [a] et [e] et les diphtongues correspondantes. Les voyelles fermées suivront.

  • À l'achèvement de la phase de nasalisation, toutes les voyelles sont nasalisées devant les consonnes nasales qui subsistent ; la séquence voyelle nasale+consonne nasale est donc systématique (ce dont des graphies tendent à rendre compte en doublant la nasale (nn/mm) : feme/femme.

À l'issue de la phase de nasalisation des voyelles, un des deux phénomènes d'articulation nasale va être éliminé :

  • la consonne si elle est en position faible
  • la voyelle si elle est en position forte (syllabe ouverte ou initiale). On est dans ce cas pour femme : fémĩnam >femme

En ancien français les copistes notaient la nasalisation soit en usant d'un tilde (~) sur la voyelle, soit en doublant la consonne intervocalique ; le doublement de la consonne a été conservé dans certaines graphies modernes.

  • Bonjour, Qu'en est-il pour le mot "flemme" ? Il y a bien 2 "m" Idem pour le mot gemme. Auriez-vous une explication? Cordialement. – Molière Feb 9 '17 at 9:14
  • @Molière If you have a new question, please ask it by clicking the Ask Question button. Include a link to this question if it helps provide context. – Evpok Feb 9 '17 at 11:36
  • @Molière Dans « flemme » et « gemme » il n'y a pas eu de nasalisation de la voyelle. – Laure SO - Écoute-nous Feb 9 '17 at 11:42
  • @Molière To elaborate on this, flemme is an 13th Century borrowing from the Italian flemma, after the nasalisation of the low vowels. Gemme had the alternate orthography "jame" in Old French, and was probably affected by the same sound changes as "femme". The modern pronunciation with an /ɛ/ instead of the expected /a/ probably reflects a borrowing of the Occitan cognate gema. – Eau qui dort Jul 11 '18 at 9:04
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Je connais une explication sur seulmement « femme » dans ce livre de McWhorter, J. PhD Linguistics (Stanford). The Power of Babel (2003). Consulter la p. 22.

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