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— Viens-tu à la fête ce soir ?
Ben manque !

C'est une réponse entendue au sud ouest du Québec d'une personne qui vient de Matane (Gaspésie) et on n'a pas compris sauf bien quelque chose. Je n'ai pas trouvé l'expression au Larousse. Wiktionnaire dit que c'est surtout propre à la région du bas du fleuve, pour probablement.


  • D'où on a pêché cette expression ?
  • Qu'est-ce que le manque vient faire là-dedans ?
  • Y a-t-il d'autres sens à l'expression ?
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    "Ben manque" ne se dit pas en France, du moins pas tel quel. – Random Apr 13 '16 at 13:02
  • @Random Merci. Avant d'avoir lu l'explication, l'auriez-vous spontanément compris, si quelqu'un vous avait répondu comme dans l'exemple ? Qu'auriez-vous compris ? – user3177 Apr 13 '16 at 22:44
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    Je n'aurais absolument pas compris le sens, j'aurais donc demandé de reformuler :) – Random Apr 14 '16 at 7:21
  • Je ferais bien un parallèle avec le franco-français "Ben il ne manquerait que ça !" – Law29 Apr 20 '16 at 16:41
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    Le parallèle d'utiliser le verbe manquer :) Il ne manquerait (plus) que ça signifie que ça est la dernière chose qui manque pour que la situation devienne... catastrophique, ou autre qualificatif désagréable. Si j'ai bien compris, le sens serait inversé par rapport à Ben manque, mais (à mon avis) le sens peut s'inverser avec le contexte, ainsi — Viens-tu à la fête ce soir ? — Ben il ne manquerait plus que ça ! pourrait se comprendre comme Bien sûr que non que comme Tu sous-entends que je ne viendrais pas, mais bien sûr que si. – Law29 Apr 27 '16 at 6:26
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On dit que la locution adverbiale québécoise « ben manque », pour probablement/sûrement, est surtout employée dans l'est du Québec, en particulier dans le Bas St-Laurent, en Gaspésie, ou même sur la Côte-Nord, voire au Lac etc. Partout sauf au sud-ouest (Montréal) faut-il croire. Au TLFi à manque, on a la locution vieillie sans manque pour « sans faute, à coup sûr » :

Je suis le roi de France (je suppose), j'entends un Laffitte, un Rothschild, ou tel autre gros argentier, laisser échapper le fatal souhait [si j'étais riche]; je réunis vite mon conseil, j'assemble autour de moi mes bonnes gardes nationales, et je me cramponne à la selle; car, le cas échéant, cet homme-là en veut sans manque à mon char royal.

[ Honoré de Balzac, Si j'étais riche, ds. Croquis et fantaisies, 1836 ]


Au Glossaire du parler français au Canada, préparé par la Société du parler français du Canada, éd. L'action sociale, 1930, à la p. 439 :

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On a trois sens : Beaucoup/volontiers, sans hésiter/probablement. En note on parle de vantiers comme d'une contraction de volontiers qui a déjà voulu dire probablement ou sans doute au 16-17e. Par ailleurs on a identifié bien manque (Chateaubriant/Loire-Maritime) directement pour il n'y a pas de doute (FEW) mais a contrario (manque pour beaucoup... de chances, semble-t-il). Il va sans dire que l'origine diffère (volontarius, mancus).

Au Bon usage (Grevisse et Goosse, ed. Duculot, 14e, § 993 h) on dit que ça signifie « certainement » (« J'suis ben manque fâché contre toi » dans un ouvrage de Seutin, soit ici ou ), on réfère à l'entrée au FEW et à sa note 14, qu'on résume par « développement sémantique obscur » (« Die semantische entwicklung ist unklar; vgl. auch piem. manca (prǎs. 3) „havvene in abbondanza“. » FEW).


R. Il peut s'agir de volontiers ou de manque qui se trouve derrière la locution b(i)en manque dans son sens de probablement au Québec. Peut-être que le prototype de la locution provient de Maine, Anjou, Saintonge ou de Loire ou d'un amalgame et on ne sait pas si on l'entend en France aujourd'hui mais ça semble venir d'un de ces dialectes.

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